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Biennale de Dakar : plusieurs expos traitant de l’homosexualité censurées

Pascal Bernard 5 juin 2014

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Présentées dans le cadre du off de Dak’art, 11e Biennale d’art contemporain de Dakar, plusieurs expositions abordant la question de l’homosexualité ont été suspendues jusqu’à nouvel ordre par le gouvernement sénégalais.

Vue de l’exposition Imagerie précaire, visibilité gay en Afrique, Raw Material Company © Purple.fr.

Parmi elles, celle organisée par la Raw Material Company, un centre dédié à l’art, la connaissance et la société. Intitulée Imagerie précaire, visibilité gay en Afrique, elle réunissait les œuvres de cinq artistes originaires de toute l’Afrique : Kader Attia (Algérie), Andrew Esiebo (Nigeria), Zanele Muholi (Afrique du sud), Amanda Kerdahi M. (Égypte) et Jim Chuchu (Kenya) autour de l’identité homosexuelle. Kader Attia y présentait la vidéo Collage qui témoigne de la vie de transsexuels entre Alger et Bombay, et que l’on a pu voir à Paris dans le cadre de l’exposition Paris-Delhi-Bombay au Centre Pompidou et Construire, Déconstruire, Reconstruire au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris). Une censure qui fait lointainement écho à celle de l’exposition du photographe Gonzalo Orquin, montrant des couples de même sexe s’embrasser dans des lieux de culte, par le Vatican en octobre dernier.

L’exposition qui a ouvert le 9 mai devait se poursuivre jusqu’en juillet. Malgré les polémiques suscitées par l’ouverture d’une telle exposition, les organisateurs étaient confiants quand à la tenue de l’événement. Jusqu’à ce que la devanture du centre soit vandalisée dans la nuit du 12 au 13 mai, et que dans la foulée sa fermeture sans délai soit exigée par plusieurs organisations religieuses.

La censure de cette exposition en particulier, et de plusieurs autres abordant la question de l’homosexualité par le gouvernement sénégalais sous la pression d’intégristes religieux, ainsi que l’instrumentalisation de cette manifestation par les mêmes personnes est à déplorer ; elles témoignent de la montée de l’homophobie dans certains milieux sénégalais. Rappelons que trente-huit pays d’Afrique (sur cinquante quatre) ont dans leur législation des textes qui criminalisent les relations sexuelles consenties entre personnes de même sexe.

 

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