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La grotte Chauvet classée au patrimoine mondial de l’UNESCO

Magali Lesauvage 23 juin 2014

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L’exceptionnelle grotte Chauvet, témoignage unique au monde des premiers balbutiements de l’art, a été classé le 22 juin au patrimoine mondial de l’UNESCO. La caverne préhistorique devient le 39e site français de la prestigieuse liste.

Grotte ornée du Pont d’Arc, dite grotte Chauvet-Pont d’Arc, Ardèche © MCC/DRAC.

Le résultat était attendu depuis plusieurs semaines, mais ne faisait plus de doutes pour personne (une pétition avait rassemblé près de 30 000 signatures). On se demandait même pourquoi, depuis sa découverte il y a près de vingt ans, le 18 décembre 1994, la grotte Chauvet, en Ardèche, n’avait pas déjà été classée comme bien culturel sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est chose faite depuis hier, dimanche 22 juin, avec le vote à l’unanimité du Comité exécutif de la 38e session du Patrimoine mondial, qui a lieu à Doha, au Qatar, jusqu’au 25 juin.

Datée d’environ 36 000 ans, et cachée du monde depuis un éboulement il y a 20 000 ans, la Caverne du Pont d’Arc, dite grotte Chauvet (du nom de son découvreur, le spéléologue Jean-Marie Chauvet), est la plus grande caverne ornée au monde, et l’un des sites les plus anciens témoignant du tout début de l’art. Avec un millier de peintures et gravures représentant quelques 450 animaux de 14 espèces différentes, dont certaines disparues (bison, auroch, mammouth, panthère des neiges, lion, mégacéros, bouquetin…), mais aussi des représentations de vulves féminines, de personnages mi-hommes mi-animaux et des mains en négatif, c’est un témoignage sans équivalent de l’Aurignacien, période datée de 39 000 à 28 000 avant aujourd’hui, celle qui voit la naissance de l’art.

La richesse des œuvres de Chauvet, réalisées au charbon de bois, à l’argile et au calcite, dans des tons noirs, blancs et orangé, a convaincu l’UNESCO : « Leur qualité esthétique exceptionnelle témoigne d’une large gamme de techniques, notamment la maîtrise de la couleur, la combinaison peinture-gravure, la précision anatomique, la représentation tridimensionnelle et du mouvement ». Interrogé par Le Monde, le préhistorien Jean Clottes estime que « sa qualité esthétique suggère qu’il y a eu dans cette grotte, un ou plusieurs grands maîtres de l’art ».

Rares sont ceux qui ont pu visiter Chauvet, la grotte n’ayant jamais été ouverte au public, comme le fut Lascaux, aujourd’hui détériorée par la prolifération de champignons. Son accès nécessite par ailleurs un sérieux entraînement à la spéléologie (et à l’acrobatique). Afin de satisfaire la curiosité des amateurs d’art pariétal, une réplique a été réalisée à 7 km de là, sur 3000 m² (contre 8000 dans la vraie grotte), et ouvrira au printemps 2015. Les peintures ont été exécutées à la même échelle par des artistes utilisant les mêmes matériaux que leurs lointains ancêtres, tandis que l’odeur elle-même des caves a été reconstituée. Une expérience unique, comme celle racontée par Werner Herzog dans son documentaire en 3D, La Grotte des rêves perdus, sorti en 2011. 

Parmi les autres biens inscrits cette année au patrimoine mondial, et qui peuvent donner droit à des financements du World Heritage Fund, l’UNESO a retenu la citadelle d’Erbil, en Irak, le paysage viticole du Piémont, le site de Pergame, en Turquie, un réseau de routes de la soie en Chine, la ville de Djeddah, en Arabie saoudite, ou encore des tertres monumentaux vieux de 5000 ans dans la vallée du Mississippi.

 

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