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Les images migrantes de Mathieu Pernot au Jeu de Paume

Magali Lesauvage 28 avril 2014

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Le Jeu de Paume présente jusqu’au 18 mai l’exposition La Traversée de l’artiste Mathieu Pernot, 44 ans, avec une sélection de travaux photographiques. Où il est question de déplacements, d’histoires et surtout d’humanité.

Mathieu Pernot, Caravane, 2013, série Le Feu, 110 x 150 cm. Collection de l’artiste © Mathieu Pernot.

Dans les images fixes de Mathieu Pernot, il y a l’idée du déplacement. Ses nombreux travaux consacrés aux populations roms montrent des traversées, des mouvements de populations nomades dans l’espace, mais aussi dans le temps : d’une photo à l’autre se déploie le parcours d’individus, de l’enfance à l’âge adulte. Ainsi suit-on l’évolution de Jonathan, de l’enfance dans la rue aux barreaux du parloir. Comme leurs sujets, les images de Mathieu Pernot migrent.

L’artiste a réussi à créer une relation unique avec ses modèles : c’est lors de ses études à l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles, au début des années 1990, que Mathieu Pernot rencontre ces familles vivant en marge de la ville. Un réelle amitié se noue avec certains d’entre eux, les vies des uns et des autres se mêlent – l’artiste devient même parrain de l’un des enfants, et fonde une association de défense des Tsiganes, Yaka.

Il débute en photographiant les jeunes enfants roms dans des cabines de Photomatons, machines automatiques de prise de vue qui tendent à normaliser l’image. Dans le texte du catalogue, Georges Didi-Huberman suggère que Mathieu Pernot souhaite ainsi « accuser la documentation policière » : la démarche qui consiste à redonner des noms et retracer des chemins tout en mimant les méthodes de l’administration pousse l’historien de l’art à se demander s’il ne faudrait pas laisser « les marginaux se mouvoir dans les marges ». Mais Mathieu Pernot utilise l’archive, qu’il combine à ses propres images, à des enregistrements sonores, et à des documents administratifs, pour « raconter l’histoire d’une communauté qui ne l’écrit pas ». « Mon travail est une sorte de montage entre les images que je réalise et celles que je trouve », explique-t-il dans entretien avec Etienne Hatt. Les archives, celles notamment des carnets anthropométriques du camp de Saliers, créé par le régime de Vichy en 1942, sont pour l’artiste un moyen d’accès à des vies entières.

Mathieu Pernot, Jonathan, Avignon, série Les Hurleurs, 2001-2004, 80 x 100 cm, Centre Pompidou, Paris. Musée national d’art moderne/Centre de création industrielle.

« A-t-on le droit de faire sortir du silence ceux qui se taisent ? », s’interroge Mathieu Pernot. Non seulement il les fait parler, mais même crier. La merveilleuse série des Hurleurs, qui fait songer aux Personnages criant de Valérie Jouve, évoque, par sa théâtralité sur fond neutre, le lyrisme d’un chœur antique surgissant du vide. « Ils hurlent pour parler avec leurs parents [incarcérés, ndlr], raconte Mathieu Pernot, mais également, de façon symbolique, pour résister à la violence de l’enfermement dont ils sont aussi les victimes ».

« Sortir du gris » : telle est l’expression qu’emploie Georges Didi-Huberman pour désigner la sensation que procurent les images de Mathieu Pernot. Le gris étant entendu comme l’environnement triste des barres de béton dans lesquelles s’immiscent les « mauvaises herbes » et que l’on fait imploser après les avoir fantasmées en cartes postales colorisées (série Le Meilleur des mondes), mais aussi comme zone d’incertitude, horizon où luit un faible espoir, à l’image de la « jungle » de Calais où Mathieu Pernot a recueilli les traces d’une humanité insaisissable.

« Sortir du gris » pour redonner aux individus une visibilité : ce sont les corps des Migrants, présences fantomatiques, en creux, révélées par ce qui les cache même, ces couvertures qui les métamorphosent en gisants. Cela peut aussi être le Feu, qui illumine les visages de ceux venus assister à l’incendie d’une caravane, brûlée après la mort de son propriétaire. Toutes solutions artistiques inventées par Mathieu Pernot, non pas pour figer l’insaisissable, mais plutôt pour « trouver une forme à l’histoire ». Quitte à ce que celle-ci soit mouvante et imprécise, comme une image traversée.

 

MATHIEU PERNOT

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