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La BnF raconte le « bel été » 1914

Gwenael Ameline de Cadeville 27 mars 2014

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La Bibliothèque nationale de France, associée au ministère de la Défense, livre une exposition inédite sur les origines de la Grande Guerre, des quelques mois qui la précèdent jusqu’au déclenchement, le 4 août 1914, d’un conflit international que personne n’attendait. 

Affiche Aux Dames de France, saison d’été, 1914 © BnF, dpt. des Estampes et de la photographie.

L’été 1914 fut un été comme les autres. Comme à leur habitude, les ouvriers travaillent dans les usines et les paysans moissonnent leurs champs, s’inquiétant d’avantage d’une possible sécheresse que des prémisses de la guerre. Les Parisiens s’intéressent aux grands événements sportifs tel le Tour de France, et profitent des beaux jours. En témoignent les affiches publicitaires ou un tableau tel Le Cercle de l’île de Puteaux d’Henri Gervex.

Les quelques privilégiés s’installent quant à eux pour leurs vacances à Deauville ou sur la Riviera. Des commémorations, notamment les 700 ans de la bataille de Bouvines, rythment cet été véritablement normal. Été que Stefan Zweig qualifiera même d’« été le plus estival », un des plus beaux qu’il ait connus. Rien ne semble donc troubler cette agréable période, pas même l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche par un nationaliste serbe, le 28 juin 1914 à Sarajevo. Ce triste événement apparaît alors en effet comme un simple fait divers. Un attentat politique de plus qui sera, pourtant, le point de départ d’une des guerres les plus destructrices de l’Histoire.

Un long temps de paix

S’articulant autour d’une grande cimaise courbe, le parcours de l’exposition relate les faits, depuis cet attentat jusqu’aux premiers jours de la guerre. Dépêches d’ambassadeurs, correspondances d’intellectuels de l’époque, journaux, archives photographiques accompagnent le visiteur et l’aident à comprendre le déroulement précis de la crise diplomatique. Sont également abordées les causes plus lointaines des origines du conflit, et le contexte d’une Europe qui a connu une longue période de paix, une expansion économique importante et surtout un cosmopolitisme culturel et scientifique illustré par les Jeux Olympiques, les expositions universelles ou les Prix Nobel.

Jean Veber, En Lorraine, septembre 1914 © BnF, département des Estampes et de la Photographie.

Malgré cette apparente atmosphère pacifique, l’Europe vit dans l’anticipation de conflits plus ou moins dissimulés. De nombreuses tensions se développent dans la péninsule balkanique et un peu plus tard dans les colonies, principalement en Afrique. Les courants pacifistes (humanisme laïc, christianisme, libéralisme…) s’opposent à des mouvements intellectuels et littéraires, à l’instar du futurisme, exaltant la guerre comme un phénomène nécessaire et régénérateur. Bien que l’idée d’une guerre prochaine soit présente dans l’esprit des intellectuels, la valorisation de l’armée qui émerge peu à peu dans les consciences européennes d’avant 1914 prépare indirectement et lentement les populations. Dès l’enfance, notamment à travers l’enseignement scolaire et sportif, l’armée est idéalisée. Le service militaire obligatoire permet aussi, parallèlement à l’approfondissement des enseignements dans les écoles militaires, de créer des professionnels de la guerre.

Viennent ensuite les grandes mobilisations, symbolisées par le tocsin du rassemblement. Une collections d’objets divers — fusils à baïonnette, mouchoirs d’instructions donnés aux soldats qui ne savent pas lire (dont la luxueuse marque Hermès reprendra la forme et les motifs pour ses foulards), uniformes de soldats et mitrailleuses allemandes, russes, françaises et autrichiennes — illustrent de façon concrète la Grande Guerre. Des fiches administratives « Mort pour la France » et des estampes poignantes de Jean Veber rappellent enfin la violence inouïe d’une guerre, qui dès le mois d’août 1914, fait des milliers de victimes aussi bien militaires que civiles.

 

ÉTÉ 14

25/03/2014 > 03/08/2014

BnF - Bibliothèque nationale de France – site François-Mitterrand

PARIS

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Exposition terminée
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