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Il était une fois… Blanche-Neige et la sorcière dans une expo

Pascal Bernard 1 octobre 2014

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La Maison de La vache qui rit à Lons-le-Saunier (Jura) invite, l’espace d’une saison, petits et grands à se plonger dans l’univers des contes de fées et du merveilleux. L’exposition Histoires sans sorcière proposée par le Lab’Bel explore les territoires de l’enfance par le biais de l’art contemporain. 

Oliver Beer, Reanimation Still 1. Courtesy de l’artiste et de la galerie Thaddeus Ropac, Paris/Salzbourg.

Combien d’enfants lisent encore les contes ? et au fond, n’en ont-ils pas peur ?, s’interroge Silvia Guerra, co-directrice du Lab’bel, laboratoire artistique du groupe Bel, et commissaire de l’exposition aux côtés de Laurent Fiévet et Gilles Baume. Histoires sans sorcière invite le visiteur à se réapproprier l’imaginaire des contes de fées avec un ensemble de sculptures, installations, performances et vidéos de neuf artistes, évoquant l’univers des contes, qu’il s’agisse de transpositions plastiques de récits spécifiques ou d’évocations plus abstraites de situations fabuleuses.

Sans doute n’est-ce pas un hasard si, au moment où les enfants se réfugient volontiers dans les jeux vidéos, les personnages de contes font une réapparition remarquée. En cette rentrée, pas moins de trois œuvres directement inspirées de Blanche-Neige sont exposées dans des lieux d’art en France : une vidéo de Pilvia Takala à la Biennale de Rennes, une réactivation d’une photographie de Pierre Joseph à l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne, et un film d’Oliver Beer ici.

Le jeune artiste anglais, récemment mis à l’honneur au MAC Lyon, et exposé actuellement à la galerie Thaddaeus Ropac de Pantin, présente l’un des films de sa série Reanimation. Réalisé lors d’une résidence à la Villa Arson, il consiste en une reconstitution image par image d’un extrait du dessin animé Blanche-Neige et les sept nains (1937) de Walt Disney. Chaque plan a été isolé, redessiné sur calque, puis colorié par des enfants de Nice avant d’être photographié, numérisé, et transféré sur pellicule. Compositeur de formation, Oliver Beer a enrichi les images d’une bande sonore mixant différentes versions de la chanson originale du film : la mélodie Un jour mon prince viendra envahit la salle d’exposition et berce les visiteurs au fil de leur visite.

Pierre Joseph, Le Grand Bleu, 1993, Marseille, FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur © DR. photo : Yves Gallois.

Contrairement à ce que le titre de l’exposition laisse présager, une sorcière hante l’exposition. Affalée au sol de tout son poids, son balai pas très loin, elle gît en sang au pied d’un mur bleu servant à l’incrustation au cinéma. Silvia Guerra rapelle à quel point les contes peuvent être cruels, le sang y étant souvent présent : Blanche-Neige est d’ailleurs décrite par les frères Grimm comme une petite fille « blanche comme la neige, vermeille comme le sang et noire de cheveux comme le bois d’ébène ». Immortalisée par une photographie, la performance a été réactivée le jour du vernissage par une comédienne, et fait partie de l’un des nombreux personnages de conte, d’Arlequin à Blanche-Neige, de Pierre Joseph.

Mauvais sort ? Accident ? L’artiste laisse au visiteur la liberté d’y projeter le récit qu’il souhaite. Plus loin, Pierre Huyghe, exposé au Centre Pompidou l’an dernier, écrit en lettres de néons : « I do not own Snow White » (je ne possède pas Blanche-Neige). Les contes n’appartiennent à personne et à tous à la fois. L’exposition tout entière offre de nombreux prétexte aux récits, et invite le visiteur à s’approprier l’univers des contes de fées et faire l’expérience d’un voyage entre le réel et le fantastique, une source d’émerveillement pour les petits, un réel bain de jouvence pour les grands. On y croise en vrac Blanche-Neige, une sorcière, le plant d’haricot magique de Jack, une baguette de fée, un miroir et même une araignée (placée par l’artiste Pierre Huyghe), si bien qu’à tout moment on s’attendrait à voir une vraie sorcière surgir de nulle part.

HISTOIRES SANS SORCIÈRE

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