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La nuit au Muséum

Magali Lesauvage 2 septembre 2014

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Jusqu’au 3 novembre, le Muséum national d’Histoire naturelle consacre une exposition à la nuit. La Reine de la Nuit dans La Flûte enchantée, La Nuit des morts-vivants, La NotteLe Songe d’une nuit d’été : cette « période de temps entre le coucher et le lever du soleil » alimente les mythes et inspire les artistes depuis les origines de l’homme. Largement consacrée au monde animal, l’exposition recense également les nombreuses croyances liées à la nuit. Inventaire.

La déesse Nout (papyrus mythologique de Nespakachouty, scribe comptable des grains du grenier d’Amon, XXIe dynastie, vers 1069-945 av. J.-C., Paris, musée du Louvre) © RMN-Grand Palais (les frères Chuzeville).

Le soleil

Dans la plupart des mythes, le soleil est personnifié. Chez les Incas des Andes, la nuit correspond au moment où le soleil plonge dans la mer à l’ouest (dans l’océan Pacifique), pour nager sous la Terre avant de réapparaître à l’est le matin suivant. Dans l’hindouisme, Râhu est le démon de l’éclipse : il poursuit le soleil pour le dévorer, tandis que Surya, le dieu soleil, traverse le ciel sur son char pendant les heures du jour – Chandra, dieu de la lune, prend sa suite la nuit. Dans l’Égypte antique, Nout, déesse du ciel, se courbe au-dessus de la Terre et avale le soleil le soir, pour lui donner naissance chaque matin suivant. En Grèce, c’est Nyx, déesse de la nuit, qui surgit du Chaos primordial avec son frère Érèbe, les Ténèbres.

La lune

Au Gabon, apprend-on dans la vaste exposition située au sous-sol de la Grande Galerie de l’évolution, le dieu lune a deux épouses : l’une est mauvaise cuisinière et le fait maigrir (c’est la lune gibbeuse décroissante), la seconde le nourrit bien (c’est la lune croissante). En Égypte, cette lune croissante est un dieu enfant, généralement Osiris, fils de Nout, dont le corps fut dépecé puis reconstitué par ses sœurs Isis et Nephtys. En Grèce aussi c’est un peu compliqué, il y a trois déesses lunaires : Sénélé, la pleine lune, Artémis le croissant et Hécate la nouvelle lune, déesse infernale. Si dans l’Antiquité, la lune est plutôt bienveillante, le christianisme la voit d’un mauvais œil : dans l’iconographie chrétienne, la Vierge foule aux pieds la lune, symbole de fausseté et d’incessant changement. Pour les Inuits en revanche, il s’agit de résister aux grimaces hilarantes de Nalikateq, femme de la lune, qui s’ingénie à faire rire les chamans transportés sur l’astre blanc lors de leur transe. Un peu partout, on a cherché à interpréter les « taches » visibles sur la face illuminée de la lune, d’après les éléments de son environnement proche : les Japonais y voient un lapin pilant du riz, les chrétiens Caïn portant un fagot d’épines, les Péruviens un jaguar…

Le loup-garou, illustration de Lucas Cranach l’Ancien, vers 1512 © DR.

Les étoiles

De même, les Polynésiens voient dans la Voie Lactée un bras de mer dans lequel les étoiles sont des poissons nageant. Pour les Navajos, les étoiles sont des galets scintillants, placés là par les animaux primordiaux à la demande du Grand Esprit. Au Japon, les Neuf Astres brillants sont personnifiés par des divinités, tandis qu’au Mexique, Xolotl et Quetzalcoatl sont des dieux jumeaux représentant chacun Vénus : l’un apparaît le soir, l’autre le matin.

Le sommeil

Le sommeil engendre lui aussi d’étranges histoires, celles notamment qui alimentent les rêves : au Japon, Baku se nourrit des cauchemars des hommes. Les Amérindiens utilisent le « dreamcatcher », sorte de filet circulaire orné de plumes, pour attraper les mauvais rêves, et laisser filtrer les bons. En Grèce antique, sommeil et mort sont liés : Hypnos a pour frère jumeau Thanatos, ils sont fils de Nyx.

Les créatures de la nuit

En Occident notamment, la nuit est le temps où naissent d’étranges créatures : les vampires viennent sucer le sang des mortels et sont associés à la chauve-souris (dont seules trois espèces au monde, sur plusieurs centaines, se nourrissent réellement de sang !), les loup-garous (ou lycanthropes) sont des hommes maudits qui se transforment en loups féroces à la nuit tombée, et enfin le croquemitaine est un personnage malfaisant dont on se sert pour menacer les enfants turbulents, et qui a des variantes dans le monde entier : Barbaou en Bretagne, bogeyman dans les pays anglos-saxons, Vouivre en Bourgogne, goule au Maghreb, Namahage au Japon…

 

NUIT

12/02/2014 > 03/11/2014

Muséum national d’Histoire naturelle – Grande Galerie de l’Evolution

PARIS

Un voyage dans le ciel étoilé, dans une forêt avec ses habitants nocturnes en pleine activité et dans un espace de quiétude sur le somm...

Exposition terminée
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