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L’ambitieux projet culturel de la Monnaie de Paris

Pascal Bernard 24 juin 2014

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La fin du mois d’octobre prochain s’annonce déjà riche en événements. Le 20 : l’inauguration de la Fondation Louis Vuitton au bois de Boulogne. Du 23 au 26 : la FIAC au Grand Palais. Le 25 : la réouverture conjointe du musée Picasso, confié à Laurent Le Bon, et de la Monnaie de Paris. Celle-ci ouvrira au public de manière inédite : présentation du projet.

La Monnaie de Paris © Gilles Targat.

Fondée en 864 par Charles II, la Monnaie de Paris est la plus ancienne des institutions françaises. Installée à l’origine sur l’île de la Cité à l’emplacement de l’actuel Palais de Justice, elle siège depuis 1775 quai de Conti, face au Louvre, dans le bâtiment conçu par Jacques-Denis Antoine. Coffre-fort du roi puis de la République, la Monnaie est restée fermée au public pendant de longs siècles pour des raisons évidentes de sécurité et de confidentialité. Depuis 1973, l’activité principale de la Monnaie – frapper les monnaies françaises -, a été délocalisée à Pessac, en Gironde, Paris ne conservant que les activités d’artisanat d’art. L’ensemble, établissement public à caractère industriel et commercial, est auto-financé à 100 %.

Depuis 2011, de grands travaux sont menés sur le site parisien pour le rendre plus visible et attractif au public. Coût total de l’opération : 70 millions d’euros. Le projet architectural confié à Philippe Prost consiste à ouvrir la Monnaie de Paris sur la ville, au moyen notamment de nombreux passages traversants, mais également de redonner de sa superbe au bâtiment et de retrouver la logique architecturale du XVIIIe siècle. Le projet comprend la restauration de la chapelle et de l’escalier d’honneur. Mais également le dégagement du petit hôtel de Conti construit par Jules-Hardouin Mansart et préservé par Antoine, jusque là englué dans la masse, par la création d’un jardin public.

Le président-directeur général de la Monnaie, Christophe Beaux, a pour ambition d’en faire un lieu phare « du dialogue entre la création contemporaine et les métiers d’art », où l’on trouvera également un restaurant gastronomique confié à Guy Savoy, et des boutiques d’artisanat de luxe.

Avant de débuter ses travaux, la Monnaie de Paris avait déjà organisé de nombreuses expositions d’art contemporain : Tadashi Kawamata (2008), David LaChapelle (2009) ou Willy Ronis (2010), pour ne citer qu’elles. Elle a continué à collaborer pendant sa fermeture avec plusieurs artistes comme Mohamed Bourouissa ou Karlheinz Stockhausen dans le cadre des Nuits Blanches 2012 et 2013, ou avec Michelangelo Pistoletto pour la Nuit des musées 2013.

Paul McCarthy, Chocolate Santa with Buttplug. Courtesy de l’artiste.

La programmation culturelle de l’établissement a été confiée à Chiara Parisi, ancienne directrice du Centre international d’art et du paysage de Vassivière, et co-directrice de l’édition 2013 de Nuit Blanche. Au cœur de son projet, les expositions, au rythme de quatre par an. Son programme sera inauguré en septembre sur le toit du bâtiment avec l’installation warholienne Your Name in Lights de John Baldessari, immense panneau lumineux de trente mètres de long sur lequel défileront pendant quinze secondes les noms de chacune des 100 000 personnes inscrites via internet.

Pour sa réouverture le 25 octobre, la Monnaie de Paris promet de créer l’événement avec l’artiste provocateur Paul McCarthy et sa Chocolate Factory, vraie usine de chocolat réactivée par des pâtissiers. La programmation est alléchante : les deux années suivantes on pourra voir le Musée d’Art Moderne conçu par Marcel Broodthaers, des expositions de Tatiana Trouvé, Pawel Althamer, Thomas Schütte et Chris Burden, et un group show sous le commissariat de Christian Boltanski et Hans Ulrich Obrist. Les expositions auront lieu dans les salons historiques de la Monnaie de Paris, avec lambris et dorures. En plus des expositions, Chiara Parisi propose un programme ambitieux d’événements, rencontres, et résidences. Un artiste contemporain sera invité chaque année dans les ateliers du quai de Conti et dans l’usine de Pessac pour un projet spécifique en lien avec la Monnaie. Les noms de Fabrice Hyber, Kerstin Brätsch, et Chantal Akerman sont déjà annoncés.

Début 2016 verra la création d’un parcours dans les ateliers et l’ouverture d’un musée de la Monnaie de Paris, constitué à partir d’une sélection des 140 000 objets de sa collection : outillages, médailles, pièces de monnaie, documentation connexe. La Monnaie de Paris renoue ainsi avec la vocation de valoriser, exposer et faire connaître son patrimoine matériel et son savoir-faire.

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