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Martial Raysse, au-delà du Pop

Pascal Bernard 13 juin 2014

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Le Centre Pompidou consacre jusqu’au 22 septembre une importante rétrospective à Martial Raysse, l’un des plus importants artistes français vivants, l’un des plus mystérieux aussi. Cinquante ans de carrière racontés à travers plus de 200 œuvres, depuis les années 1960 jusqu’à aujourd’hui : peintures, sculptures, installations, films, photographies, et dessins sont réunis pour rendre compte de la richesse de sa production.

Martial Raysse, Soudain l’été dernier, 1963, Paris, Centre Pompidou © Philippe Migeat/Adagp 2014

Pour cette rétrospective, comme pour les précédentes consacrées à Henri Cartier-Bresson ou Simon Hantaï, une approche strictement chronologique a été privilégiée. L’exposition s’articule en deux grands ensembles, la période pop et les productions d’après 1975. Écartées les premières peintures et sculptures en autodidacte, la rétrospective s’ouvre sur ses assemblages d’objets de consommation courante neufs (boîtes de lessives, conserves, jouets en plastiques…), collectés dans les rayons de supermarchés.

Sous le Pop, la plage

L’artiste déclare en 1960 : « Les Prisunics sont les nouveaux musées d’art moderne ». La même année, Martial Raysse signe le manifeste des Nouveaux Réalistes, alter-ego européen du Pop Art aux Etats-Unis. Les deux courants partagent une même vision de la société de consommation, ainsi qu’une esthétique vivement colorée. Mais à la différence d’Andy Warhol, Martial Raysse choisit de conférer le statut d’icônes à des anonymes, pas à des célébrités comme Marilyn Monroe, Liz Taylor ou Jackie Kennedy. Les seules stars de Martial Raysse sont les chefs-d’œuvres de la peinture classique : la Suzanne du Tintoret, Giovanna Tornabuoni de Ghirlandaio, la Grande Odalisque d’Ingres, détournées de cartes postales « made in Japan ».

A Nice, aux côtés d’Arman ou d’Yves Klein (qui l’a immortalisé en bleu et or), il développe une série autour de la plage, bienvenue avant l’été (femmes en maillot, pin-ups jouant au ballon), poussée à son plus haut point avec l’environnement Raysse Beach créé en 1962 et reconstitué ici. En plus des objets de la vie courante (serviette de plage, parasol, chapeau et crème solaire pour la série Soudain l’été dernier), Martial Raysse introduit dans ses toiles le film et le néon (en plus de produire des sculptures et des vidéos).

Les œuvres iconiques de la période pop lui permettent de rencontrer un rapide succès en France et à l’étranger. Ce sont aussi celles qui aujourd’hui lui confèrent le titre d’« artiste français vivant le plus cher » (au coude-à-coude avec Pierre Soulages). Sont pourtant absentes ici les toiles qui ont battu des records de vente : Quinze août (vendue 1,8 millions d’euros), ou L’Année dernière à Capri (titre érotique) adjugée 4,8 millions d’euros chez Christie’s en 2011.

 Après le Pop

Rapidement, l’artiste s’éloigne de cet art pop, les couleurs perdent en éclat. Entre 1968 et 1972 il quitte les États-Unis où il s’était installé, commence les « tableaux à géométrie variable », produit l’une des premières œuvres interactives de l’histoire, réalise au Maroc le film Le Grand Départ. Un titre prémonitoire : Martial Raysse rompt dans les mêmes années avec le monde de l’art.

Loin des galeries, et des modes, Martial Raysse opère un tournant radical, et renouvelle en profondeur sa peinture. En 1977, il réalise la série Spelunca, qui annonce l’ensemble des œuvres produites jusqu’à aujourd’hui. Sa peinture se fait érudite, se charge de références mythologiques, littéraires ou personnelles : toiles déconcertantes parce que difficilement interprétables. L’artiste se saisit de l’héritage de l’histoire de l’art, les primitifs italiens ou Ingres l’inspirent, il emploie des techniques ancestrales comme la détrempe et conçoit un grand programme décoratif digne de Giotto pour la chapelle Antoine à Golfe-Juan Vallauris, le village qui l’a vu naître en 1936.

Martial Raysse, Poissons d’avril, 2007, Pinaul Collection © Arthus Boutin/Adagp 2014

Dans la dernière partie de la rétrospective, les (très) grands formats (jusqu’à 9 mètres de largeur), auxquels il travaille depuis le début des années 1990 sont mis à l’honneur. L’œil se perd dans ses très grandes compositions fourmillant de détails, qui nécessitent plusieurs mois, voire plusieurs années de travail. Le spectateur se trouve autant attiré que repoussé par ces toiles au caractère « grotesque ».

A priori rien de commun entre les œuvres de la période pop et les peintures d’après 1977. Mais à bien y regarder, on y retrouve les références littéraires de celui qui adolescent voulait être écrivain, ainsi que les portraits de femmes : Miss Bagdad, Marianne, Yasmina et Yolanda ont remplacé Suzanne et Giovanna.

Si l’exposition du Centre Pompidou s’achève un peu rapidement, le visiteur pourra poursuivre sa découverte de l’œuvre de l’artiste dans Paris. Parmi les œuvres publiques de Martial Raysse : une sculpture et les mosaïques du Conseil économique et social à Paris (1989), une installation à la BNF (1996), les vitraux de l’église Notre-Dame de l’Arche d’Alliance (2001), des sculptures en néon pour les cinémas du MK2 Quai de Loire et de la BNF (2005-2013)…

MARTIAL RAYSSE

14/05/2014 > 22/09/2014

Centre Pompidou

PARIS

Rassemblant une large sélection de peintures, de sculptures, de films et de dessins, cette rétrospective retrace à travers plus de 200 œ...

Exposition terminée
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