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Rouen accueille le prix Marcel Duchamp

Pascal Bernard 22 août 2014

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La ville de Rouen accueille le temps d’un été les créations de Théo Mercier, Julien Prévieux, Florian et Michaël Quistrebert, et Evariste Richer, finalistes du prix Marcel Duchamp 2014, qui sera remis à Paris le 25 octobre prochain pendant la FIAC. Tour de chauffe.

Créé en 2000 par l’Association pour la diffusion internationale de l’art français, le prix Marcel Duchamp distingue chaque année « un artiste français ou résidant en France, représentatif de sa génération et travaillant dans le domaine des arts plastiques ». Dans sa volonté de toucher un public plus large, l’ADIAF organise depuis quatre ans une exposition des finalistes en région. Après Villeneuve d’Ascq, Tours et Libourne, c’est au tour de Rouen, ville natale de l’artiste Marcel Duchamp, d’accueillir le prix. Les quatre finalistes, trois artistes et un duo, se partagent deux salles du musée des Beaux-Arts ainsi que l’intérieur majestueux de l’abbatiale Saint-Ouen. Présentation en images.

Théo Mercier, Monture d’après la mort, 2012.

THÉO MERCIER, 30 ans, vit et travaille à Paris. Il est représenté par les galeries Gabrielle Maubrie et VnH Gallery à Paris.

Théo Mercier, 30 ans, développe une œuvre pleine d’esprit, offrant une réponse par l’absurde aux problèmes sociaux, politiques et écologiques d’aujourd’hui. « Avec un peu d’humour on peut parler de tout », affirme l’artiste. Collectionneur d’objets, Théo Mercier présente au musée des Beaux-Arts un cabinet de curiosités quasiment baroque où se croisent vrais crânes et créations personnelles, interrogeant le visiteur sur l’exercice de l’artiste contemporain. Théo Mercier transforme l’activité du savant fou, crée tel Frankenstein des monstres hybrides comme son monstre en spaghettis ou revisite l’art de l’anatomie en fabriquant un cheval écorché plus vrai que nature. Passé par une école de design industriel et l’atelier de Matthew Barney, l’artiste touche-à-tout a depuis conquis le monde de l’art contemporain : remarqué au salon de Montrouge 2009, coup de cœur du jury de la photographie HSBC, ses expositions au Tri Postal ou au Lieu Unique notamment ont séduit la critique. Autant dire que Théo Mercier part grand favori.

Julien Prévieux, Le Lotissement, 2009.

JULIEN PRÉVIEUX, 40 ans, né à Grenoble, vit et travaille à Paris. Il est représenté par la galerie Jousse Entreprise à Paris.

Julien Prévieux s’est fait connaître par ses Lettres de non-motivation : pendant près de sept ans, l’artiste a répondu par la négative à tous type d’annonces d’emploi, révélant par ce biais les dogmes et dérives du monde du travail. Julien Prévieux s’intéresse particulièrement aux systèmes d’intelligence artificielle et aux technologies de pointe. Une partie de sa pratique vise à rendre un peu plus abstraits et absurdes le vocabulaire, les mécanismes et modes opératoire propres à ces outils. L’artiste y parvient lorsqu’il fait reproduire sous forme de motifs de pulls tricotés des schémas abstraits produits par un logiciel de simulation de phénomènes sociaux, ou demande à des policiers de la BAC de reproduire à main levée les schémas générés par un logiciel censé identifier les zones à risques. Dans une autre veine, Julien Prévieux présente dans la nef de l’abbatiale Saint-Ouen les reproductions à taille réduite des lieux de retraite de Wittgenstein, Mahler ou Le Corbusier, mettant en relation la sculpture minimaliste et l’organisation des banlieues pavillonnaires.

Florian et Michaël Quistrebert, peintures de la série God.

FLORIAN ET MICHAËL QUISTREBERT, 38 et 32 ans, nés à Nantes, vivent et travaillent à Amsterdam et Paris. Ils sont représentés par la galerie Crèvecoeur à Paris et Juliette Jongma à Amsterdam.

Florian et Michaël Quistrebert sont la « caution peinture » de cette édition du prix Marcel Duchamp. Les deux frères présentent une sélection de toiles réalisées de 2009 à aujourd’hui. D’abord figuratif, leur travail s’est profondément renouvelé au cours d’une résidence d’un an aux États-Unis. Inspirés par l’énergie de New York, ils adoptent alors un vocabulaire plastique plus géométrique, anguleux, inspiré par le style art déco, le gothique américain, les recherches de Hugh Ferris et les peintures de Lyionel Feininger, dont on retrouve la trace dans l’exposition Cathédrales. Les deux artistes introduisent progressivement des techniques nouvelles : peinture aérosol, décoloration à l’eau de javel cohabitent avec d’autres plus traditionnelles comme la peinture à l’huile. Dans l’abbatiale Saint-Ouen, les œuvres vibrantes des deux frères tirent leur épingle du jeu grâce au dialogue subtil et sensible qui s’instaure avec les reflets des vitraux.

Ensemble d’œuvres d’Evariste Richer.

ÉVARISTE RICHER, 45 ans, né à Montpellier, vit et travaille à Paris. Il est représenté par les galeries Meessen De Clercq à Bruxelles et Schleiger/Lange à Berlin.

Evariste Richer convoque les contraires, principalement les échelles de taille et de temps : l’infiniment petit et l’infiniment grand, l’immédiat et la longue durée. Dans ce sens, l’artiste assemble par exemple la photographie d’un observatoire indien du XVIIIe siècle avec un rapporteur minuscule, ou un fossile de tortue vieux de 25 millions d’années avec une tige en cuivre servant de paratonnerre. Évariste Richer détourne et modifie également les instruments de mesure, qu’il agrandisse un mètre gradué à sa taille ou redessine de mémoire et à main levée la graduation d’un mètre. La démarche de l’artiste revendique une certaine modestie qui s’accorde mal avec le gigantisme et l’architecture de l’abbatiale. Même L’Insondable (une sonde habituellement utilisée pour retrouver les corps enfouis par les avalanches, déroulée du sol au plafond) peine à trouver sa place. Évariste Richer gagnera probablement plus à être exposé au Grand Palais, c’est tout ce qu’on lui souhaite.

Soulignons que plusieurs structures de la ville profitent de la réception des finalistes du prix Marcel Duchamp à Rouen pour s’associer et créer un parcours off, en exposant des artistes issus des éditions précédentes : l’Esadhar accueille Pierre Ardouvin, le 180 Nicolas Moulin, et la galerie Störk Michel Blazy.

 

PRIX MARCEL DUCHAMP

04/07/2014 > 28/09/2014

Musée des Beaux-Arts de Rouen

ROUEN

Créé en 2000 à l’initiative de l’ADIAF, l’Association pour la diffusion internationale de l’art français en partenariat avec le...

Exposition terminée
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