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Palais Galliera : back to the fifties

Pascal Bernard 8 août 2014

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Après Azzedine Alaïa et les photographies de Condé Nast, Oliver Saillard, directeur du Palais Galliera – musée de la mode de la ville de Paris, met à l’honneur les années 1950, celles du chic absolu. Visite.

Le tailleur bar de Christian Dior, photographié par Willy Maywald © Association Willy Maywald/Adagp.

Le cinéma a contribué à former notre perception de la mode des années 1950 : Grace Kelly dans Fenêtre sur cour, Audrey Hepburn dans Vacances romaines, Brigitte Bardot dans Et Dieu… créa la femme en furent les icônes et en dehors des plateaux, les meilleures ambassadrices. Christian Dior, Cristóbal Balenciaga et Hubert de Givenchy pour ne citer qu’eux ont habillé les plus grandes stars de l’époque.

Le Palais Galliera offre, jusqu’au 2 novembre, un panorama de la mode en France depuis 1947, année de lancement de la maison Christian Dior jusqu’au décès du maître et à l’avènement d’Yves Saint Laurent en 1957. Des années décisives pour l’industrie de la haute couture, fragilisée par la crise de 1929 et la Seconde Guerre mondiale. Une centaine de pièces retrace l’évolution de la silhouette féminine. Le musée présente quelques uns de ses chefs-d’œuvre, dont certains comme la robe Palmyre de Christian Dior ou l’Aurore d’Yves Saint Laurent furent exposés à l’Hôtel de Ville à l’été 2013.

New look

Le 12 février 1947, Christian Dior présente son premier défilé. « Épaules douces, bustes épanouis, tailles fines comme des lianes et jupes larges comme des corolles » caractérisent, selon ses propres mots, la collection. Le créateur impose une nouvelle silhouette, aux antipodes de celle des « femmes-soldats aux carrures de boxeurs » et renoue ainsi avec la féminité du siècle précédent.

« Je voulais être architecte », affirmait Christian Dior. Sa plus belle réalisation fut le tailleur bar, immortalisé par le photographe Willy Maywald. Après des années de pénurie, de restrictions, et de climat morose, la collection séduit la presse. Carmel Snow, rédactrice en chef de Harper’s Bazaar, papesse de la mode des années 1950, qualifia ces tenues de « New look » : le succès fut immédiat. Marlene Dietrich et Rita Hayworth furent ses premières clientes.

L’exposition met en scène les créations des plus grands couturiers de l’époque : Christian Dior, Cristóbal Balenciaga, Gabrielle Chanel, Jacques Fath, Hubert de Givenchy, Pierre Balmain, Yves Saint Laurent… Des vêtements popularisés par le cinéma, les magazines (Elle fut créé en 1945), et la télévision. En 1953, Christian Dior accepte que soit retransmis en direct pour la première fois à la télévision sa collection automne-hiver.

Dans les années 1950, le vestiaire féminin répondait à des usages codifiés : robe du jour, robe de cocktail, robe du soir, toutes sobrement et élégamment mises en scène au Palais Galliera. Accompagnant le passage du noir et blanc à la couleur au cinéma, la mode se fit plus colorée. Des noirs et des gris austères ouvrent l’exposition, puis progressivement apparaît la couleur, jusqu’au rose électrique d’une jupe signée Elsa Schiaparelli, tandis que des motifs se déploient peu à peu sur l’ensemble des tenues : pois, fleurs, fruits…

Christian Dior par Yves Saint Laurent, robe « Aurore », printemps-été 1958 © Galliera/Roger-Viollet. 

Haute couture et prêt-à-porter

Les années 1950 voient aussi la naissance d’une tendance plus décontractée, prisée par une jeunesse nouvelle issue du baby boom, qui ne se reconnaît pas toujours dans les diktats de la mode. Jeans, pulls moulants, et ballerines sont adoptés par Brigitte Bardot ou Audrey Hepburn. Aux robes de jour et de soir s’ajoutent désormais les tenues de plage : marinière, paréo, chapeaux de pailles… Les maisons de couture se démocratisent en créant des lignes bis, plus accessibles.

De nouvelles firmes comme Carven rencontrent le succès, en habillant les femmes plus petites, plus menues et en introduisant des tissus plus dans l’air du temps. La maison participe à l’aventure des « couturiers associés », qui proposent robes de villes, manteaux, et tailleurs distribués à prix modestes dans les magasins de province, préfigurant le prêt-à-porter. À l’opposé, la garde-robe du soir des années 1950 consiste en une débauche de tissus et d’ornements précieux : taffetas, satins, velours, soies, broderies, perles mais aussi d’accessoires : gants longs, escarpins dorés, bijoux… « Les robes du soir sont le luxe des couturiers. Ils y mettent toute leur fantaisie ». Fantaisie que l’on retrouve dans l’appellation évocatrice de ces robes : « Café de Flore », « Aurore », « Baby doll », « Esperanto », « Auteuil »…

 

LES ANNÉES 50

12/07/2014 > 02/11/2014

Palais Galliera

PARIS

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