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L’architecture au service de la guerre

Gwenael Ameline de Cadeville 28 mai 2014

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La Cité de l’architecture et du patrimoine explore la création architecturale pendant la Seconde Guerre mondiale. Comblant une lacune historique, Architecture en uniforme examine les avancées techniques et ingéniosités qui furent léguées en héritage à l’architecture moderne.

Arsenal de tanks Chrysler, vue du bâtiment d’assemblage, Warren Township, Michigan, Albert Kahn Associates arch., 1940-1942 © Bill Hedrich/Chicago History Museum.

Véritable guerre totale, la Seconde Guerre mondiale a mobilisé toutes les ressources humaines disponibles, architectes inclus, qui ont été amenés à répondre aux diverses exigences des belligérants. Contribuant non seulement à la construction et à l’organisation des usines d’armement à l’arrière, aux bâtiments légers et mobiles nécessaires sur les champs de batailles, aux monuments commémoratifs d’après-guerre, les architectes furent également amenés à réfléchir, avec moins de fierté, à la conception des camps de concentration et à la préparation de la destruction des villes.

Architecture industrielle et projets pour la guerre

Des architectes novateurs de tous les pays ont dessiné les nombreuses usines nécessaires à la production des avions, des véhicules ou des armes. Parmi eux, l’Américain Albert Kahn édifie entre 1940 et 1942 le Chrysler Tank Arsenal à Warren Township, Michigan. Ce bâtiment est constitué d’une enveloppe vitrée de 400 m de long sur 100 m de large, où les différentes étapes de la production sont organisées de façon linéaire pour gagner en efficacité. En France, Auguste Perret imagine l’architecture de la monumentale usine de transformation d’alliages alumineux d’Issoire afin de répondre aux besoins de l’industrie de l’époque.

Auguste Perret, Perspective intérieure des laminoirs de l’usine de la Société centrale des alliages légers, Issoire,1940 © Fonds Auguste Perret et Perret Frères.

Mais en temps de guerre, ces grandes surfaces industrielles sont extrêmement sensibles car elles sont les cibles des bombardements. Pour les protéger, certains architectes ne manquent pas d’imagination. Dans le centre et le sud de l’Allemagne se développe ainsi un réseau d’usines souterraines comme celle de Messerschmitt, pensée par l’architecte Stuttgart Eberhard, et où sont produits des avions utilisés par la Luftwaffe. D’autres comme le Britannique Hugh Casson élaborent des systèmes de camouflage pour rendre invisibles les usines aux yeux des aviateurs.

Outre les projets industriels, les architectes prévoient également des structures légères et mobiles adaptées aux déplacements fréquents sur les champs de batailles. Parmi celles-ci, les huttes Quonset de l’architecte allemand Otto Brandenberger connurent un grand succès, permettant l’hébergement des troupes. Ce sont aussi les architectes qui conçoivent les camps de concentration. Les plans du camp d’Auschwitz sont dessinés par Fritz Ertl, ancien étudiant du fameux Bauhaus de Weimar. Par ailleurs, utilisant cyniquement toutes les compétences dont ils disposent, les Nazis réquisitionnent et obligent les architectes enfermés dans les camps à imaginer certains bâtiments. Ainsi, Szymon Syrkus, pionnier de l’architecture moderne en Pologne, arrêté comme résistant, travailla à la direction de la construction des serres horticoles du camp.

L’architecture de guerre, source d’inspiration pour l’architecture moderne

Paul Colin, Affiche de l’Exposition des Techniques Américaines de l’habitation et de l’urbanisme, 1946 © Atelier photographique des Archives Nationales.

Engagée dans les années 1920, la modernisation technique s’est ainsi poursuivie tant du côté des Alliés que de celui des forces de l’Axe. La guerre fait appel à toutes les formes d’expertise architecturale. Elle induit des innovations radicales grâce aux nouveaux matériaux, à de nouvelles façons de produire et conduit à ce qui est sans doute la première forme d’architecture durable, économe en énergie et fondée sur le recyclage.

Après la guerre, l’architecture se met au service de la commémoration et de nombreux mémoriaux sont édifiés dans toute l’Europe. Les découvertes, les réflexions théoriques, les normes en matière de construction produites pendant le conflit mondial seront ensuite reprises par les générations futures, marquant profondément l’architecture moderne.

 

ARCHITECTURE EN UNIFORME

24/04/2014 > 08/09/2014

Cité de l’architecture et du patrimoine

PARIS

L’exposition rend compte des conséquences que le Second conflit mondial a eues sur l’environnement bâti, révélant les développement...

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