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À Montpellier, la Panacée expérimente la « métamorphose technologique »

Magali Lesauvage 2 juillet 2014

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Un an après son inauguration, la Panacée, à Montpellier, affiche un beau succès avec quelques 100 000 visiteurs. Visite, en compagnie de son directeur Franck Bauchard, de ce centre de culture contemporaine d’un nouveau type.

Vue du patio de la Panacée © La Panacée.

À deux pas du musée Fabre et de la cathédrale Saint-Pierre de Montpellier, dans un dédale de ruelles qui l’enserrent étroitement, la Panacée se découvre au visiteur par des angles impossibles. Inauguré en juin 2013, ce nouveau centre populaire de culture a pourtant été conçu comme ouvert à tous, lieu de rencontre et de passage, d’expérimentation et de convivialité. Un an plus tard, la Panacée semble avoir trouvé un sens à son existence. Autrefois collège royal de médecine (dès 1498), puis école de pharmacie (à partir du XIXe siècle, et jusqu’en 1963), le bâtiment a une histoire liée dès son origine à celle de la médecine, domaine d’excellence de la capitale du Languedoc.

Investi entre-temps par les « biennales » d’art contemporain Chauffe Marcel ! (2006) et La Dégelée Rabelais (2008), le chantier a été confié à l’architecte Jean-Luc Lauriol et au scénographe Henri Rouvière : quatre ans de travaux (2009-2013), 220 mètres de périmètre, 3 niveaux, 4500 m² (dont 1650 pour les expositions), un auditorium (à la pente très abrupte, car abrité dans l’ancienne salle de dissection du cours d’anatomie), un grand café, le tout réuni autour d’un vaste patio. Coût total : 13,6 millions d’euros (dont 9 millions assumés par la ville et l’agglomération). À la Panacée on trouve des résidences d’artistes (trois studios d’hébergement et cinq ateliers de production), partie intégrante des missions du lieu, mais aussi, cas unique dans un centre d’art en France, une résidence universitaire ouverte à une sélection de 60 étudiants issus de cursus artistiques.

Le maître mot ici, selon son directeur Franck Bauchard, autrefois à la tête de la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon : l’expérimentation. « La mairie de Montpellier voulait en faire un lieu consacré aux arts visuels, à l’écriture et au numérique, nous explique-t-il. Elle a voulu maximiser son investissement en nous confiant des missions assez larges, dans une configuration très spécifique. Cela correspond aussi à une tendance qui va vers le croisement des disciplines ». Perçue comme un lieu dédié à l’art numérique, la Panacée est pourtant (presque) tout sauf ça : « Le lien entre art et numérique n’est pas nécessairement évident aujourd’hui, même si l’art contemporain s’intéresse de plus en plus au numérique. Pour moi, l’expression « art numérique » est déjà obsolète : le numérique est au cœur de la culture comme moyen d’accès à l’art, tout est numérique aujourd’hui ! »

« Service public de la métamorphose technologique »

D’après Franck Bauchard, le décloisonnement doit se faire entre les arts, mais aussi entre l’art et les publics : « On a mis en place des dispositifs de médiation innovants, en commençant par le billet : sur celui-ci le visiteur peut inscrire son nom, et y lire l’histoire du lieu, tout en contribuant à créer une sorte de communauté virtuelle ». Une conception du centre d’art qui s’inspire de Pierre Restany… et du Centre Pompidou (à son origine) : « Je me suis appuyé sur l’histoire de ce que l’on a nommé « l’art vivant » dans les années 1960, raconte le directeur de la Panacée, et comment il s’est institué en opposition aux musées et aux Maisons de la culture. Selon Pierre Restany, les musées font circuler des objets déjà tout faits, alors que l’art vivant doit se faire en s’appuyant sur un territoire et sur toutes ses ressources. Pour Restany, « le musée vivant doit être le service public de la métamorphose technologique ». On trouve cela aux débuts du Centre Pompidou, ou aujourd’hui au Centre de création contemporaine de Barcelone (CCCB), dont je m’inspire beaucoup ».

Trois axes donc : arts visuels, écriture et numérique (ce troisième élément étant en réalité infusé dans les deux autres). « Les expositions que nous organisons font appel à des artistes de domaines très divers : plasticiens, architectes, designers, musiciens… Vu que notre champ est très vaste, la programmation doit être cohérente, et chaque saison est très thématisée. La première, « Vous avez un message » [jusqu’en septembre 2014, ndlr], est liée à la communication à distance, à partir d’une réflexion sur la façon dont s’établit la relation avec le public ». Ainsi cet été à la Panacée peut-on découvrir Art by telephone… Recalled, réactivation d’une exposition de 1969 au musée d’art contemporain de Chicago dont le principe était la réalisation d’œuvres « à distance » (voir www.artbytelephone.com), et Une lettre arrive toujours à destinations (à partir du 18 juillet), qui explore l’idée d’œuvre-partition à jouer par le spectateur.

Le programme inclut également les « écritures contemporaines » : nouvelles formes et nouveaux supports d’écriture (pas seulement imprimés), en particulier sur Internet et les réseaux sociaux, avec notamment la mise en place du site textopoly.org, outil d’écriture et espace en ligne pour les auteurs. « On n’écrit et on ne lit plus de la même manière qu’il y a vingt ans, rappelle Franck Bauchard. Ce phénomène est très peu interrogé, notamment par les artistes. Pourtant les enjeux culturels sont majeurs : éducation, pensée… ». Le directeur de la Panacée ajoute : « Ici on peut se permettre de faire des choses controversées, d’essayer. On a organisé des événements très différents, auxquels on n’a pas donné de nom tant ils étaient inclassables ! » Expérimenter, tester, oser : l’ancienne école de médecine de Montpellier reste un lieu de recherche active.

 

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