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Paris Plages au temps de Daumier

Pascal Bernard 29 août 2014

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Les Parisiens n’ont pas attendu la création de Paris Plages pour profiter des berges de Seine en été. Les lithographies d’Honoré Daumier exposées à la Maison de Balzac permettent d’évoquer la place qu’occupe le fleuve au milieu du XIXe siècle.

Honoré Daumier, Les baigneurs © Maison de Balzac/Roger-Viollet.

En 150 ans, Paris et la Seine se sont métamorphosés, si bien qu’il est difficile de se représenter à quoi la ville et le fleuve ressemblaient au temps de Balzac. Si les quais de Seine étaient déjà fortement urbanisés, bordés depuis plusieurs siècles par le palais du Louvre, la Conciergerie ou l’hôtel de la Monnaie, les bords du fleuve n’étaient pas encore bétonnés et le cours de l’eau régulé. Au delà du centre-ville de Paris tel qu’on le connaît aujourd’hui, Bercy ou Passy, où se dresse la Maison de Balzac, n’étaient que des villages. Plus loin, Neuilly, Meudon ou Asnières avaient des allures de campagne comme en témoignent les tableaux de Giuseppe Canella, Charles Louis Mozin ou Paul Huet prêtés par le musée du Domaine départemental de Sceaux et Carnavalet. On peut y voir le bétail s’abreuver à même le fleuve, et bien avant Caillebotte, des personnages s’adonner au canotage.

Si la pollution de la Seine interdit aujourd’hui la baignade (on se souvient que la promesse de l’ancien maire de Paris Jacques Chirac formulée en 1988 − « Dans cinq ans on se baignera dans la Seine ! » − n’a pas fait long feu), au temps de Balzac la pratique était courante. L’eau était en outre peuplée de poissons et propice à la pêche à la ligne. Ces différentes activités inspirèrent le célèbre caricaturiste Honoré Daumier. Quarante lithographies publiées autour de 1840 dans le journal satirique Le Charivari sont réunies pour l’été à la Maison de la Balzac. Elles évoquent avec humour la place du fleuve dans les loisirs des franciliens d’hier.

À la différence du tourisme balnéaire en vogue dans les mêmes années sur la côte atlantique, réservé à une certaine élite, la Seine attire des hommes et des femmes de tous âges et de toutes conditions. Longtemps perçu comme un obstacle et un lieu dangereux à cause du risque de noyade, le fleuve est peu à peu apprivoisé par les Parisiens. Le canotage, la pêche à la ligne mais avant tout la baignade s’y développent : les établissement de bain se multiplient au début du XIXe siècle.

Honoré Daumier dépeint les occupations et les tracas de ces touristes du dimanche. Sans jamais être méchant, il souligne le ridicule de l’homme confronté à l’eau. D’un trait acéré, exercé dans l’art de la caricature politique, Daumier pointe le comique de situation, d’un chapeau emporté par le vent ou d’une rixe entre deux canoteurs par exemple. L’artiste n’épargne rien à ses personnages, il exagère le trait jusqu’au burlesque : personnages au gros ventre, à la tête énorme, aux bras maigres, aux jambes fines et aux pieds longs. Si les situations prêtent à sourire, les répliques distillées en légende renforcent encore leur dimension comique.

Si la plupart des grands écrivains du milieu du XIXe siècle sont restés à l’écart de ces jeux d’eau, les jugeant trop plébéiens, de rares témoignages littéraires signés Gautier ou Balzac accompagnent les images d’Honoré Daumier. Le spectacle qu’offre Paris Plages chaque année depuis treize ans offrirait sans nul doute à Daumier bien des idées…

 

PLAGES À PARIS SELON DAUMIER

20/06/2014 > 28/09/2014

Maison de Balzac

PARIS

A l'occasion de la nouvelle édition de Paris Plages, la Maison de Balzac se penche sur les loisirs des Parisiens sur ou dans la Seine.

Exposition terminée
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