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Rétrospective Fontana : le sculpteur révélé

Pascal Bernard 19 juin 2014

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Le musée d’Art moderne de la Ville de Paris consacre une rétrospective majeure à l’œuvre de Lucio Fontana (1899-1968). Plus de 200 sculptures, peintures, céramiques et environnements permettent d’offrir une vision d’ensemble de son travail, souvent réduit à ses toiles percées de trous (les Buchi) ou fendues (les Tagli).

Lucio Fontana, Il Guerriro (Le Guerrier), 1949, collection particulière © Galerie Karsten Greve/Photo Sasa Fuis, Cologne, Fondazione Lucio Fontana, Milano/by SIAE/Adagp, Paris 2014.

L’exposition couvre l’ensemble de l’œuvre de Fontana, depuis la fin des années 1920 jusqu’à sa mort en 1968, et permet de redonner à l’artiste la place qu’il mérite dans l’histoire de l’art du XXe siècle, tout en nuançant l’image qu’on peut en avoir. Car cette rétrospective ménage aux visiteurs de nombreuses surprises, parmi lesquelles la sculpture et la céramique, qui ont retenu toute notre attention.

Lucio Fontana naît en 1899 à Rosario, en Argentine. En 1927, il s’installe à Milan pour poursuivre ses études à l’académie de Brera, où il a pour professeur le sculpteur symboliste Adolfo Wildt. L’exposition du musée d’Art moderne de la Ville de Paris s’ouvre sur ses sculptures, part méconnue de son œuvre. Pas une seule toile trouée ou fendue à l’horizon des premières salles, mais une galerie de personnages, d’hommes forts et de femmes sensuelles : un pêcheur au trident, un athlète au repos, une femme avec des fleurs. Au début des années 1930, Lucio Fontana tente de se défaire de l’enseignement académique qu’il a reçu, abandonnant la tradition du marbre pour privilégier des matériaux comme le plâtre ou la terre cuite. Il élabore un style personnel figuratif, qualifié de « primitif », favorisant les formes schématiques et archaïsantes. Le vert du bronze et le marron de l’argile, rehaussés de peintures, préfigurent les teintes saturées des toiles futures.

« Je suis un sculpteur »

Interlude abstrait, en 1934-1935 Lucio Fontana crée un petit ensemble de sculptures : des plaquettes de ciments incisées de formes dessinées et des lignes en fil de fer fichées dans des socles, qui contrastent avec les œuvres précédentes et celles à venir, mais annoncent un aller-retour entre figuration et abstraction qui caractérise tout son œuvre.

A partir de l’année suivante, Lucio Fontana travaille chaque été à Albisola, cité balnéaire de la côte ligure, et haut lieu de l’artisanat céramique dans lequel séjourneront bien plus tard Wifredo Lam ou Asger Jorn. Dans l’atelier du céramiste Tullio Mazzotti, Fontana revient à la figuration et produit des formes issues de son environnement (crabe, palourde, corail, seiche…), et de superbes natures mortes : Banane et poireFleurs et papillons aux nuances colorées délicates, bleues, oranges, rosées. Les paillettes et éclats de verres de Murano qu’il utilisera plus tard dans ses toiles ne pourront rivaliser avec les beaux reflets nacrés de ces céramiques polychromes.

Fontana emprunte une technique habituellement dédiée à la fabrication de vases, et repense la forme de manière sculpturale. « Io sono uno scultore e non un ceramista » (Je suis un sculpteur et non pas un céramiste), affirme-t-il. Fontana produit également des céramiques de grandes dimensions, comme le Torso italico destiné à décorer un hall d’immeuble milanais, qui figure un empereur aux bras coupés, portant une cuirasse décorée de chevaux qui n’a rien à envier à l’Auguste honoré actuellement au Grand Palais.

 Un art paradoxal

En 1940, Lucio Fontana retourne en Argentine, où il élabore les théories spatialistes : réflexions autour de l’art, du temps et de l’espace. Le Manifeste blanc publié en 1946, inspiré par celui du futurisme, prône l’emploi de matériaux technologiques nouveaux, en phase avec le progrès. Lucio Fontana s’essaye au néon, et produit un premier environnement, reconstitué ici, mais n’abandonne pas pour autant la toile qui sert de support favori au nouveau cycle des Buchi (Trous) à partir de 1949. Les toiles sont perforées par l’artiste pour former des figures traversées par la lumière, démarche qu’il développe sur le métal ou la terre cuite.

Lucio Fontana travaillant à ses Nature © DR.

Paradoxalement, Fontana poursuit dans le même temps son travail de la céramique, et puise dans l’iconographie traditionnelle : scènes de batailles, guerriers, personnages de la commedia dell’arte, crucifix. Formes abstraites qui se dessinent au fur et à mesure qu’on avance vers elles, avec un excès de matière qui fait écho à la peinture qu’il applique sur ses toiles au couteau. Ces ouvres d’inspiration baroque, avec leur lignes tourmentées, trouveront leur aboutissement dans son projet pour la porte de la cathédrale de Milan, et dans la réalisation d’un monument funéraire pour la famille Chinelli, inspiré par la Victoire de Samothrace – ultime pied de nez aux futuristes qui dans leur manifeste affirmaient qu’une automobile de course est « plus belle que la Victoire de Samothrace ».

Ainsi les céramiques de Fontana constituent-elles la révélation de cette riche rétrospective, et témoignent d’un aller-retour permanent entre peinture et sculpture, figuration et abstraction. Lucio Fontana retournera à Albisola en 1959-1960 réaliser ses Nature (Natures) à forte charge érotique, boules de terre cuite comme tombées du ciel, fendues d’une large fissure qui font écho à ces Tagli (Fentes) si connues.

LUCIO FONTANA

25/04/2014 > 24/08/2014

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris (MAM)

PARIS

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Exposition terminée
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