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Vente Banksy : le street art est-il soluble dans le marché de l’art ?

Gwenael Ameline de Cadeville 20 février 2014

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Le fameux graff Kissing Coppers de Banksy, mystérieusement disparu des rues de Londres depuis 2011, a refait surface le 18 février lors d’une vente aux enchères dans la maison de ventes Fine Art Auctions de Miami. Il a été acquis pour 575 000 dollars (418 000 euros). 

Banksy, Kissing Coppers (à droite) © ShoZu/wikipedia.

Arracher des murs les œuvres de Banksy, ça deviendrait presque une habitude ! Depuis plusieurs années, plus d’une dizaine de graffs de l’artiste, dont les célèbres Girl with a ballon et No ball games ont été retirés de la rue. L’extraction la plus récente concerne Slave Labour, peinte à l’origine sur un mur de Wood Green, dans le nord de Londres. Elle avait d’ailleurs provoqué, en mai 2012, la colère des habitants du quartier. Ces déplacements pourraient s’apparenter à du vol mais en réalité il n’y a ici rien d’illégal : les murs n’appartiennent pas aux artistes mais aux propriétaires des bâtiments.

En ce qui concerne l’oeuvre  Kissing Coppers vendue à pres de 600 000 dollars le 18 février au Fine Art Auctions de Miami, l’ancien propriétaire reste inconnu. Le catalogue de la vente indique seulement que le graff provient d’une collection privée représentée par la galerie new-yorkaise Keszler Gallery.

Mais le plus dérangeant dans ces ventes d’œuvres arrachées du contexte urbain, c’est qu’ils remettent en question la nature même du street art. À l’origine, il est une forme d’expression artistique « populaire », gratuite et éphémère,  un art voué à disparaître et à réapparaître. D’ailleurs Ernest Pignon-Ernest, précurseur de cet art, déclarait : « L’œuvre, ce n’est pas l’image elle-même, mais ce qu’elle provoque d’interrogations sur le lieu ». En somme, l’œuvre n’aurait plus tellement d’intérêt lorsqu’elle est sortie de son contexte, comme c’est le cas dans les salles de vente.

Malgré cela, des entreprises comme Sincura Group légitiment ce business juteux par le projet Stealing Banksy, une exposition qui rassemblera courant 2014 des œuvres de l’artiste soi-disant sauvées de la ruine. Comme le rapporte le site Toute la culture, la firme affirme dans une parole qui se veut philanthropique : « Nous ne volons pas l’art. (…) Nous ne possédons pas les œuvres d’art, ni encourageons leur enlèvement et à ce jour n’avons fait aucun gain financier à partir des ventes de street art. (…) Nous assurons la récupération, la restauration et la vente est effectuée de manière professionnelle et sympathique ».

Banksy, lui, n’est pas de cet avis et l’avait déjà exprimé dans plusieurs de ses graffs, sur lesquels on pouvait lire ironiquement : « I Can’t Believe You Morons Actually Buy This Shit » (Je ne peux pas croire, abrutis, que vous achetiez vraiment cette merde).

 

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