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« Tiki pop », l’exotique cocktail kitsch made in US

Pascal Bernard 25 juin 2014

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Le musée du quai Branly met à l’honneur le style « tiki », « un morceau d’Amérique presque inconnu en France » né aux Etats-Unis à la fin des années 1940. À la fois esthétique et mode de vie, le tiki s’ancre dans la culture populaire et embrasse l’ensemble des champs, de la musique au design en passant par le cinéma ou la littérature.

Carte de cocktails polynésiens et ses mugs, début des années 1960 © D.R..

Pré tiki

Au début du siècle, la vision américaine des mers du Sud s’inspire des récits faits par les explorateurs, Cook et Bougainville notamment, d’écrivains comme Melville ou Loti, et d’artistes, en particulier Gauguin, qui participent tous à une vision idéalisée de la Polynésie.

Dans les années 1920, les récits d’aventure dans le Pacifique deviennent un genre à part entière, lançant une mode qui va toucher par ricochets la musique et le cinéma. Hollywood connaît alors son âge d’or, et adapte les best-sellers du genre. De Charles Nordhoff et James Norman Hell sont tirés Les Révoltés du Bounty avec Clark Gable (1935), et The Hurricane (1937). Popularisé par ces films, l’univers polynésien contamine les établissements de loisirs (bars, night-clubs), pour lesquels ont réemploie les décors de cinéma.

Dioramas et peintures murales simulant des plages de sable fin avec cocotiers artificiels font leur apparition. Tapas, nattes tressées et bambous envahissent les restaurants afin d’imiter les cabanes et huttes des mers du Sud. Le phénomène est relayé par les stars d’Hollywood, qui organisent des fêtes à thèmes où les costumes de Robinson Crusoé et de « hulas » sont plébiscités, pagne et chapeau tressé étant de rigueur. L’attaque de la base navale de Pearl Harbor dans la baie de Hawaï par les bombardiers japonais en 1941 met en partie fin à l’imaginaire. Malgré cela, James Michener remporte en 1948 le prix Pulitzer avec Tales of the South Pacific, récit d’anecdotes qui sera adapté à Broadway sous forme de comédie musicale.

Du livre à l’écran, de l’écran au bar

Blue Hawaii, avec Elvis Presley © D.R.

La figure du tiki fait son apparition aux côtés de la vahiné et d’autres symboles : palmiers, huttes, pirogues ou guitares hawaïennes. Il est impossible de déterminer la raison précise de l’avènement de l’idole comme symbole d’une génération. En 1947 un anthropologue, Thor Heyerdhal, voulant prouver que les Polynésiens sont originaires d’Amérique du Sud, construit un radeau surnommé « kon-tiki » et se laisse dériver : le récit de son voyage devient un best-seller et concourt à une meilleure connaissance de la région, popularisant le nom tiki dans la terminologie américaine.

Le tiki devint l’emblème de nombreux restaurants, bars et motels, et est accommodé à toutes les sauces : mugs, cendriers… L’intérêt pour l’idole primitive s’explique aussi par la diffusion de l’art océanien, en particulier par les artistes européens d’avant-gardes qui émigrent aux États-Unis pendant la guerre, et de plusieurs expositions sur le sujet comme South Seas Art au MoMA. Parallèlement, Hawaï devient le 50e Etat de l’union en 1959, et se mue en idéale destination de vacances, conjuguant exotisme et proximité. Les films avec Elvis Presley (Blue HawaiiGirls Girls Girls) participent à l’engouement pour l’île et imposent la chemise à fleurs comme l’accessoire indispensable.

Rapidement, le tiki se mue un genre architectural et décoratif à part entière, hybride entre styles traditionnel et artificiel, répondant aux envies de la classe moyenne prospère en désir d’ailleurs. La charpente en A, inspirée des toits pointus des cabanes en bambou, se répand, tout comme la couverture en paille et les totems décoratifs. Deux projets architecturaux sont emblématiques : les complexes de loisirs de Fort Lauderdale (Floride) qui prend pour emblème trois tiki cannibales, et Kahiki (Ohio), aujourd’hui désaffectés. Le style se propagea aux motels, bowlings, immeubles résidentiels, parcs d’attraction..

Post tiki

Dans les années 1960, la guerre du Vietnam et l’assassinat de John F. Kennedy font basculer l’Amérique dans une nouvelle époque. Le style tiki est relégué au kitsch par l’émergence d’une nouvelle génération, qui adopte un nouveau style de vie. La musique psychédélique remplace les tournées de chanteurs hawaïens. La marijuana et le LSD, les cocktails de papa.

Le style tiki refait son apparition au début des années 1990, avec l’émergence d’amateurs et de collectionneurs nostalgiques comme Sven Kirsten, commissaire de l’exposition au quai Branly qui à partir de 450 œuvres, photos, films, enregistrements et objets entend faire connaître ce mouvement pop au public français.

 

TIKI POP

24/06/2014 > 28/09/2014

Musée du quai Branly

PARIS

"Tiki Pop", c’est le prolongement d’un mythe dans la culture populaire américaine, celui du paradis des Mers du Sud, présenté à trav...

Exposition terminée
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