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À Rouen, le mythe des cathédrales

Gwenael Ameline de Cadeville 5 mai 2014

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Le musée des Beaux-Arts de Rouen propose une vaste exposition sur un thème jamais traité jusqu’ici : la cathédrale comme source d’inspiration artistique et emblème national. À travers près de 250 œuvres, Cathédrales, 1789-1914 : un mythe moderne fait découvrir aux visiteurs deux siècles de renaissance artistique. 

John Constable, La Cathédrale Salisbury vue de la propriété de l’évêque, vers 1825, New York, The Metropolitan Museum of Art.

Tombée en désuétude pendant plusieurs siècles, la cathédrale gothique, architecture médiévale par excellence, a connu au XIXe siècle une véritable renaissance. La monarchie, l’Empire et même la République ont fait de ce monument religieux un symbole de l’identité nationale, tandis que la cathédrale a été un sujet privilégié pour les écrivains, musiciens et peintres.

Cathédrales de verdure

Redécouvrant le Moyen Âge, le romantisme remet au goût du jour l’art gothique. Dans les pays germaniques, Goethe réactive l’imaginaire médiéval notamment dans sa célèbre pièce de théâtre Faust ; en France, Victor Hugo prend la cathédrale parisienne comme figure principale de son roman Notre-Dame de Paris.

En Angleterre, ce sont les peintres John Constable, Samuel Prout ou encore William Turner qui subliment le motif des cathédrales. Dans La Cathédrale Salisbury vue de la propriété de l’évêque, Constable replace l’architecture gothique dans un écrin de verdure, montrant l’intérêt particulier des peintres anglais pour la relation entre l’architecture, dont la structure même évoque le végétal, et les grandes forces naturelles.

Jean-Baptiste Camille Corot, à l’instar des Britanniques, intègre lui aussi très souvent le motif de la cathédrale dans un décor verdoyant. L’édifice est pour lui un élément statique qui s’inscrit parfaitement dans les paysages familiers et bucoliques qu’il aime peindre. Turner, quant à lui, s’attache à restituer dans ses aquarelles les modelés de la lumière sur les arabesques gothiques à l’intérieur des cathédrales anglaises et françaises, telles que Salisbury et Rouen.

Cathédrales impressionnistes

Claude Monet, La Cathédrale de Rouen. Le portail vu de face, dit aussi Harmonie brune, 1892, Paris, Musée d’Orsay/Patrice Schmidt.

L’architecture gothique passionne également Claude Monet et d’autres impressionnistes comme Pissarro ou Sisley. Monet, bien sûr, est connu pour ses séries de peintures représentant la cathédrale de Rouen. Subjugué par cet édifice, il voulait notamment rappeler l’inscription de ce monument dans le territoire national.

Sous l’impulsion du travail de Monet, Sisley, qui se consacrait rarement à la peinture urbaine ou de monument, va entreprendre une série de tableaux représentant l’église Notre-Dame de Moret-sur-Loing. Ces deux séries, confrontées pour la première fois dans une exposition, montrent comment les peintres impressionnistes ont joué sur le monument diversement éclairé selon les heures, les saisons et les points de vues.

Cathédrales modernes

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Wim Delvoye, Caterpillar #4, 2002, courtesy galerie Perrotin.

Les artistes modernes n’ont pas non plus négligé le motif de la cathédrale comme en témoignent les œuvres de Maximilien Luce ou Henri Matisse qui reprennent le cadrage frontal des impressionnistes. Cependant, chez ces peintres, les représentations sont plus stylisées. Matisse, par exemple, construit ses peintures de façon plus abstraite. Un peu plus tard, les peintres cubistes tel que Robert Delaunay se réapproprient l’art gothique, son architecture et ses arcs brisés rendant compte des tensions qui animent l’Europe de leur temps.

Aujourd’hui encore la cathédrale fait l’objet d’appropriations artistiques. Admirant la complexité et la richesse des détails de l’art gothique, l’artiste contemporain belge Wim Delvoye utilise de façon récurrente l’image et l’ornementation des cathédrales gothiques dans ses œuvres comme Caterpillar. De la même manière, l’artiste plasticien François Morellet retrace la silhouette de l’édifice gothique avec des tubes de néon. Un travail autour de la lumière et sur l’édifice qui s’apparente à celui entrepris par Claude Monet au XIXe siècle, s’acheminant ici vers le minimalisme et l’abstraction.

CATHÉDRALES 1789-1914

12/04/2014 > 31/08/2014

Musée des Beaux-Arts de Rouen

ROUEN

180 chefs-d’œuvre - 2 siècles de création - 60 artistes.

Goethe, Friedrich, Hugo, Constable, Turner, Corot, Sisley, Pissar...

Exposition terminée
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