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« Le tatouage, c’est d’abord une expérience personnelle »

Magali Lesauvage 5 mai 2014

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Événement très attendu du printemps, l’exposition Tatoueurs, tatoués au musée du quai Branly accompagne une « tattoomania » croissante. Bientôt « tous tatoués » ? Pour Anne & Julien, fondateurs de la revue HEY! et commissaires de l’expo, il s’agit avant tout d’une « expérience personnelle », tant pour le tatoué que pour le tatoueur. Rencontre.

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Tatouage traditionnel japonais. Photo : Tatttooinjapan.com/Martin Hladik.

[exponaute] Comment avez-vous conçu cette exposition consacrée au tatouage ?

[Anne & Julien] L’invitation nous a été faite par Stéphane Martin, président du musée du quai Branly, qui a vu les expositions que nous avons organisées à la Halle Saint-Pierre autour de la culture pop, et où il était beaucoup question de tatouage. Pour Tatoueurs, tatoués nous avons choisi deux angles : celui d’un art pratiqué depuis toujours et à peu près partout (les premiers témoignages datent d’environ 45 000 avant J.-C.), et celui de sa présence dans l’Occident moderne, du XIXe siècle à l’omniprésence actuelle. Autour de ces deux axes s’entrelacent des approches géographiques et ethnographiques. C’est la première expo au monde qui envisage le sujet de façon globale, à toutes les époques et sur tous les continents.

Comment expliquer un tel succès du tatouage depuis une vingtaine d’années, tant dans les pratiques devenues mainstream (on estime par exemple qu’aux États-Unis un quart de la population est tatouée) que comme objet d’étude, ce dont témoigne cette exposition ?

Il y a un réel renouveau, que l’on a pu observer d’abord dans les populations locales ayant une pratique traditionnelle du tatouage, comme à Bornéo ou aux Philippines, notamment par l’intermédiaire de tatoueurs comme Zel Festin, qui a entrepris des recherches auprès des tribus autochtones. On observe la même chose en Polynésie. Puis cela s’est étendu à l’Europe et à l’Amérique. Mais il est important de souligner qu’il s’agit toujours de démarches individuelles, tant de la part des tatoués que des tatoueurs. Et l’un des facteurs majeurs du succès actuel, c’est Internet, qui va avec la diversification des techniques et des motifs.

« Il y a autant de démarches que de tatoués »

Marins à Hambourg, 1966. Photo courtesy Herbert Hoffmann and Galerie Gebr. Lehmann Dresden/Berlin.

Vous avez souhaité la présence de tatoueurs dans l’exposition, en particulier par le biais de « volumes », ces sculptures très réalistes tatouées par des maîtres actuels. La performance live et la dimension spectaculaire, que l’on peut observer dans un événement comme le Mondial du tatouage, sont-elles des éléments majeurs de cet art ?

Selon nous, non. L’histoire du tatouage est transmise par les tatoueurs, non pas par les tatoués. Se faire tatouer, c’est à chaque fois une expérience personnelle, qui était autrefois réservée à quelques individus, dans des milieux beaucoup plus fermés. On voit par exemple beaucoup de cas de personnes ayant entretenu une relation épistolaire avec leur tatoueur avant de passer à l’acte, dans une démarche qui va à l’encontre d’une certaine industrialisation et de la surmédiatisation actuelles. Cependant on a voulu que les tatoueurs les plus reconnus aujourd’hui soient présents dans l’expo, mais cela ne peut être que de manière indirecte – il était impossible d’envisager le tatouage sur place pour des raisons d’hygiène. De nombreux événements, rencontres, etc. sont en revanche prévus.

Le tatouage est aujourd’hui considéré par beaucoup comme un art à part entière, mais conserve-t-il sa dimension d’art populaire ?

Plus qu’auparavant, on met en avant les tatoueurs comme des artistes, mais la dénomination de « tattoo artists » existait déjà au XIXe siècle. En revanche, la popularisation du tatouage, et le fait que chacun désormais puisse s’acheter une machine et apprendre à tatouer fait que la notion d’« art » se dilue. On a une vision simpliste du tatoueur comme reproducteur de modèles, mais nombre d’entre eux créent des pièces uniques, ce qui contredit l’idée d’art populaire. Nous défendons le tatouage comme une pratique artistique, pas seulement artisanale, et nous voulons montrer comment, d’art populaire, il s’est installé dans le monde de l’art.

« La dimension identitaire a disparu »

Isabel Muñoz, Portrait de Maras, 2006.

Dans ce contexte de démocratisation, la dimension identitaire du tatouage persiste-t-elle ?

Non, la dimension identitaire a disparu depuis une vingtaine d’années. Il n’y a plus de revendication ni de « tribu » de tatoués à proprement parler, mais une population qui s’identifie au « beau » tatouage. Contrairement à ce que l’on observait auparavant, il y a autant de démarches différentes que de tatoués.

Pourquoi se tatoue-t-on ?

Nous n’avons pas de réponse à cela. Chacun a ses raisons. D’ailleurs, ça n’est pas parce que tout le monde est tatoué que tout le monde s’intéresse au tatouage…

Propos recueillis par Magali Lesauvage.

À lire : catalogue de l’exposition Tatoueurs, tatoués, coédition Musée du quai Branly – Actes Sud Beaux Arts, 304 pages, 45 euros.

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Exposition terminée
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