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Complément d’objets directs : la Galerie des Dons du musée de l’Immigration

Magali Lesauvage 29 septembre 2014

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Alors que sous le titre Repères, le parcours permanent du musée de l’Histoire de l’Immigration vient de faire peau neuve, nous vous emmenons faire un tour dans la galerie des Dons du palais de la Porte Dorée, où des vies précieuses sont racontées par des objets ordinaires et des témoignages uniques. Portraits en images. 

Le châle de la grand-mère de Macha Makeïeff

Étole en cachemire, don de Macha Makeïeff. Acquisition 2013, Paris, musée de l’Histoire de l’Immigration, galerie des Dons.

Cas rare pour une collection publique, le musée de l’Histoire de l’Immigration offre à chacun la possibilité de proposer à l’acquisition le don d’objets personnels issus de son histoire familiale. Voulue dès sa conception en 2006 et récemment renouvelée, la galerie des Dons, ouverte en 2008 sur la mezzanine qui court au-dessus de l’immense patio du palais de la Porte dorée, est un lieu éminemment émouvant, où la grande Histoire des flux migratoires croise les petites, celles des individus dont les descendants, personnalités célèbres ou non, ont voulu conserver et partager le souvenir. C’est le cas de la metteure en scène Macha Makeïeff, co-fondatrice de la compagnie Deschamps & Makeïeff et co-auteure de la fameuse série des Deschiens qui ont fait les grandes heures de Canal+ dans les années 1990.

Créatrice de décors et de costumes, fan de mode, Macha Makeïeff a gardé de sa double ascendance russe et italienne un certain nombre de souvenirs, dont une étole en cachemire, qu’elle décrivait pour Libération comme « un bout du châle de ma grand-mère, un vieux cachemire abîmé, usé, une parcelle », donné par son aïeule russe pour initier « une histoire de tissus » entre les deux femmes. « Je l’ai vécu comme ça, raconte-t-elle aux visiteurs, comme si elle me disait : « Tu vois, je n’ai pas pu emporter grand-chose de Russie mais c’était très beau là-bas » ». Macha Makeïeff a choisi de découper la pièce en deux, pour en conserver une partie et donner l’autre au musée.

Les bottes de Lazare Ponticelli

Bottes de soldat de Lazare Ponticelli. Acquisition 2007, Paris, musée de l’Histoire de l’Immigration, galerie des Dons.

On estime aujourd’hui qu’environ un Français sur trois a dans son arbre généalogique un aïeul étranger (si l’on remonte jusqu’aux arrières-grands-parents). Immigrations africaine, asiatique, maghrébine, européenne… la France n’a jamais été autant métissée, et les diverses cultures importées se mêlent et s’enrichissent pour former une culture unique. L’Histoire est pour grande partie responsable des diverses vagues d’immigration qu’a connues la France, avec en premier lieu la décolonisation, qui a vu l’arrivée en métropole de nombreux ressortissants des anciens pays colonisés du Maghreb, d’Afrique noire, et dans une moindre mesure d’Asie.

Les grandes guerres du XXe siècle ont elles aussi charrié leur lot de personnes déplacées. Emblématiques de ces marches souvent forcées, les hautes bottes de soldat de Lazare Ponticelli font partie des objets les plus émouvants du musée : elles viennent rappeler le parcours hors normes de ce « dernier des Poilus », disparu en 2008 à 110 ans, un siècle après être arrivé d’Italie pieds nus, à l’âge de neuf ans.

L’odeur de la mère de Sarah Doraghi

« Présence olfactive » de la mère de Sarah Doraghi, contenue dans une bouteille de parfum et une taie d’oreiller, don de Sarah Doraghi. Acquisition 2013, Paris, musée de l’Histoire de l’Immigration, galerie des Dons.

Sarah Doraghi, comédienne d’origine iranienne, est arrivée en France en 1983, à l’âge de dix ans. Elle ne parlait alors pas un mot de français. Trente ans plus tard, elle raconte l’histoire de l’objet qu’elle a bien voulu donner au musée de l’Histoire de l’Immigration, à la fois hommage au pays qu’elle a quitté, et remerciement au pays qui l’a accueillie :

« Entre 1983 et 1989, ma mère absente avait l’allure d’une taie d’oreiller. C’est par cette taie que je l’avais remplacée. Enfant, il est facile de se raconter des histoires, facile de se tromper soi-même, de se rassurer quand c’est la vie qui l’exige. Ma grande maman brune et sublime pouvait prendre n’importe quelle forme, n’importe quel aspect, pourvu qu’elle porte le même parfum. Pendant six ans, j’ai parfumé cette taie avec Quartz de Molyneux, l’eau de toilette qui sentait aussi bon que ma mère. Personne n’avait le droit de la toucher ou de la laver, au grand désespoir de ma grand-mère à qui je ne cédais sur le nettoyage qu’en présence de ma mère et de son flacon de parfum… Je suis sortie de l’enfance avec un bout de tissu ombilical auquel je n’ai jamais su renoncer. Voici donc ma mère 50 % coton, 50 % polyester. La preuve que chez l’enfant, l’imagination et la nécessité de l’espoir s’accommodent de tout ».

 

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