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Le Centre Pompidou Málaga, première étape d’un « réseau mondial »

Magali Lesauvage 4 septembre 2014

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Alain Seban, président du Centre Pompidou, et Francisco de la Torre Prados, maire de Málaga, présentaient le 3 septembre à Paris le projet de « Centre Pompidou provisoire » qui doit être inauguré dans quelques mois dans la ville de la Costa del sol. Celui-ci s’annonce comme un prélude à un « réseau mondial » piloté par l’institution. Explications.

Le toit du Cubo, à Málaga, avec son puits de lumière © Centre Pompidou.

Jusqu’où le Centre Pompidou ira-t-il ? Après Metz, Cambrai, Libourne, Le Havre (entre autres), la prochaine étape de l’itinérance de l’institution muséale phare sera très prochainement Málaga, à l’extrême sud de l’Espagne. Température moyenne : 12° l’hiver, 28° l’été, 600 000 habitants, et une attractivité qui tient essentiellement à ses dizaines de milliers d’heures d’ensoleillement annuelles. Mais Málaga c’est aussi, rappelle le sénateur-maire de la ville Francisco de la Torre Prados, une offre culturelle importante, avec pour figure tutélaire Picasso, né là en 1881, auquel un musée est consacré, et plusieurs autres musées, notamment le Carmen-Thyssen, ou encore une antenne du musée russe de Saint-Pétersbourg qui devrait également ouvrir ici en 2015. À deux heures de Madrid, dans un bassin de population de deux millions d’habitants en pleine reconversion économique, situé à la jonction entre l’Europe et l’Afrique du Nord, la cité andalouse cosmopolite est en quête de dynamisme.

Après le Centre Pompidou mobile, Alain Seban souhaite que Málaga inaugure un nouveau concept : le « Centre Pompidou provisoire ». En phase d’élaboration depuis deux ans, celui-ci devrait voir le jour dès début 2015. L’idée : mettre en valeur les collections du musée national d’Art moderne à un niveau international, en les diffusant non plus seulement sur le territoire français, mais au-delà. Plus prosaïquement, il s’agit aussi pour l’établissement public d’engranger les bénéfices de cette prestation de service et d’expertise pour une « redevance » évaluée par Alain Seban entre 1 et 1,5 millions d’euros.

Capitalisant sur l’expérience du Centre Pompidou mobile, du Centre Pompidou-Metz, mais aussi, en matière de médiation, du Studio 13-16 consacré aux adolescents, ou encore du Nouveau Festival pour le spectacle vivant, ce « laboratoire » devrait s’installer pour cinq ans renouvelables dans un bâtiment existant, situé sur le port de Málaga. Pour Alain Seban, il n’y a pas forcément là « nécessité d’un grand geste architectural » (ce qui permet par ailleurs de faire de sérieuses économies). Pas d’« effet Bilbao » attendu, donc, sur le modèle du musée Guggenheim – d’autant que le président tient à souligner la limitation dans le temps de l’opération, souhaitant « conserver une certaine agilité pour bâtir un réseau mondial ». Le « Cubo », édifice sur deux étages surmonté d’une cage de verre, sera donc mis aux normes muséographiques (peut-être en partie grâce aux cimaises climatiques mises au point pour le Centre Pompidou mobile). Situé sur le port, au cœur de la ville, ce bâtiment tout neuf, livré en 2011, a été récupéré par la mairie de Málaga, pour une concession de 50 ans, pour y mener des projets culturels.

Au programme, un parcours «  semi-permanent » conçu par Brigitte Léal, directrice adjointe du MNAM et spécialiste de Picasso, présentera pendant deux ans au sous-sol, sur 2000 m², 80 œuvres des collections du musée sur le thème de la figure humaine. On y retrouvera notamment des œuvres de Picasso, Francis Bacon, Frida Kahlo (un  autoportrait, unique œuvre de l’artiste conservée dans une collection publique européenne), Magritte, Kader Attia, Fernand Léger, Calder, Baselitz… En outre chaque année deux à trois expositions temporaires, présentées au rez-de-chaussée dans un petit espace de 350 m², exploreront les divers fonds de la collection, tandis que sont prévus une programmation spectacle vivant, la reprise des manifestations Hors Pistes ou Vidéodanse, et un espace jeune public avec ateliers et expos.

Le budget global est estimé à 3 millions d’euros, la ville de Málaga prenant en charge les frais de fonctionnement, transport, assurances… Il s’agit donc pour le Centre Pompidou d’une opération destinée à faire des bénéfices, comme le sont les expositions hors-les-murs « louées » – par exemple celle consacrée au fonds Kandinsky, présentée à Milwaukee puis Nashville, aux Etats-Unis. Elles évoquent les similaires (et polémiques) opérations du Louvre ou du musée Picasso, organisant contre paiement des expositions à l’étranger.

Málaga devrait dont être une vitrine pour que le concept soit développé en France et à l’étranger – un appel à candidature auprès des villes sera lancé courant 2015, a précisé Alain Seban, ne rechignant pas à employer un vocabulaire commercial. Du musée à la marque, la différence est de plus en plus mince pour les grandes institutions françaises.

 

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