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Quand le football inspire l’art

Magali Lesauvage 11 juin 2014

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Quelle que soit l’équipe que l’on soutient, le football c’est d’abord une culture. Ses héros, ses règles et ses mythes inspirent aux artistes des critiques autant que des hommages. Alors que débute la Coupe du Monde 2014 dans un Brésil bouillant, panorama en 22 images des œuvres d’art contemporain inspirées par l’univers du foot.

Douglas Gordon et Philippe Parreno, Zidane, un portrait du XXIe siècle, 2006.

Sorti en 2006, le film sur Zinédine Zidane réalisé par Philippe Parreno et Douglas Gordon retrace un match de la Liga. L’ex-numéro 10 est filmé en temps réel par 17 caméras pour obtenir une image d’une qualité extrême. Un match entier transformé en film d’action, l’œuvre de foot la plus célèbre.

Martin Parr, Yokohama Stadium, Dynasty Cup, Japon vs Corée du Sud, 1998 © Martin Parr/Magnum Photos.

Martin Parr s’amuse des accoutrements des supporters et des gestes de victoires toujours identiques, que l’on soit japonais ou italien. Le match est ravalé dans le lointain, dans le flou.

Gabriel Orozco, Jump Over, 1996, collection particulière. Courtesy de l’artiste et Galerie Chantal Crousel, Paris.

Pour le Mexicain Gabriel Orozco, le football est une danse graphique dans laquelle sont engagés les corps de sportifs équilibristes. Des formes géométriques se superposent à leurs gestes, et l’image devient tableau.

Umberto Boccioni, Dynamism of a Soccer Player, 1913, New York, Museum of Modern Art.

Dans ce tableau de 1913, le futuriste Umberto Boccioni applique les principes qu’il a théorisés dans son manifeste de 1910 : « Pour peindre une figure humaine, il ne faut pas la peindre ; il faut rendre la totalité de l’atmosphère qui l’entoure… Le mouvement et la lumière détruisent la matérialité des corps ». Ici le footballeur n’est que pure énergie.

Kehinde Wiley, Samuel Eto’o, 2010, courtesy galerie Daniel Templon, Paris.

Sélectionné dans l’équipe du Cameroun pour la Coupe du Monde au Brésil, Samuel Eto’o, attaquant du club de Chelsea, est peint ici par l’artiste très en vogue Kehinde Wiley, la marque de son sponsor bien en évidence. Quand marché de l’art rime avec marketing.

Khaled Jarrar, Football Shoes, 2013, courtesy galerie Polaris, Paris.

Actuellement exposé à la galerie Polaris, à Paris (lire notre sélection d’expos en galeries), l’artiste palestinien Khaled Jarrar a réalisé ces chaussures en béton en forme de contre-pied au geste répétitif de son fils, tapant dans un mur avec un ballon de foot.

Michael J. Browne, The Art of the Game, 1997, Manchester, National Football Museum.

Triomphal, ce portrait d’Eric Cantona en Christ empereur illustre la ferveur du peuple britannique envers « King Eric », attaquant à Manchester United de 1992 à 1997. Conservé au musée national du football de Manchester, la toile s’inspire de la peinture de la Renaissance classique, entre Mantegna et Poussin.

Roderick Buchanan, Work in progress, 1995, courtesy Goodwater Gallery, Toronto.

L’artiste Roderick Buchanan a photographié des joueurs amateurs de football à cinq de Glasgow, portant des maillots de l’Inter de Milan ou du Milan AC, en écho à la rivalité entre les deux équipes historiques de Glasgow, les Rangers et les Celtics.

Benedetto Bufalino, Le stade de foot dans le ciel, 2010.

Dans ce photomontage, l’artiste lyonnais Benedetto Bufalino livre une image onirique du stade de foot déployé dans le ciel en traces de fumée.

Thierry Fontaine, Le Fabricant de rêves, 2008, courtesy galerie Les Filles du Calvaire, Paris.
Attentif aux mascarades, Thierry Fontaine photographie ici un vendeur de souvenirs pour touristes peignant les motifs géométriques de ballons de football sur des noix de coco, dont la forme écrasée dégonfle les certitudes.

Harun Farocki, Deep Play, 2007, courtesy galerie Thaddaeus Ropac, Salzburg © Harun Farocki.

