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À Valence, « le paysage entre au musée »

Magali Lesauvage 21 mars 2014

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Rouvert en décembre 2013 après six ans de travaux de rénovation, le musée de Valence combine dans un bâtiment d’exception l’ancien et le nouveau pour donner un point de vue à 360 degrés sur le paysage artistique, de la préhistoire à l’art contemporain. Visite.

Vue de la salle de sculpture et arts décoratifs du XVIIIe siècle au musée de Valence.

Valence, département de la Drôme, environ 65 000 habitants (une agglomération qui en compte le double). Nous sommes ici au nord du Sud, au creux du couloir rhodanien où souffle en continu un Mistral rafraîchissant l’été, glaçant l’hiver. À l’ouest se profilent les contreforts de l’Ardèche, à l’est le massif du Vercors se découpe en crêtes enneigées sur un ciel toujours bleu. De ce territoire préhistorique, habité depuis un demi-million d’années, et de l’ancienne cité de Valentia, fondée par les Romains vers 40 avant J.-C., sortent encore de terre des vestiges prestigieux, tandis que le Moyen Âge livre des bâtiments toujours debout, notamment le beau palais épiscopal où est installé depuis 1911 le musée des Beaux-Arts.

De ces diverses époques flamboyantes, la ville de taille moyenne a gardé de nombreuses traces, sur ses bâtiments et dans le musée même. Celui-ci, réhabilité par Jean-Paul Philippon, juxtapose l’architecture pluriséculaire et un rajout contemporain, à rebours de la mode du « faux vieux ». Le musée est un « patchwork », nous explique sa directrice Hélène Moulin-Stanislas : logé au centre du groupe cathédral, il porte en sous-sol des traces de l’odéon antique, dont les lignes de fouilles sont marquées d’un fil rouge qui court au rez-de-chaussée de salle en salle, tandis qu’un ancien escalier à vis apparaît par des brèches pratiquées à chaque étage du bâtiment. Le parcours labyrinthique ménage ainsi les effets de plongée et de perspectives sur des espaces ouverts, offrant des regards riches d’anachronisme d’une collection et d’une époque à l’autre, des angles et des cadrages subtils.

Tête d’Auguste dans la galerie archéologique du musée de Valence.

En point d’orgue, un belvédère de métal et de verre qui donne un point de vue à 360 degrés sur l’environnement alentour, permettant, selon Hélène Moulin-Stanislas, que « le paysage entre dans le musée » : le Rhône en contrebas, mais aussi le château de Crussol pointant son chicot sur la crête ardéchoise, le Vercors à l’opposé. Si la collection du musée est centrée sur cette thématique du paysage, en raison notamment de l’un des ensembles les plus exceptionnels de peintures et dessins de Hubert Robert, c’est « au sens large » : paysage mental, paysage historique, paysage naturel…

Hélène Moulin-Stanislas a ainsi « tricoté un projet associant collection, bâtiment et environnement ». Une collection qui compte 20 000 numéros à l’inventaire, dont les dates de création s’échelonnent de 400 000 avant J.-C. aux années 2000, et dont une partie seulement est présentée sur 3500 m² d’espaces d’expo. Parmi les trésors archéologiques qu’on y trouve, signalons l’unique mosaïque héracléenne de Gaule, des haches préhistoriques dont la pierre provient d’Italie, des céramiques grecques ayant transité par Marseille via le Rhône, des ammonites provenant de la falaise de Crussol, rappelant que la mer était là autrefois, ou encore un superbe chapiteau historié trouvé dans la ville de manière fortuite.

La collection « Beaux-Arts » est, comme on l’a vu, centrée sur le paysage, et les artistes qui ont marqué le territoire. Remontant le temps, on croise Hamish Fulton et le souvenir de sa marche dans le Vercors, Sophie Calle et son archéologie personnelle, Etienne-Martin dont la maison natale drômoise a marqué toute l’œuvre, ou encore les paysages abstraits de Simon Hantaï, Joan Mitchell ou Pierre Alechinsky. Une salle est consacrée au théoricien de l’abstraction André Lhote, qui installa son académie d’été près de Valence, puis on plonge dans l’histoire de la peinture avec le fauvisme, le romantisme (et les paysages profonds de Huet), le néo-classicisme (et un rarissime papier peint d’époque napoléonienne), pour arriver au XVIIe siècle et aux salles superbes consacrées à Hubert Robert, et notamment aux très nombreux dessins légués par le peintre Veyrenc en 1835.

Le parcours s’achève sur une énigme : un ensemble de quatre grands tableaux dont on ignore l’auteur, mais dont on sait qu’ils proviennent de Rome, et datent probablement du XVIe siècle. Représentant la vie du Christ, les toiles sont parsemées de fleurs flottant mystérieusement dans les airs, et sont d’une qualité exceptionnelle (retrouvée grâce à une restauration importante). La directrice attend 50 000 visiteurs par an, plus de 30 000 ont déjà passé les portes du musée depuis le mois de décembre.

 

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