Votre action a été enregistrée avec succès !



LA NEWSLETTER

À la recherche des œuvres du président

Pascal Bernard 17 juillet 2014

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

Dans son dernier rapport annuel sur les comptes et la gestion des services de la présidence de la République, la Cour des comptes épingle l’Élysée : 32 œuvres mises à disposition par les musées nationaux et 625 objets du Mobilier national manqueraient à l’appel. 

Salon Pompadour, Palais de l’Élysée © G.Garitan/Wikimedia Commons.

Le rapport de la Cour des comptes, remis au président de la République le 15 juillet dernier, révèle des dysfonctionnements importants dans la gestion des meubles et des objets d’art en dépôt dans les bâtiments présidentiels : palais de l’Élysée, hôtel de Marigny, Fort de Brégançon (ouvert au public pour l’été)… Il y est fait état de la non-localisation de plusieurs centaines de pièces prêtées par les musées nationaux et le Mobilier National : au moins 15 œuvres et 625 meubles manqueraient au total. Ce dernier rapport se base sur les premiers éléments du récolement (constat de la présence physique des objets), effectué par le Mobilier National tous les cinq ans (dix pour les musées nationaux). Le dernier état était attendu en 2012, à la fin du mandat de Nicolas Sarkozy. En l’absence de ce document, la Cour des comptes n’a pas été en mesure de comparer avec celui de 2007. Les résultats définitifs ne devraient être connus qu’à l’automne, et vont permettre de connaître le détail et la nature des objets, afin de tirer au clair, au moins en partie, ces graves absences.

Ce constat ne concernerait pas que les résidences présidentielles. Une commission de récolement des dépôts d’œuvres d’art, créée en 1996 (à la suite d’un rapport de la Cour des comptes qui avait relevé l’insuffisante rigueur de la tenue des inventaires et du suivi des dépôts consentis par l’État), est chargée de recenser « les pièces dispersées dans tous les bâtiments de la République : palais nationaux, bâtiments administratifs, assemblées parlementaires et représentations diplomatiques à l’étranger par les musées nationaux, le Centre des monuments nationaux, le Centre national des arts plastiques, le Mobilier national et l’établissement de Sèvres-Cité de la céramique.

De « nombreuses et graves insuffisances » dans la gestion des collections furent pointées du doigt dès 2009, information relayée par le blog Louvre pour tous. Difficile pour autant de savoir si ces disparitions sont récentes ou anciennes. La législation oblige les autorités compétentes à déposer plainte lorsque une œuvre disparaît. Ces plaintes sont recensées sur une page dédiée du site du ministère de la Culture, ce qui a permis ces dernières années de récupérer une partie d’entre elles. Ainsi découvre-t-on parmi les œuvres disparues une Nymphe chasseresse en bronze de Falguière déposée par le Fonds national d’art contemporain (FNAC) à la mairie de Laon, des sculptures animalières de Barye déposées par le Louvre au ministère de l’Education nationale, un paysage de Bonnard prêté par le FNAC à la mairie de Montpellier, une toile de Vasarely déposée au Service d’information du gouvernement, un Renaud et Armide de Vincent disparu du ministère de l’Intérieur, etc…

Par ailleurs, Mediapart révélait cette semaine que le mobilier du Salon d’Argent de l’Elysée avait dû être restauré par le Mobilier national : fauteuils et canapés précieux ont été endommagés par les chiens de l’ancien président Nicolas Sarkozy. La réfection a été sous-traitée à des artisans parisiens pour la somme de 6660 euros (sans compter le coût des matières premières fournies par le Mobilier), à laquelle n’a pas contribué l’ancien chef de l’Etat.

 

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE