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Piscine Molitor : les défenseurs du patrimoine dénoncent une imposture

Gwenael Ameline de Cadeville 21 mai 2014

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Rouverte le lundi 19 mai, la célèbre piscine Molitor est dorénavant un hôtel de luxe et un club privé très sélect. Certains qualifient cette rénovation d’« imposture patrimoniale » et dénoncent la triste « mercantilisation du lieu ».

Vue du bassin d’été dans son état actuel après reconstruction © Photo : Joyce Attali

Ouverte en 1929, la piscine Molitor était un joyau de l’Art déco et une piscine municipale accessible à tous. Malheureusement aujourd’hui elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. Didier Rykner, fondateur de la Tribune de l’Art, s’insurge contre la désinformation qui règne autour de cette  « rénovation », déclarant : « Non, la piscine Molitor n’a pas été restaurée. Non, elle ne connaît pas une deuxième vie. La piscine Molitor, celle construite par Lucien Pollet, a été entièrement détruite. (…) Puis elle a été reconstruite « à la manière de ». Il s’agit en réalité d’un faux ». C’est aussi l’avis du blogueur de L’abeille et l’architecte qui affirme que « la communication ou plutôt le storytelling autour de la soi-disant réouverture de la piscine Molitor nous montre à quel point nous sommes entrés dans cette ère où la désinformation, la tromperie et la duperie font lois », et diffuse une photo aérienne de Google Earth montrant le bâtiment rasé à l’intérieur de ses murs.

Pour prouver ces accusations, Didier Rykner compare des photos de la piscine Molitor prises avant les travaux et celles prises après la  reconstruction. Ainsi on découvre que l’ancienne façade est écrasée par une surélévation qui lui donne un aspect totalement différent. Cette élévation se retrouve également à l’intérieur, la piscine accueillant désormais un hôtel de prestige. Quant aux cabines autour du bassin d’été, ce ne sont plus que des décors. En bref, l’architecture mêlant de rares vestiges de l’ancien bâtiment à des espaces complètement contemporains n’a vraiment plus rien à voir avec l’authentique piscine Molitor.

Même constat pour Jean-François Cabestan, historien de l’architecture, dont les propos sont rapportés dans un article du Monde : « C’est aberrant. Il valait mieux refaire autre chose, faire preuve d’ambition ! Mais c’est le goût du lucre et l’imposture patrimoniale qui ont triomphé ».

Que penser alors de cette obsession à vouloir détruire notre patrimoine ? Entre cette piscine et la Samaritaine, dont on évoquait ici l’annulation in extremis d’une partie du projet de rénovation conduit par LVMH par le tribunal administratif de Paris, allons-nous vers une défiguration de la capitale au profit de projets commerciaux ?

Vue du bassin d’été en 1947 © Photo : Roger-Viollet/Paris.fr

Une « destruction de l’esprit de Molitor »

En plus de cette quasi-déconstruction, c’est l’esprit propre à ce bâtiment emblématique qui a été réduit à néant. Comme le montrent les clichés pris par le photographe Gilles Rigoulet dans les années 1980, actuellement exposés à la galerie Caroline Tresca, cette piscine était un lieu convivial et accessible à tous. Transformée en complexe de luxe et hôtel cinq étoiles par les groupes Bouygues, Colony Capital et Accor, qui ont conclu avec la ville un bail emphytéotique de 54 ans, cette piscine ne sera accessible qu’aux plus fortunés. Il faudra, en effet, débourser 180 euros pour y accéder une journée et 3300 euros pour un abonnement à l’année.

Jack Lang, qui s’était battu pour faire classer la célèbre piscine parisienne lorsqu’il était ministre de la Culture, a déclaré être « choqué » par la « mercantilisation du lieu». « Avant, Molitor était accessible, a rappelé l’ancien ministre. Je ne suis pas contre l’appel à des capitaux privés (…), mais les lieux doivent être ouverts à un large public. Je suis heureux d’avoir contribué à la sauvegarde de ce lieu unique, mais je regrette la destruction de l’esprit de Molitor ».

 

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