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En Vendée, une sculpture de Carlos Cruz-Diez envoyée à la casse

Pascal Bernard 21 juillet 2014

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Une œuvre de l’artiste franco-vénézuélien Carlos Cruz-Diez, installée depuis 1972 à l’entrée d’un collège de La Roche-sur-Yon, a été envoyée à la casse. Une décision du conseil général ayant jugé l’état de la sculpture « dangereux » pour les usagers de l’établissement.

La Colonne chromointerférence, faite de verre et d’acier, mesurait six mètres de haut, des trames colorées bleues, rouges et vertes animaient sa surface de manière à se « transformer en fonction de la distance du spectateur ». Installée depuis 1972 dans l’enceinte d’un collège de La Roche-surYon, elle avait été commandée dans le cadre de la loi du 1 % artistique qui prévoit que soit dévolu 1 % du budget total de la construction d’un bâtiment public à l’acquisition ou la création d’une œuvre d’art.

La sculpture a été envoyée à la casse pendant les vacances de Pâques sur décision du conseil général de Vendée. Attaquée par la rouille et la végétation, « elle menaçait de s’effondrer » et était devenue dangereuse pour les usagers de l’établissement. Sa destruction, relayée début juin par William Chevillon, amateur d’art yonnais, pose la question de l’entretien d’une telle œuvre, devenue au fil du temps patrimoine collectif : « L’œuvre d’un artiste, lorsqu’elle est intégrée à un lieu de travail ou à l’environnement, représente pour les gens une référence au vécu, une partie de leur histoire personnelle. En la détruisant, on a oublié les gens », réagissait l’artiste, dans Ouest France. Rien n’empêchait pour autant les responsables d’avertir l’artiste afin de trouver une solution moins radicale.

Carlos Cruz-Diez, aujourd’hui agé de 91 ans, s’est dit déçu et choqué. Il est l’une des figures phares de l’art cinétique. Ses œuvres sont présentes dans les collections des plus grands musées, du MoMA à New York au Centre Pompidou, tandis que ses installations dans l’espace public sont visibles aux quatre coins du monde. Une colonne chromointerférence, similaire à celle détruite à La Roche-sur-Yon est visible à Villetaneuse, en région parisienne. Dernièrement, on a pu voir des œuvres de l’artiste dans le cadre des expositions Néon à la Maison rouge et Dynamo au Grand Palais.

En plus de sa valeur artistique, une telle installation a aujourd’hui une certaine cote : elle serait estimée à près de 200 000 euros. Le conseil général assure que « ça ne se reproduira plus », et promet réparation en s’engageant à commander une nouvelle œuvre pour l’établissement, et à recenser les œuvres d’art dans les établissements scolaires. Soulignons que La Roche-sur-Yon compte dans un de ses lycées deux autres œuvres d’artistes cinétiques emblématiques, Nicolas Schöffer et Yaacov Agam, installées elles aussi dans le cadre du 1 % artistique.

 

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