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Ajaccio : le « Piss Christ » d’Andres Serrano provoque (encore) la polémique

Pascal Bernard 2 juillet 2014

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Le Palais Fesch à Ajaccio consacre jusqu’à fin septembre, en collaboration avec la Collection Lambert en Avignon, une grande exposition à Andres Serrano. Celle-ci a suscité une polémique avant même son inauguration.

Andres Serrano, Immersions (Piss Christ), 1987 © Courtesy de la galerie Yvon Lambert.

Artiste photographe internationalement reconnu, Andres Serrano est né en 1950 à New York, où il vit et travaille, d’une famille afro-cubaine venue du Honduras. Provocateurs pour certains, dignes héritiers de l’histoire de l’art pour d’autres, ses travaux ne laissent personne indifférent.

L’exposition au musée Fesch, la première de l’artiste en Corse, relance les polémiques autour de son œuvre. Au cœur du scandale, le désormais fameux Immersions (Piss Christ) figurant un crucifix baigné dans un mélange d’urine et de sang. Depuis les années 1980 l’œuvre suscite des réactions violentes, venant en particulier des cercles chrétiens les plus conservateurs qui la jugent blasphématoire. Des tirages ont été vandalisés en 1997 à Melbourne et en Suède, et en 2011 à la Collection Lambert en Avignon. « Ceux qui critiquent Piss Christ en ont simplement entendu parler en des termes qui ne donnent pas envie d’y adhérer. Il faut faire ­l’effort de comprendre l’artiste », répondait Andres Serrano à Paris Match après la polémique.

A Ajaccio, la présentation de l’objet du scandale, attaqué avant même l’ouverture de l’exposition, ne devrait pas éclipser la centaine de photographies également présentées au musée. Les tableaux photographiques d’Andres Serrano, traversés par des questions liées aux sexe, à la religion, à la mort, aux problèmes sociaux, peuvent déranger, mais tout aussi bien être déchiffrés pour leurs références à l’histoire de l’art. Le Palais Fesch présente une partie des clichés en regard de ses collections permanentes, instaurant un dialogue avec les chefs-d’œuvres du musée, comme ceux du Pérugin, de Véronèse, ou de Poussin mais également de deux expositions consacrées à la peinture en Lombardie au XVIIe siècle et à Rembrandt et son entourage.

A propos de la série La Morgue, montrant des détails de corps de cadavres, l’historien de l’art Daniel Arasse, spécialiste de la Renaissance italienne affirmait : « Si provocation il y a chez Serrano, c’est qu’il exige de nous que nous regardions, droit dans les yeux, ce qu’on a aujourd’hui tendance, de plus en plus, à écarter, à ne pas vouloir savoir, à ne plus envisager ». L’exposition du musée Fesch relance la polémique, tout comme la présentation actuellement au musée des Beaux-Arts de Rennes de la sculpture Nona Ora de Maurizio Cattelan, montrant le pape Jean-Paul II écrasé par une météorite.

[Mise à jour le 8 septembre 2014] Par mesure de sécurité, la mairie d’Ajaccio a été contrainte de fermer l’espace d’une journée les portes du Palais Fesch qui accueille l’exposition Andres Serrano. Une poignée de manifestants s’étaient réunis devant les portes du musée pour réclamer le décrochage de la photographie Piss Christ. La municipalité a néanmoins assuré que l’exposition resterait ouverte jusqu’à son terme, le 29 septembre.

 

ANDRÈS SERRANO

27/06/2014 > 29/09/2014

Palais et Musée Fesch

AJACCIO

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