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On Kawara n’est plus en vie

Magali Lesauvage 11 juillet 2014

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On Kawara est décédé ce jeudi 10 juillet 2014 à l’âge de 81 ans, a annoncé sa galerie new-yorkaise David Zwirner. La mort de l’artiste, célèbre pour ses peintures de dates blanc sur noir réalisées quotidiennement, clôt un chapitre majeur de l’art conceptuel.

On Kawara, JUNE 10, 2004, (série Today, 1966-2014), courtesy galerie Yvon Lambert, Paris.

I AM STILL ALIVE (Je suis toujours en vie), c’est par ces mots, écrits en lettres majuscules et envoyés par télégramme ou carte postale à des proches, que l’artiste japonais On Kawara a pendant des années signalé sa présence au monde. Artiste conceptuel né en 1933 au Japon, et installé à New York en 1965, On Kawara a toute sa vie joué à défier le temps, et la mort.

Sa biographie devait, selon lui, se résumer au décompte du nombre de ses jours. On peut cependant élaborer un peu plus, en rappelant que l’œuvre majeure d’On Kawara, c’est la réalisation jour après jour depuis 48 ans, à partir du 4 juin 1966, de sa série Today, dite aussi Date Paintings, consistant en l’inscription à la main, en lettres blanches sur fond généralement noir, de la date du jour sur une toile de format variable, ensuite enveloppée dans une feuille du journal local. Par son implacable discipline, sa sérialité rigoureuse, et son défi au temps, On Kawara a produit l’une des œuvres d’art conceptuel les plus fortes de sa génération. Chaque Date, dont la forme austère évoque une plaque funéraire, est ainsi une sorte de monument miniature à la vie. Refusant les interviews et les photographies, On Kawara a ainsi fait des ces peintures de dates un véritable autoportrait mystérieux.

L’artiste a également réalisé des séries évoquant ses rencontres (I Met), ses voyages (I Went), ses lectures de journaux découpés (I Read), et des calendriers de dates immémoriales réunies en ouvrages, et lues lors de performances (One Hundred Years et One Million Years), que l’on pourra voir notamment l’an prochain dans une grande rétrospective au Guggenheim Museum de New York, intitulée Silence. Avec la mort en 2011 de Roman Opalka, lui aussi artiste de la matière temporelle, et l’annonce de la fermeture prochaine de la galerie Yvon Lambert, qui a introduit en France et défendu ces artistes conceptuels, le décès d’On Kawara marque la fin d’un temps, et la disparition progressive d’une génération essentielle de l’art du XXe siècle.

 

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