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Giverny célèbre l’impressionnisme à la belge

Pascal Bernard 16 juillet 2014

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Ayant pour vocation de montrer le rayonnement de l’impressionnisme à travers le monde, le musée de Giverny met en lumière, après la scène américaine, celle de Bruxelles au tournant des XIXe et XIXe siècles, et propose de découvrir les liens multiples qui unissent les artistes belges et français.

Émile Claus, La Levée des nasses, 1893, Bruxelles, musée d’Ixelles © Photo : Mixed Media.

Bruxelles, capitale impressionniste ?

L’exposition du musée des impressionnismes à Giverny répond à la question favorablement. Plus connue pour avoir été le berceau du symbolisme et de l’Art nouveau, la ville a été aussi parmi les premières à accueillir les chefs-d’œuvre impressionnistes et néo-impressionnistes. En outre, les artistes belges se sont rapidement approprié les tendances françaises. Réalisée en collaboration avec le musée d’Ixelles, l’exposition apporte un éclairage nouveau sur l’effervescence dans la capitale belge au tournant des XIXe et XIXe siècles.

Octave Maus, défenseur des avant-gardes belges affirme alors : « Il n’est guère aisé de définir l’impressionnisme, d’en tracer les limites, et d’en particulariser les expressions ». Formé à Paris dans les années 1870, l’impressionnisme s’est rapidement propagé le long de la Seine, notamment à Giverny où Monet a passé une partie de sa vie, puis au-delà de nos frontières. L’exposition explore les différentes tendances de l’impressionnisme en Belgique en isolant en particulier le paysage et les représentations de la vie moderne. Dualité mise en exergue dans la première salle, avec une Vue de l’hôtel de ville de Bruxelles par James Ensor et une scène de vagabondage d’Alfred Stevens.

Le paysage

Le paysage artistique de la première moitié du XIXe siècle est marqué de chaque côté de la frontière par l’académisme. Les artistes sont soumis à des principes esthétiques codifiés : la peinture d’Histoire glorifie les héros locaux et les fastes du passé servent la construction d’une identité nationale, la Belgique n’ayant conquis son indépendance qu’en 1830. Un tournant décisif a lieu en 1851, lorsque Gustave Courbet fait sensation au Salon de Bruxelles avec ses choix de sujets ordinaires et sa touche empâtée. Il ouvre la voie à la modernité et trouve un écho favorable auprès d’artistes belges. L’avènement du réalisme libère les pratiques artistiques, tant dans les genres que les techniques.

L’intérêt renouvelé des peintres pour leur environnement direct offre un souffle nouveau à l’art belge, et aboutit à la naissance d’une vague paysagiste par le développement de la pratique en plein-air, dans la lignée de l’école de Barbizon. Les artistes investissent la campagne, comme les rives de la mer du Nord en plein essor : Heist, et Ostende « la Deauville belge » notamment. La palette se fait plus lumineuse, les atmosphères contrastées, la touche plus libre.

Au carrefour des avant-gardes, Bruxelles foisonne, les salons artistiques se multiplient, parmi eux ceux des XX et de la Libre esthétique. En 1887 Bruxelles accueille Un dimanche après-midi sur l’île de la Grand Jatte de Georges Seurat : le tableau remarqué par les artistes inspire au critique Félix Fénéon le terme de « néo-impressionnisme » dans un article publié par la revue belge L’Art moderne. Des artistes comme Théo Van Rysselberghe s’approprient alors la touche divisée sans jamais renoncer à leur originalité. Le peintre Emile Claus (1849-1924), mis à l’honneur dans l’exposition, est à l’origine du « luminisme », expression originale spécifiquement belge de l’impressionnisme, privilégiant l’expression lumineuse et colorée, et célébrant la permanence d’une campagne intacte (comme dans La Levée des nasses) dans un contexte de mutation et d’industrialisation rapide.

Peindre la vie moderne

Théo Van Rysselberghe, Portrait de Marguerite Van Mons, 1886, Gand, Museum voor Schone Kunsten © Lukas-Art in Flanders VZW/Photo : Dominique Provost.

La peinture d’Histoire tend à disparaître au profit de représentations de la vie moderne, paysages ou scènes de la vie contemporaine. Bruxelles connaît une forte industrialisation, en même temps qu’une rénovation et une urbanisation rapides sous Léopold III, comparables au développement du Paris d’Haussmann. Les bouleversements socio-économiques que connaît la Belgique favorisent l’émergence d’une nouvelle bourgeoisie férue d’art qui aime se faire portraiturer.

L’exposition présente ainsi une galerie de portraits très élégants où se croisent des scènes d’intérieurs propices à retranscrire l’intimité « à la Manet » (Jeune fille se regardant dans un miroir d’Alfred Stevens ou Jeune femme cousant de Georges Lemmen), tandis que des représentations de lieux de villégiature à la mode ou des nouveaux loisirs balnéaires ou champêtres contaminent le paysage.  Elles côtoient des scènes plus sombres, dans une veine plus réaliste, de la classe ouvrière et des masses laborieuses : paysans, mineurs au travail…

Au début du XXe siècle, Bruxelles consacre plusieurs rétrospectives à l’impressionnisme français et à ses différentes tendances, dont une grande exposition en 1904, qui permet de faire un bilan de l’apport des Français, et clôt la parenthèse impressionniste en ouvrant sur les dernières tendances, en particulier le fauvisme et le cubisme.

 

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