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Entre fiction et réalité, le Paraguay revu par Fredi Casco

Pascal Bernard 16 juillet 2014

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La Maison de l’Amérique latine, à Paris, consacre à l’artiste paraguayen Fredi Casco une exposition rétrospective, La Fascination des Sirènes, qui présente en parallèle une sélection de pièces d’art populaire et indigène.

Fredi Casco, Sans titre, de la série Le Retour des Sorciers, vol. 1, 2005.

Empruntant son titre à Roland Barthes, l’exposition conçue par Albertine de Galbert, spécialiste de l’art sud-américain et créatrice de la plateforme Arte-sur (remarquée l’été dernier au Palais de Tokyo dans le cadre des Nouvelles Vagues), révèle pour la première fois en Europe les grandes séries photographiques du Paraguayen Fredi Casco. Artiste, auteur, curateur, éditeur, il a co-réalisé l’an dernier pour l’exposition América Latina 1960-2013 à la Fondation Cartier pour l’art contemporain un recueil de portraits filmés d’artistes sud-américains, Revuelta(s), pour lequel il a sillonné le continent de Buenos Aires à Mexico, en passant par Caracas, La Havane, São Paulo et Lima.

Objets trouvés

Fredi Casco offre une relecture de l’histoire et de la culture de son pays, en explorant en particulier les archives de la dictature d’Alfredo Stroessner (1953-1984), époque sombre du Paraguay qui a vu des milliers de personnes disparaître et des millions s’exiler. Au cœur de l’exposition, la série Le Retour des Sorciers est constituée d’images-documents dénichés par l’artiste sur les marchés aux puces d’Asunción.

L’artiste devenu chineur détourne une collection de photos, révélant la vie politique de l’homme d’État dans l’exercice de la diplomatie. Le premier volet s’appuie ainsi sur des clichés officiels de réceptions mondaines avec des chefs étrangers ou des cadres du gouvernement. Fredi Casco les retouche subtilement, au moyen de collages ou de modifications numériques, en dédoublant notamment certaines figures ou en affublant d’autres de masques. Parfois imperceptibles au premier coup d’oeil, ces manipulations qui échappent en partie à l’entendement instaurent un certain malaise dans la compréhension des images, et font naître un sentiment de bizarre. Comment dès lors distinguer le vrai du faux ? En intervenant sur ces photos, Fredi Casco crée un aller-retour permanent entre fiction et réalité.

Fredi Casco, Sans titre, de la série Le Retour des Sorciers, vol.3, 2011.

Plus loin, Fredi Casco propose la relecture d’un fait divers : la traque,  par des rescapés des camps de concentration, du criminel nazi Josef Mengele, réfugié au Paraguay, et la découverte dans un hôtel de son seul pyjama, oublié dans la précipitation du départ. L’artiste propose sa vision de l’histoire, en donnant à voir par le biais d’une série de photographies ce qu’on aurait pu trouver dans la chambre : une valise, en cuir, un appareil photo, un album de photographies, de vieilles cartes postales allemandes, une médaille à l’effigie d’Hitler, des dictionnaires et une clef, tous récoltés dans les marchés aux puces d’Asunción.

De la même manière, Fredi Casco s’approprie des images de communiantes, des manuels antiguérilla édités par le gouvernement des États-Unis, ou des cartes postales d’un passionné de radio amateur. Ainsi un contraste s’opère entre le réel intérêt historique de ces documents, leur état de conservation et le contexte dans lequel ils sont retrouvés.

Paraguay des villes, Paraguay des champs

Fredi Casco offre également une relecture de l’histoire culturelle, lui qui a accompagné la création du premier ministère de la Culture au Paraguay. Parmi les photos produites, la série Chaco Fantôme, prenant son point de départ dans la célébration d’une fête populaire par une communauté indigène du sud du pays, est un exemple de syncrétisme qui mêle croyances locales et pratique occidentale chrétienne. Fredi Casco livre une sorte de reportage constitué d’images floues, troublées, ne permettant pas de percevoir les détails de cette cérémonie, mettant ainsi à distance toute interprétation ethnologique.

En contrepoint, la Maison de l’Amérique Latine présente les réalisation de sept artistes contemporains, « maîtres de l’art populaire et indigène du Paraguay » : céramiques, peintures sur bois, masques, dessins mis aux bans de l’art officiel, sélectionnés par l’artiste. L’accrochage s’accompagne d’une série de portraits, dans la lignée du film réalisé pour la Fondation Cartier.

 

FREDI CASCO

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Exposition terminée
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