Deep Play d’Harun Farocki reconstitue la finale de la Coupe du Monde 2006. À l’aide des écrans de contrôle qui ont servi à analyser le match France-Italie, il fait une analogie entre le mouvement des footballeurs et celui de détenus d’une prison, tout aussi scrutés.

Adel Abdessemed, Qui a peur du grand méchant loup ?, 2012, courtesy David Zwirner © Adel Abdessemed.

France-Italie, c’est aussi le fameux « coup de boule » de Zinédine Zidane. Le voici ici immortalisé par Adel Abdessemed.

Massimo Furlan, Numéro 10, performance réalisée en août 2006 au Parc des Princes, Paris.

Massimo Furlan s’intéresse à un autre numéro 10 : Michel Platini. Sur la pelouse du parc des Princes, l’artiste a rejoué le match France-Allemagne de 1982 en transformant les mouvements du joueur mythique en une chorégraphie pleine d’humour et de grâce.

Huang Yong Ping, A football match of June the 14th 2002, 2003, Pinault collection.

« Le 14 juin 2002 une météorite nommée « ASTEROIDE 2002 MN » est passée près de la terre à la vitesse de 10,5 km à la seconde, explique l’artiste Huang Yong Ping. Elle s’est approchée de la terre jusqu’à une distance de 120 000 km. Elle avait la taille d’un terrain de football. C’est cette météorite qui m’a donné l’idée de faire un match de football entre les soldats américains et les musulmans masqués. J’ai accroché la « météorite » et le « terrain de football » ensemble. Cent-soixante chauves-souris suspendues la tête en bas participent à ce match. C’est un rêve du monde d’aujourd’hui ».

Richard Swarbrick, Gareth Bale – Tottenham VS Inter Milan, 2011.

Plus poétique, la vidéo réalisée à partir de roughs (ébauches) d’imprimerie par l’artiste britannique Richard Swarbrick reconstitue un match de la Ligue des Champions 2011, opposant Tottenham à l’Inter de Milan. Entre film et peinture, la séquence de but, signée du joueur de Tottenham Gareth Bale, acquiert une dimension classiciste.

Wim Delvoye, Saint Stephanus II, 1990, courtesy galerie Perrotin © ADAGP/Studio Wim Delvoye.

Attention fragile ! Cette cage de buts (en réalité ceux d’un terrain de handball) réalisée par l’artiste belge Wim Delvoye en verre coloré et émail reprend la tradition des vitraux médiévaux, et rappelle au passage que le foot est pour beaucoup une forme de religion.

Pierrick Sorin, Pierrick et Jean-Loup font du foot, 1994.

Dans cette vidéo de la série des Aventures de Pierrick et Jean-Loup, l’artiste nantais Pierrick Sorin assumer les rôles de l’un et de l’autre dans une mise en scène burlesque à la Chaplin. Une vision assez déceptive de la partie de foot improvisée entre potes.

Fabrice Hyber, P.O.F. n°65 – Ballon carré, 1998-2006, courtesy de l’artiste.

Entre le dé et le ballon rond, ce Prototype d’Objet en Fonctionnement (P.O.F.) de Fabrice Hyber promet des parties carrées pas tout à fait comme les autres.

Pied la Biche, terrain de foot situationniste, Vénissieux 2009 © DR.

Le collectif Pied La Biche a ressuscité en 2009 à l’occasion de la Biennale de Lyon le football à trois côtés imaginé par le situationniste Asger Jorn. Sur un terrain hexagonal, trois équipes s’affrontent pour sortir du traditionnel schéma dialectique, perçu comme « une analogie de la lutte des classes » pour rentrer dans un rapport dit triolectique. Question : la triolectique peut-elle casser des briques ?

Priscilla Monge, Untitled, 2006 © DR.

Autre gazon peu commun, celui de Priscilla Monge, qui tient plus du parcours du combattant ou du skate park que du terrain de foot, voire d’une réminiscence de Verdun.

Laurent Perbos, Le plus long ballon du monde, 2003, courtesy de l’artiste.

Après le ballon carré de Fabrice Hyber, le ballon long de Laurent Perbos, dont la surface démultipliée évoque l’aérodynamisme du projectile ainsi transformé en grand boudin.

Pravdoliub Ivanov, There Are No Perfect Games, 2008 (détail), courtesy de l’artiste.

Beauté mathématique enfin, avec les objets trouvés modifiés de l’artiste bulgare Pravdoliub Ivanov, dont les ballons ronds sont transformés en belles élucubrations géométriques.

 

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