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Ce qu’il faut (aussi) savoir sur Henri Cartier-Bresson

Magali Lesauvage 11 février 2014

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Aucun photographe n’aura témoigné de son temps de manière aussi complète et originale que Henri Cartier-Bresson : l’exposition du Centre Pompidou en fait la démonstration magistrale. Né en 1908 et disparu en 2004, HCB aura été « l’œil du siècle ». Vous croyiez avoir tout vu et tout connaître du photographe : l’artiste proche des surréalistes, l’homme engagé, le photoreporter co-fondateur de Magnum ? Voici ce que l’on sait moins.

Henri Cartier-Bresson, Foule attendant devant une banque pour acheter de l’or pendant les derniers jours du Kuomintang, Shanghai, Chine, décembre 1948, tirage réalisé dans les années 1960, collection Fondation Henri Cartier-Bresson, Paris © Magnum Photos.

Fils de riches

Né dans une grande famille d’industriels du textile, Henri Cartier-Bresson a eu, grâce à la fortune de sa famille, l’opportunité de voyager en Europe et en Afrique dans sa jeunesse, mais aussi de prendre son temps pour choisir le métier qu’il voulait faire, celui de photographe. Ce qui ne l’empêchera pas de devenir communiste dans les années 1930, puis de prendre part à la résistance auprès d’Aragon pendant la guerre, avant d’être fait prisonnier en Allemagne.

Peintre et dessinateur

« J’ai toujours eu une passion pour la peinture, écrit Cartier-Bresson. Étant enfant j’en faisais le jeudi et le dimanche, j’y rêvais les autres jours ». L’exposition montre les dessins de HCB enfant, le voici en culotte courte dans une lettre, puis ceux de la fin de sa vie, où il reproduit inlassablement ses traits. Il intègre l’académie d’André Lhote au milieu des années 1920 : on est alors dans le post-cubisme et le retour à l’ordre, et Cartier-Bresson opte pour une peinture géométrique soumise à la loi du nombre d’or. Son œil se forme, il commence parallèlement la photographie en amateur.

Assistant de Jean Renoir

Le voyage au Mexique de 1934, qui renforce son engagement communiste, le décide également à tenter l’expérience cinématographique. Politique et cinéma sont pour lui liés : le cinéma s’adresse à un plus grand nombre que la photo, et délivre un message plus direct, plus élaboré. À son retour, Cartier-Bresson se fait engager comme assistant par Jean Renoir pour trois films, notamment Partie de campagne (1936) et La Règle du jeu (1939), dans lesquels il fait des apparitions.

George Hoyningen-Huene, Henri Cartier-Bresson, New York, 1935, The Museum of Modern Art, Thomas Walther Collection, New York © Horst/Staley Wise Gallery, NYC.

Bel homme

C’est ce dont témoignent les nombreux portraits réalisés par ses collègues photographes, notamment celui de George Hoyningen-Huene, daté de 1935, où l’on voit le jeune Cartier-Bresson à l’âge de vingt-huit ans, l’œil rivé à son appareil, le front haut et clair. Marié pendant trente ans à une danseuse indonésienne, il rencontre sur le tard la photographe Martine Franck, qu’il épouse en 1970.

Il rencontre Gandhi quelques heures avant sa mort

Être là au bon moment, tel aura été le talent de Cartier-Bresson tout au long de sa carrière. Non seulement cela lui permet de saisir ce fameux « instant décisif » qui le caractérise (celui où un homme est capté sautant par-dessus une flaque), mais aussi d’immortaliser les événements historiques de son temps. Ainsi le 30 janvier 1948, il rencontre Gandhi, auquel il montre des photos d’un enterrement. Quelques heures plus tard le Mahatma est assassiné. Cartier-Bresson réalisera pour Life une série exceptionnelle sur ses funérailles. La même année, il arrive à Pékin au moment où l’Armée populaire de libération menée par Mao Zedong va renverser le gouvernement nationaliste de Tchang Kaï-chek ; il reste dix mois en Chine et rend compte de l’évolution du pays.

Il aimait les pseudonymes

Dans le catalogue de l’exposition, le commissaire Clément Chéroux révèle que Henri Cartier-Bresson aimait user de pseudonymes et ainsi brouiller les pistes, lui qui photographia tous les coins de la planète : en Chine, on le nomme « Ka Beu shun », qui se traduit par « celui qui réussit dans ce qu’il entreprend », en Inde son nom se prononce « Kãrttikeya », et évoque un dieu guerrier rivalisant avec le soleil. Il se fait appeler Hank Carter, Henri Cartier, HCB tout court, et ironise avec un « En rit Ca-Bré » à la toute fin de sa vie.

Intransigeant

Henri Cartier-Bresson recadrait très peu ses images. À la fin de sa vie, il fait mettre des cadres noirs autour de ses photos pour empêcher tout recadrage, nivelle les niveaux de contrastes, et la qualité du grain, ce qui a pour conséquence d’uniformiser ses œuvres, quelle qu’en soit l’époque. Dix ans après la mort du grand photographe, l’exposition du Centre Pompidou va à l’encontre de cela, et montre qu’il a existé plusieurs Cartier-Bresson : à chacun de choisir celui qu’il préfère.

HENRI CARTIER-BRESSON

12/02/2014 > 09/06/2014

Centre Pompidou

PARIS

Dix ans après la disparition de l’artiste, le Centre Pompidou consacre au photographe français Henri Cartier-Bresson, figure emblématiq...

Exposition terminée
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