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Au Palais de Tokyo, Sugimoto invite à explorer les ruines de notre civilisation

Pascal Bernard 10 juin 2014

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L’exposition de l’artiste japonais Hiroshi Sugimoto, Aujourd’hui le monde est mort [Lost Human Genetic Archive], marque l’un des grands temps forts de la nouvelle saison L’Etat du ciel au Palais de Tokyo. A voir jusqu’au 7 septembre.

Vue de l’exposition de Hiroshi Sugimoto Aujourd’hui, le monde est mort au Palais de Tokyo © André Morin/Palais de Tokyo.

L’expo signe le retour à Paris de l’artiste, né en 1948, quelques mois après ses expositions à la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent (Accelerated Buddha) et dans les salons de la maison Boucheron, ainsi que la programmation au Théâtre de la Ville de son spectacle de théâtre bunraku, Sonezaki Shinjû.

Il ne faut pas s’attendre à voir une exposition de photographies, comme Hiroshi Sugimoto a pu en montrer aux dernières Rencontres d’Arles, en 2013, ou au LaM en 2012, bien qu’on retrouve au Palais de Tokyo, dispersés, quelques-uns de ses travaux les plus connus : les horizons des Seascapes, les éclairs de Lightning Fields, ou les Portraits de dirigeants politiques pris au musée Tussauds. Hiroshi Sugimoto a élaboré pour le Palais de Tokyo une exposition dont il développe le format depuis une dizaine d’années, qui consiste à associer des objets de sa collection personnelle avec ses propres travaux, et qui donne à chacune d’elles l’allure d’un cabinets de curiosité.

Pour Aujourd’hui le monde est mort [Lost Human Genetic Archive], l’exposition la plus importante jamais réalisée en Europe par l’artiste, il transmet aux visiteurs une vision de l’histoire du monde depuis l’apparition de la vie, il y a 500 millions d’années, jusqu’à la décadence de la civilisation humaine dans un futur plus ou moins proche. Hiroshi Sugimoto propose 33 scénarios de fin du monde, racontés par autant de personnages fictifs : l’artiste contemporain, le généticien, l’astrophysicien, l’ingénieur en robotique, le dictateur, le vendeur de voitures, l’architecte… Visions post-apocalyptiques motivées par la conscience de vivre dans un monde qui court à sa perte, qui subit la menace permanente du progrès et de la nature (il expose par exemple l’une de ses images de la Cène endommagée par l’ouragan Sandy). Ces récits sont écrits à la main, accrochés aux cimaises tout au long de l’exposition, et chacun débute par les mots « Aujourd’hui, le monde est mort. Ou peut-être hier je ne sais pas », en référence à l’incipit du roman L’Étranger d’Albert Camus.

Vue de l’exposition de Hiroshi Sugimoto Aujourd’hui, le monde est mort au Palais de Tokyo © André Morin/Palais de Tokyo.

Que laisserons nous à la postérité ?

« Les civilisations naissent, s’étendent, puis déclinent inévitablement. L’Égypte ancienne, la Grèce antique, le monde des Celtes ou des Incas ont laissé en disparaissant des ruines splendides », répond Sugimoto. Inspiré par l’architecture si particulière du musée, il conçoit l’exposition comme une ruine, en articulant le parcours autour de tôles rouillées, et des cimaises des précédentes expositions. Les témoignages de fin du monde s’accompagnent des vestiges laissés par l’homme après sa disparition. On y croise en vrac des objets d’époques et de cultures diverses : outils du néolithique, objets de la Première Guerre mondiale, de la conquête spatiale provenant tous de sa collection personnelle. Le visiteur se mue en archéologue, explorant les vestiges de sa propre civilisation. Entre passé, présent et futur, la question du temps traverse l’exposition, tout comme l’ensemble du travail de l’artiste, en particulier dans la série de photographies Theaters (absentes ici) obtenues en exposant la pellicule pendant l’intégralité de la durée de projection d’un film.

« On trouvera dans cette exposition les pires scénarios nés de mon imagination, concernant l’avenir de l’humanité. Il revient aux jeunes générations de prendre les mesures possibles pour que cela ne devienne pas réalité », conclut Sugimoto. Extrêmement dense, l’exposition nécessite plusieurs visites pour en saisir tous les détails. Éclairée seulement par la lumière naturelle, elle peut être visitée chaque soir à la nuit tombée à la lampe-torche, expérience qui ajoute encore de la force à son propos.

 

Hiroshi Sugimoto expose également à la galerie des Cahiers d’arts, rue du Dragon à Paris, à partir du 11 juin.

AUJOURD’HUI, LE MONDE EST MORT - HIROSHI SUGIMOTO

25/04/2014 > 07/09/2014

Palais de Tokyo

PARIS

À travers une œuvre où la maîtrise technique se double d’une solide armature conceptuelle, Hiroshi Sugimoto (né en 1948, vit et trava...

Exposition terminée
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