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Gand, la ville où la peinture est reine

Magali Lesauvage 18 mars 2014

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De Bruxelles, bifurquer plutôt vers Anvers, capitale de la mode et du diamant, ou Bruges « la morte », à la mélancolie fascinante ? Exponaute s’est arrêté à mi-chemin, à Gand, cité millénaire qui abrite le fameux retable des frères Van Eyck, pour visiter deux musées exceptionnels qui résument plusieurs siècles de peinture.

Vue du musée des Beaux-Arts de Gand, 2014.

Au croisement des routes qui relient Bruxelles à Bruges, et Lille à Anvers, dans cette morne plaine égayée de quelques rares moulins et de maisons grises aux jardins bien rangés, Gand la flamande (« Gent » en langue originale) peut se vanter d’avoir vu la naissance de grandes personnalités (Charles Quint, Pierre Louÿs, Maurice Maeterlinck…), et d’avoir abrité de nombreux artistes, du peintre de la Renaissance Jan Van Eyck à l’architecte de l’Art Nouveau Victor Horta, ou l’artiste contemporaine Berlinde De Bruyckaere, qui y possède aujourd’hui son atelier.

Capitale économique florissante aux XIVe et XVe siècles, la ville garde depuis ces temps lointains un regard attentif sur les arts et le spectacle (son opéra a été fondé dès le XVIIe siècle, et elle compte aujourd »hui la présence de la compagnie de danse contemporaine d’Alain Platel). La cathédrale Saint-Bavon (autrefois église Saint-Nicolas) a longtemps tenu le rôle de centre névralgique de Gand. Elle abrite aujourd’hui le chef-d’œuvre absolu de l’art flamand : le retable de l’Adoration de l’Agneau mystique, peint par les frères Hubert et Jan Van Eyck au début du XVe siècle, à l’histoire incroyable. Conservé depuis 1986 dans une chambre forte située à l’entrée de la cathédrale, dans l’ancien baptistère, le polyptyque situé dans une immense cage de verre est malheureusement assez mal visible (on peut l’observer de très près ici). C’est paradoxalement à quelques kilomètres de là, au musée des Beaux-Arts de Gand (Museum voor Schone Kunsten), que l’on pénétrera dans l’intimité de l’œuvre. Depuis octobre 2012, une importante campagne de restauration y a en effet cours, qui doit durer cinq ans, mobiliser une dizaine de personnes et 1,2 millions d’euros. Le travail minutieux a lieu derrière de grandes baies vitrées, au su et au vu des visiteurs du musée, qui retiennent leur souffle en voyant les experts penchés sur ces précieux panneaux.

Avant-poste de l’art contemporain

Vue de l’exposition Ain’t Painting a Pain de Richard Jackson au SMAK de Gand, 2014.

Quittant la cathédrale Saint-Bavon (dont on appréciera au passage l’envoûtant dallage noir et blanc), on se retrouve face au traditionnel beffroi flamand, orné d’un exceptionnel dragon de plus de trois mètres de long. Direction le charmant Parc de la Citadelle, empruntant canaux et ruelles serpentines. Au cœur de celui-ci se nichent deux institutions muséales majeures de Belgique, le musée des Beaux-Arts et le SMAK (Stedelijk Museum voor Actuele Kunst). Fondé en 1957, celui-ci reste nomade jusqu’à ce qu’il soit pris en main en 1975 par le célèbre homme de musées Jan Hoet, disparu il y a quelques semaines. Celui-ci, ne disposant tout d’abord pas d’espaces suffisants, a l’idée géniale d’organiser des expositions dans des appartements privés de la ville, impliquant ainsi directement les habitants, qui resteront naturellement attachés au musée. Puis en 1999 un ancien casino à proximité du musée des Beaux-Arts est transformé pour accueillir les collections, centrées sur les œuvres du groupe CoBrA, de Marcel Broodthaers, Panamarenko et Joseph Beuys.

Aujourd’hui le SMAK garde ce rôle d’avant-poste de l’art contemporain en Belgique, nous explique le conservateur Martin Germann. Celui-ci prépare une exposition du photographe plasticien Thomas Ruff (à partir du 17 mai), et nous guide dans celle qui vient juste d’ouvrir, consacrée à Richard Jackson. Dans Ain’t Painting a Pain, l’artiste américain joue avec la peinture : projections de matière, icônes de l’histoire de l’art revisitées en trois dimensions, crash pictural, labyrinthe de couleurs… Une exposition jouissive entre action painting et installation, à laquelle fait écho, au rez-de-chaussée, la présentation des collections permanentes, intitulée RE: Painted, où se déploient les œuvres de Karel Appel, Francis Bacon, Michaël Borremans, Marlene Dumas, Henri Michaux ou encore Kelley Walker. Tournant le dos à la peinture, à l’automne, le SMAK s’orientera vers la troisième dimension avec une rétrospective monumentale des sculptures de chair et de cire de la Gantoise Berlinde De Bruyckere.

La plongée en peinture se poursuit en face, dans le très élégant musée des Beaux-Arts de Gand. Fondé par les Français en 1798 (alors que la ville est capitale du département de l’Escaut), il ne fut installé dans un bâtiment propre, érigé dans le Parc de la Citadelle, qu’au tout début du XXe siècle. Là, à proximité de la salle où le retable de Van Eyck est scruté millimètre par millimètre, une expo Géricault (dont le musée conserve le Portrait d’un cleptomane) s’attache à reconstituer le peintre des fragments : figures de Monomanes, membres épars de macchabées, portraits de chevaux…, avec en perspective une copie grandeur nature du Radeau de la Méduse. Tout autour, dans les salles en arc de cercle du musée défilent les grands maîtres : les Flamands Bosch (et son stupéfiant Portement de croix) et Jordaens, le Hollandais Hals aux portraits terrifiants de dureté, puis les modernes et énigmatiques Belges – Ensor, Khnopff, Magritte. Gand, capitale mondiale de la peinture ?

 

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