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À Nantes, l’artiste Bruno Peinado joue collectif

Magali Lesauvage 18 avril 2014

C'est avec une grâce légère et une grosse louche de tendresse que l'artiste Bruno Peinado a pioché dans les collections du FRAC des Pays de la Loire, pour proposer une double exposition, L'Écho / Ce qui sépare. Laquelle décline en couleurs et en noir et blanc les affinités électives entre cet artiste de 44 ans et sa génération. Quand le personnel devient collectif. 

Vue de l'exposition de Bruno Peinado, L'Écho / Ce qui sépare, FRAC des Pays de la Loire © Marc Domage.

Qu'est-ce qui nous rassemble, qu'est-ce qui nous distingue les uns des autres ? Comment les goûts se lient et les liens se dénouent ? Qu'est-ce qui fait qu'une génération d'artistes émerge en tant que telle ? Le temps est loin des mouvements auto-proclamés, réunissant les artistes autour de valeurs et de projets esthétiques communs, mais aussi véritables mutuelles économiques et nids communautaires, voire familiaux. Si vivre de son art reste aussi difficile qu'auparavant, les jeunes artistes d'aujourd'hui, soumis à la dure loi du marché de l'art, ressentent moins le besoin de se fédérer en groupes de soutien, et hormis certains collectifs, travaillent le plus souvent dans une relative solitude. Au passage, le post-post-post-modernisme, à force de faire table rase, a quant à lui fait éclater les anciens dogmes et prôné l'individualisme. On se croirait revenu au temps du romantisme.

Ils sont plus de 150 pourtant, au FRAC de Carquefou et à la HAB Galerie de Nantes, à être rassemblés par un seul artiste qui avec chacun avoue une filiation, conviant des générations diverses pour que le passé face écho à l'avenir, et surtout le présent au présent. Même la famille est là, avec Virginie Barré, artiste elle-même et compagne de Bruno Peinado, et leurs enfants.

 Vue de l'exposition de Bruno Peinado, L'Écho / Ce qui sépare à la HAB Galerie © Marc Domage.

L'Écho et Ce qui sépare sont deux titres du premier album du chanteur Dominique A, publié au début des années 1990, alors que la scène artistique nantaise, dont fait partie Bruno Peinado, est en pleine ébullition. C'est cette énergie rafraîchissante, décomplexée et vitale, que l'on retrouve à Carquefou et à Nantes, en technicolor là, en noir et blanc ici. Si l'autorité du commissaire d'exposition n'a jamais été aussi forte — autorité à entendre au sens d'« auteur », dont certains se drapent pour tenter, en vain, d'endosser l'habit plus glorieux de l'artiste —, nombreux sont les plasticiens qui décident de ne s'en remettre qu'à eux-mêmes pour présenter leurs œuvres, ou celles des autres. Dans la double expo orchestrée par Bruno Peinado, la part de l'œil est essentielle, et attendue de la part d'un artiste que l'on connaît pour ses jeux visuels et son audace optique. À l'image de sa fameuse banane défilant avec un panneau représentant une pomme, tout est permis tant que c'est l'artiste qui le revendique.

Au FRAC, les œuvres sont offertes au regard du spectateur comme les objets d'un bazar, par blocs, sans hiérarchie, mais avec une science des chocs formels et colorés, à la manière des cadavre exquis surréalistes. Tétraèdres bleu roi de Julien Nédélec et sculpture jaune pétant de la série Walt Disney Productions de Bertrand Lavier, composition florale à tube de Florence Doléac et tapis de verdure de Piero Gilardi, éventail à cheveux d'Anne Brégeaut et Furniture Sculpture de John Armleder... : le regard est sans contraintes, il joue à saute-mouton d'un objet à l'autre, libéré du sens.

À la HAB Galerie, le noir et blanc, thème cher à Bruno Peinado, produit et producteur du métissage, dialoguent dans un contraste lumineux. Dans le gigantesque espace décloisonné de l'île de Nantes, le Cheval de Troie de l'artiste domine un bal fantôme où l'on croise les Bubble Machines de David Medalla, sculptures éphémères et aléatoires de mousse, les édifices Camouflage de Nathan Coley, et le cacatoès blanc de trois mètres de haut de Sylvain Rousseau. En guise de décor, une peinture murale psychédélique de Philippe Decrauzat, et une somptueuse suite d'œuvres en deux dimensions de Jean-Luc Blanc (!), Pierrette Bloch, Julien Audebert, Mrzyk & Moriceau, Hippolyte Hentgen... Tandis qu'en fond sonore résonnent les mots de l'ami Dominique A :

C'est encore l'écho

Qui œuvre l'écho

Qui chaque fois trouve une place

Dans l'air pour le moindre bruit

Avant qu'il meure

Avant qu'on oublie

 

BRUNO PEINADO

19/02/2014 > 01/06/2014

FRAC des Pays de la Loire

CARQUEFOU

BRUNO PEINADO ET LES ŒUVRES DE LA COLLECTION DU FRAC DES PAYS DE LA LOIRE

Le Frac propose à Bruno Peinado de réaliser le com...

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