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Galeries à Paris : les expos de la rentrée

exponaute 18 septembre 2014

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C’est la rentrée ! Quelques semaines avant la FIAC, grand temps fort du marché de l’art contemporain en France, les galeries parisiennes dévoilent leurs trésors pour nous mettre en appétit. Profitez de ce bel été indien pour découvrir la diversité de l’art d’aujourd’hui grâce à notre sélection d’expos dans le Marais.

Jean Bedez, Alors surgit un autre cheval, rouge-feu ; celui qui le montait, on lui donna de bannir la paix hors de la terre, et de faire que l’on s’entrégorgeât ; on lui donna une grande épée, 2012, courtesy galerie Suzanne Tarasieve, Paris.

Galerie Suzanne Tarasieve : Jean Bedez, L’Art du combat (jusqu’au 4 octobre)

La galerie Suzanne Tarasieve offre à Jean Bedez (né en 1976, diplômé de l’École des Beaux-Arts de Paris) sa première exposition personnelle. L’artiste présente une série de dessins grands formats au réalisme bluffant. Au cœur de l’accrochage, une série de sept œuvres grand format transposent le mythe des cavaliers de l’Apocalypse dans des environnements de différentes époques : cathédrale médiévale, fumoir néo-gothique, salle de conférences du XXe siècle, appartement bourgeois…

Semiose galerie : Françoise Pétrovitch, Échos (jusqu’au 11 octobre)

Françoise Pétrovitch est de retour chez Semiose. L’exposition s’articule autour d’un court film d’animation réalisé par l’artiste à partir de dessins à l’encre, se reflétant dans un miroir d’eau. Autour de lui se déploient aux murs d’élégants dessins aux lavis d’encre et des sculptures en céramique. Comme à chaque fois, Françoise Pétrovitch parvient à nous transporter dans son univers onirique peuplé d’enfants et d’animaux. Un beau catalogue monographique est publié à cette occasion.

Galerie Almine Rech : Dans un intérieur – meubles, œuvres murales et textiles d’artistes (jusqu’au 11 octobre)

Comment joindre l’utile à l’agréable – et surtout au Beau ? Depuis toujours, mais surtout la fin du XIXe siècle et les Arts & Crafts de William Morris, tous les créateurs d’arts décoratifs se posent cette question. Tous, ou presque : à quoi sert un tapis s’il est préférable de l’accrocher au mur pour mieux l’admirer ? Songerait-on à s’asseoir sur une chaise en aluminium aux cruelles aspérités, telles celles de Chris Schank ? Dans le design, le Beau est parfois l’ennemi du Bon, et c’est ce que démontre la réjouissante expo d’Almine Rech, où l’on admire les soies tricotées de Sarah Parke et Mark Barrow, la sobriété sixties de la Furniture sculpture de John M. Armelder, la table marquetée Op Art de Matthias Bitzer, ou encore la toile constellée de pierres volcaniques de Mark Hagen.

Galerie Valentin : Dominique Ghesquière, Grande tapisserie (jusqu’au 11 octobre)

Elle est aussi très belle, et même jolie, l’exposition de Dominique Ghesquière, femme artiste d’une poésie folle, chez les Valentin. On y pénètre accueillis par un nuage qui plane sur nos têtes (des billets de banque massicotés, bon débarras) et un étourneau crucifié. Dans ses œuvres empruntées à la nature, la sculptrice joue avec les éléments avec la concentration désintéressée de l’enfant livré à lui-même : elle fait s’embrasser des brindilles de bouleau, relie des galets par un trait commun, prend l’empreinte du lierre ou tresse une grille à partir de tiges d’osier.

Galerie gb agency : Ryan Gander, Retinal Accounts (jusqu’au 11 octobre)

Ryan Gander revient à Paris après son exposition au Plateau/Frac Île-de-France. Cette nouvelle présentation consiste en une juxtaposition d’œuvres a priori hétéroclites où se croisent des références autobiographiques ou à l’histoire de l’art. L’artiste joue sur le trompe-l’œil : ballons en fibre de verre coincés au plafond, reproduction à l’échelle réelle d’un fragment de tableau de Rembrandt, chaussures de sport coulées dans le bronze, et laisse libre cours à l’interprétation du visiteur.

Vue de l’exposition The Chorus d’Alexandre Singh à la galerie Art Concept, Paris, 2014.

Galerie Max Hetzler : Navid Nuur, The Main Remain (jusqu’au 11 octobre)

On était tombé sous le charme, l’an passé, de la désinvolture de Navid Nuur, et de son concept de l’œuvre d’art comme « interimodule », visibles au Centre Pompidou : une œuvre n’est jamais finie, mais toujours « à faire ». Dans le nouvel espace parisien de la galerie berlinoise Max Hetzler, qui compte des noms prestigieux tels qu’Albert Oehlen, Jeff Koons ou Bridget Riley, l’artiste néerlandais poursuit sa science des formes mêlée d’humour potache : une œuvre est suspendue au cou de l’une des employées de la galerie, que l’on scrute bizarrement, des taches d’encre sont reproduites en sculpture pour forme une élégante ziggourat, une distance d’un mètre est promenée partout dans Paris. Fait, et à faire.

