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Visite en avant-première du musée Picasso

Magali Lesauvage 5 mars 2014

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Le musée Picasso, à Paris, devrait rouvrir au public en juin prochain, après cinq années de fermeture qui auront paru bien longues aux amoureux de ce lieu exceptionnel. Visite en avant-première et en images d’un chantier monumental.

Façade de l’Hôtel Salé © Béatrice Hatala/Musée Picasso Paris, 2014.

Voilà bientôt cinq ans, depuis août 2009, que l’hôtel Salé est fermé au public. Lieu parmi les plus fréquentés par les touristes de la capitale, il abrite depuis 1985 le musée national Picasso, et la plus grande collection au monde d’œuvres de l’artiste sacré du XXe siècle. Après des phases d’études et de construction, retardées par divers accrocs administratifs ou techniques (notamment liés aux normes anti-incendie) qui lui ont valu une mise au point du ministère de la Culture, et une ambiance tendue en interne, il devrait enfin rouvrir le 20 juin 2014.

Deux ans auront été nécessaires au seul déménagement des quelques 5000 œuvres conservées là. En chiffres, l’opération aura eu un coût total de 52 millions d’euros (dont 8 dévolus à des acquisitions immobilières à proximité), dont 19 millions à la charge du ministère de la Culture, 2 millions apportés par le mécénat de compétence d’Eiffage-construction, et le reste en autofinancement (notamment grâce aux controversées expositions Picasso payantes qui ont tourné dans le monde entier de 2009 à 2012).

À quelques mois de cette date, à noter d’ores et déjà dans vos agendas, visite en avant-première du musée, guidé par Anne Baldassari, directrice du musée, Stéphane Thouin, architecte en chef des monuments historiques, et Jean-François Bodin, dont l’agence a été chargée du réaménagement.

Stéphane Thouin, architecte en chef des monuments historiques, lors de la visite de chantier du musée Picasso, le 4 mars 2014.

« Plus d’espace » : ce sont les mots que l’on aura le plus entendus lors de cette visite du chantier du musée de la rue de Thorigny. L’hôtel Salé, bâti dans les années 1650 par Jean Boullier au cœur du Marais, est le plus grand logis privé de l’époque. Mais sa disposition et l’exiguïté du parcours ne permettaient pas de montrer de manière optimale les collections du musée, voire rendaient la visite pénible aux quelques 500 000 personnes venant là chaque année. Ainsi la superficie rendue au public passe-t-elle de 1600 à 3800 m², tandis que la jauge de fréquentation montera à 650 visiteurs (contre 380 autrefois).

La cour seule a nécessité dix-huit mois de travaux, pendant lesquels sa pente, trop raide, a été basculée afin de limiter les accidents, tandis que ses pavés de grès ont été démontés un à un pour permettre la réalisation, en dessous, de locaux techniques, et d’un cheminement pour les visiteurs handicapés.

Le futur hall d’accueil.

L’espace d’accueil, sur la droite de l’entrée, a été entièrement repensé : les murs ont été abattus et les plafonds remontés. La capacité de la file d’attente (elle allait jusqu’à la Seine à l’ouverture du musée en 1985, nous rappelle Anne Baldassari) a été pensée jusque dans la rue de Thorigny (on attend 60% de pré-réservations sur internet pour la réouverture en juin), et la boutique délocalisée « hors du temple », dans un bâtiment adjacent, précise la directrice.

Pour Stéphane Thouin, il a fallu « retrouver le monument historique », notamment la qualité des décors, la hauteur initiale des salles, le miroitement très XVIIe siècle des fenêtres (pour lesquelles a été choisi un verre extra-blanc qui rend fidèlement la couleur des œuvres), la spatialité des volumes classiques, la disposition en enfilade et la logique interne à cette architecture majestueuse.

   

Les salles en enfilade.

À l’étage noble prévaut donc la transparence et la lisibilité naturelle du bâtiment. Tandis que l’ancien parcours relevait du labyrinthe et du parcours obligé, Anne Baldassari souligne que le visiteur aura désormais plusieurs possibilités de parcours, et sera « guidé par la lumière » ponctuant les salles en enfilade. Les murs (et donc les cimaises) seront « plus lisses, plus grands, plus lumineux ». Sur la terrasse autrefois interdite au public, un café réservé aux visiteurs du musée apportera une salutaire respiration à la visite.

La terrasse du futur café.

Gagnant de l’espace, le parcours d’exposition permanente investit le dernier étage sous charpente (autrefois assigné aux bureaux, déplacés dans un immeuble mitoyen), dont le caractère intime devrait seoir particulièrement à présentation de la collection particulière de Picasso. Le sous-sol et ses voûtes fraîches, auxquels on accède par un élégant escalier hélicoïdal en aluminium, devrait accueillir les expositions temporaires et donner accès au jardin situé côté rue Vieille-du-Temple, lui-même réaménagé avec une pergola et un tapis vert.


Le sous-sol et les travaux extérieurs, côté jardin.

Le musée devra être, selon Jean-François Bodin, « une synthèse de toutes les habitations de Picasso », du Bateau-Lavoir au château de Vauvenargues. Gageons que le million de visiteurs attendu tous les ans s’y sentira bien.

 

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