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Au Plateau, de nouvelles manières de voir

Pascal Bernard 11 juillet 2014

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Au Plateau-FRAC Île-de-France, à Paris, Philippe Decrauzat et Mathieu Copeland présentent une exposition collective consacrée aux manières de voir : points de vues, regard, et champ. Elle s’inscrit dans la lignée d’une session d’événements organisés en mars dans les espaces vides du centre d’art.

Point de départ de l’exposition, le titre Waywords of seeing : contraction du mot waywards qui signifie errance, dérive, égarement, et Ways of seeing, nom d’un ensemble d’essais de John Berger publiés dans les années 1970, qui font suite à une série d’émissions télévisées (visibles sur Youtube). La phrase qui ouvre le premier épisode (« Le fait de regarder des tableaux, ou de regarder quoi que ce soit, est moins spontané et naturel que ce que l’on pourrait croire. Une grande partie de notre regard dépend d’habitudes et de conventions »), pourrait tout aussi bien servir d’introduction à l’exposition.

Écouter, voir

FM Einheit, performance réalisée dans le cadre de The beating (of the microtones) is beating me down au Plateau le 5 mars 2014 © Martin Argyroglo.

L’exposition fait écho à la session d’événements (concerts, performances, projections) The beating (from the microtones) is beating me down, proposée par l’artiste Philippe Decrauzat et  le commissaire d’exposition Mathieu Copeland les 5 et 6 mars derniers, entre deux accrochages. Elle réunissait trois des artistes présentés aujourd’hui : The Boyle family, FM Einheit et Karin Sander, qui présente dès l’accueil une série de toiles (Patina Paintings) accrochées pour plusieurs semaines sur la façade du bâtiment. L’artiste allemand F.M. Einheit, pionnier de la musique industrielle, présentait à cette occasion une performance sonore (Blech n°316 to 324) durant laquelle il violentait des briques et des plaques de métal, dont il ne reste ici que des fragments.

Dans chacune des salles du FRAC, Dan Walsh, artiste américain né en 1960, figure majeure de l’abstraction géométrique, dissémine des titres de singles de la Motown, qui pourraient passer pour des cartels : Higher ground (Stevie Wonder), Just my imagination (The Temptations), It’s the same old song (The Four Top). Ils font écho aux partitions couvertes de dessins automatiques du musicien américain Martin Rey, co-fondateur du groupe électro-punk Suicide, ou aux disques vinyles  de David Cunningham, dont la pochette est une photo tirée d’un film de Stephan Patridge.

Francis Baudevin transpose quant à lui en négatif, sur le mur du fond du Plateau, la pochette du disque Tableaux d’une exposition de Moussorgski, dans l’orchestration de Ravel, réalisée par Josef Albers en 1961. Le motif, constitué de lignes verticales fluctuantes et d’une rangée horizontale de « tableaux fantômes », n’est pas sans évoquer les œuvres de Philippe Decrauzat, co-comissaire de l’exposition, exposées au FRAC en 2011, dont le travail consiste à s’approprier et réinvestir un répertoire de formes minimales et géométriques du champ de l’abstraction, de l’Op art et du cinétisme en particulier.

Vue de l’exposition Waywords of seeing au Plateau, Paris, 2014. Au premier plan : Dan Walsh, véhicule 1, 2, 3, 4, 5, 6, 2014 © Martin Argyroglo.

Des manières de voir

À travers des « dispositifs de vision » répartis dans les salles du FRAC, Dan Walsh, étroitement associé au commissariat de l’exposition, s’interroge sur la place du visiteur face aux œuvres. L’artiste dispose des installations didactiques et participatives mettant en scène l’expérience du regard, à travers des objets (lentilles, masque, jumelles) ou des éléments modifiant notre point de vue sur les différentes œuvres de l’exposition : filtres de couleurs sur les vitres côté rue, salle éclairée à la bougie, piédestal permettant de prendre de la hauteur…

La reproduction et la destruction sont également en jeu dans cette exposition. Comment voir une œuvre qui n’existe plus ? En 1961, l’artiste américaine Marcia Hafif quitte la Californie pour l’Italie où elle s’établit pendant près de dix ans. Durant cette période, elle renouvelle sa peinture, abandonnant une abstraction expressionniste pour passer à une géométrisation progressive. Au Plateau, elle présente un ensemble de reproductions à l’encre au format A4 des œuvres de sa période romaine, palliant à la disparition des originaux.

Avec Plaster Glass Glass Plaster, Morgan Fisher repoduit un morceau du FRAC, fac-similié du mur devant lequel l’œuvre est présentée. Installée près de l’original, la réplique construite à partir de feuilles de plâtre et de verre a été détruite avant l’ouverture de l’exposition, de manière à ce que les débris jonchent le sol. L’œuvre in situ, déterminée par le hasard, sera jetée à l’issue de l’exposition, et n’existera plus que dans la mémoire de ses visiteurs, instaurant là-aussi une nouvelle manière de voir, déterminée par le filtre du souvenir.

 

WAYWORDS OF SEEING

12/06/2014 > 27/07/2014

Frac Ile-de-France / Le plateau

PARIS

Empruntant son nom à un titre manifeste de Dan Walsh, l’exposition Waywords of Seeing envisage le point de vue, le regard, le champ et le...

Exposition terminée
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