Galerie Rabouan Moussion : Farid Rasulov, Dogs in the Living Room (jusqu’au 11 octobre)

L’espace de la galerie Rabouan Moussion, rue Vieille-du-Temple, a été entièrement investi, du sol au plafond, par l’artiste Farid Rasulov, découvert à la 55e Biennale de Venise. Il y déploie une toile en all-over reprenant les couleurs, les lignes et les motifs des tapis traditionnels de son pays, Azerbaïdjan. Dans cet environnement, il dissémine ici et là des sculptures de chiens. L’artiste interroge par ce biais le visiteur sur la notion de white cube si chère à l’art contemporain.

Galerie Art Concept : Alexandre Singh, The Chorus (jusqu’au 18 octobre)

Plasticien et metteur en scène installé à New York, l’artiste français Alexandre Singh, trente-quatre ans, expose chez Art Concept d’étranges masques grotesques ornant des bustes en bronze. L’ensemble, The Chorus, semble tout droit sorti des coulisses de la commedia dell’arte, dont les personnages auraient été revisités par le talent plastique d’un Messerschmidt. Ces masques sont inspirés de ceux portés lors des représentations de The Humans, pièce démiurgique de Singh qui a déjà été jouée à Rotterdam, Avignon et New York.

Galerie Claudine Papillon : Didier Trenet, Hot water in my girlfriend (jusqu’au 18 octobre)

Chez Claudine Papillon, le truculent Didier Trenet rend un hommage très personnel aux maîtres anciens et à leur sève créatrice, et exprime son « net penchant pour le sfumato dans les nymphes ». « Tiens, voilà ma religion », lance-t-il dans le texte qui accompagne l’expo. Poussin, Michel-Ange, Hubert Robert… les références de Trenet sont impeccables, et la technique graphique de l’artiste éblouissante. Érotisant le classicisme et embuant l’académisme d’un nuage de mystère (voir ses sculptures chevaleresques pour le château de Rambouillet, installées en 2013), Trenet se tire de ce lourd héritage d’un trait d’humour.

Vue de l’exposition Unknown Data de Sheila Hicks, galerie Frank Elbaz, Paris, 2014.

Galerie Franlk Elbaz : Sheila Hicks, Unknown Data (jusqu’au 18 octobre)

L’Américaine Sheila Hicks, quatre-vingts ans, considère cette exposition comme une « explosion confidentielle ». Pénélope tissant patiemment ses œuvres depuis une cinquantaine d’années, l’artiste installée à Paris déploie ses formes douces et molles, ses pelotes multicolores recélant des secrets (on songe aux œuvres similaires, mais plus désordonnées, de l’artiste d’art brut Judith Scott), et ses tableaux abstraits de laine aux lignes soyeuses. La maille, décidément, a la cote (voir plus haut, chez Almine Rech).

Galerie Yvon Lambert : Anna Gaskell, Douglas Gordon, Vampyr (jusqu’au 25 octobre)

L’exposition Vampyr pourrait bien être l’avant-dernière de la galerie Yvon Lambert, qui doit fermer ses portes cet hiver. Elle consiste en un dialogue sonore et visuel entre les œuvres d’Anna Gaskell et de Douglas Gordon (auquel le musée d’Art moderne de la Ville de Paris consacre une salle) mêlant vidéos, installations et photographies. La pénombre dans laquelle est plongée l’espace, la présence de guirlandes lumineuses au sol, et d’œuvres autour de la danse font penser à une soirée après le départ de ses invités.

Galerie Emmanuel Perrotin : Laurent Grasso, Soleil double (jusqu’au 31 octobre)

C’est sans doute l’une des plus belles expositions en galerie de cette rentrée — et l’une des meilleures vues chez Emmanuel Perrotin depuis des lustres. Le Français Laurent Grasso (que l’on avait déjà fort aimé au Jeu de Paume en 2012) déploie sur les deux étages de l’hôtel particulier de la rue de Turenne un répertoire fantastique d’astres miroirs, de comètes prophétiques et de vieux grimoires scientifiques, le tout mêlant néons et peinture à l’huile. À chacun d’inventer son propre scénario pour percer le mystère de ces objets rétro-futuristes.

Galerie Alberta Pane : Blanche ou l’oubli (jusqu’au 31 octobre) et Galerie Derouillon : Roman Moriceau, Dust (jusqu’au 31 octobre)

Assiste-t-on à un déplacement progressif du centre artistique vers le nord du Marais ? La rue Notre-Dame-de-Nazareth, en tout cas, n’en finit plus d’attirer les galeristes (elle devrait accueillir fin octobre Jérôme Pauchant), et réunit aujourd’hui quelques très bonnes galeries comme Backslash, Alberta Pane, Derouillon, Vincenz Sala, mfc-michèle didier ou Paris-Beijing. Deux expositions à ne pas rater : la nouvelle présentation de la galerie Alberta Pane s’articule autour d’un ouvrage de Louis Aragon, Blanche ou l’oubli, révisé par l’artiste Marco Godinho. Léa Bismuth, commissaire invitée, offre un accrochage sensible tout en nuances de noir et blanc, réunissant dessins, photographies, vidéos et installations. La galerie Derouillon accueille quant à elle l’artiste Roman Moriceau qui séduit avec ces images du cosmos ou de végétaux, réalisées en mettant au point des «  processus techniques atypiques », qu’il s’agisse de sérigraphies à l’huile de vidange, ou de sacs plastiques utilisés comme filtres photographiques.

Pascal Bernard et Magali Lesauvage

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