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Monet : précisions sur une « Impression »

Magali Lesauvage 22 septembre 2014

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Le musée Marmottan-Monet fête ses quatre-vingts ans en consacrant une exposition à l’œuvre-phare de ses collections, Impression, soleil levant, toile-haïku d’une intense poésie, peinte un matin de novembre 1872 par Claude Monet. Comment une œuvre devient chef-d’œuvre ? Portrait de la Joconde de l’impressionnisme.

Claude Monet, Impression, soleil levant, 1872, Paris, musée Marmottan Monet © Christian Baraja.

Depuis près de soixante-dix ans, le musée Marmottan-Monet garde jalousement pour lui le tableau emblématique de l’impressionnisme, petite toile de 50 x 65 cm qui n’avait pas même été prêtée au Grand Palais pour la magistrale rétrospective Monet en 2010. Musée au statut un peu particulier, puisqu’il est rattaché à l’Académie des Beaux-Arts et dirigé par l’un de ses membres (Patrick de Carolis, depuis 2013), Marmottan vit ainsi un peu en circuit fermé, capitalisant sur ses chefs-d’œuvre, notamment une exceptionnelle collection impressionniste, des objets d’art et toiles de l’époque napoléonienne, ou encore des œuvres du Moyen Âge et de la Renaissance, réunies par ses divers donateurs issus des familles Marmottan, Monet, Wildenstein, Morisot, Bellio…

Une capitalisation au sens propre du terme puisque le musée, échappant à la loi sur l’inaliénabilité des œuvres qui réglemente les établissements estampillés « musées de France », s’est livré dans les années 2000 à certaines dérives, avec la vente de mobilier d’époque et de sculptures, et ce contre la volonté testamentaire du fondateur du musée, Paul Marmottan. Ce qui n’empêche pas le musée de vouloir fêter dignement ses quatre-vingts ans, en rassemblant autour de sa pièce maîtresse une centaine d’œuvres et de documents qui retracent sa genèse, sa fortune critique et son histoire — qui est aussi un peu celle du musée.

Une histoire compliquée

Tout comme la Joconde, Impression, soleil levant doit sa notoriété aux aléas historiques qui la rendirent précieuse au fil du temps, tout comme au mystère qui entoure sa conception et à sa réception, passée en une cinquantaine d’années du sarcasme à la dithyrambe. Exposée pour la première fois en 1874 chez Nadar, elle inspira à un critique d’art acerbe du journal satirique Le Charivari le qualificatif péjoratif de peinture « impressionniste », en raison de son titre en forme de haïku nébuleux : « Impression, j’en étais sûr, ironise Louis Leroy. Je me disais aussi, puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l’impression. (…) Le papier peint à l’état embryonnaire est encore plus fait que cette marine-là ! ». Pas rancuniers, les artistes du groupe reprennent rapidement le terme à leur compte, l’impressionnisme est né.

La même année, la toile est vendue au collectionneur Ernest Hoschedé, pour être revendue quatre ans plus tard quatre fois moins cher, sous le titre Impression, soleil couchant… Acquise par le docteur Georges de Bellio, elle est donnée en 1940 par sa fille au musée Marmottan, jusqu’alors consacré à l’Empire, « en cas de risque de guerre ». Un an auparavant, Impression, avec une dizaine d’autres de la collection Bellio, a été envoyée en catimini au château de Chambord, avec des œuvres du Louvre. Elle y restera six ans, en caisse, pour rejoindre le musée fin 1945. Suite à ces péripéties, le tableau acquiert le statut de mythe. Sous la plume du critique Roger-Marx, Impression, soleil levant devient « l’orbe de feu qui monte ou descend dans une mer de brume », et représente désormais un véritable marqueur temporel pour les historiens de l’art, qui grâce à elle apposent une date sur l’acte de naissance de l’impressionnisme.

Le Havre, hôtel de l’Amirauté — 13 novembre 1872, 7h35

La fameuse scène, une marine à l’aube, a été peinte dans le port du Havre. Les œuvres de Turner (dont une extraordinaire toile de Williamstown qui n’aurait pas dépareillé dans l’expo de la Tate Britain), Boudin (à peine antérieures), Jongkind (plus dorées), Courbet (plus noires) et Monet lui-même précèdent l’avènement de cette vision matinale aux accents crépusculaires. « Du soleil dans la buée et quelques mâts de navire pointant », c’est ainsi que Claude Monet décrit l’œuvre vingt-cinq ans après son exécution. Les reflets d’un soleil gras, écrasé comme une marque de rouge à lèvres, se découpent dans l’eau trouble en traits secs, tandis que le ciel s’embrume des fumées du port industriel dans un horizon rougeoyant. La sensation vaporeuse, la lumière pulvérulente, le contraste de gris et d’oranges, l’atmosphère ambivalente de limbes en font l’une des peintures les plus emblématiques de la période, impressionniste dans son traitement et pourtant teintée d’un certain mystère qui annonce le symbolisme.

Mais les historiens de l’art n’aiment pas l’approximation. Étudiant la topographie, l’astronomie (grâce à la hauteur du soleil), les marées mais aussi les bulletins météo de l’époque, Donald W. Olson, professeur de physique et d’astronomie de la Texas University, est parvenu à dater très précisément l’exécution de la toile (qui porte la mention « 72 ») au 13 novembre 1872, aux alentours de 7h35, et à situer la position du peintre à une fenêtre de l’hôtel de l’Amirauté, autrefois situé sur le port du Havre (non loin de l’actuel emplacement du musée Malraux). Une grande précision pour une image qui n’est qu’une impression.

IMPRESSION, SOLEIL LEVANT

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Musée Marmottan Monet

PARIS

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