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Les faux-semblants de Joan Fontcuberta à la MEP

Magali Lesauvage 5 février 2014

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La Maison européenne de la Photographie nous entraîne dans les faux-semblants de l’artiste et théoricien Joan Fonctuberta, où image et artefacts flirtent avec la vérité. Passionnant.

Joan Fontcuberta, série SpoutnikIvan et Kloka effectuant leur sortie historique hors de la capsule, 1968, tirage gélatino-argentique © Joan Fontcuberta.

Tandis qu’au deuxième étage de la MEP, le cinéaste américain David Lynch présente des images indéterminées d’intérieurs glauques oscillant entre surréalisme photoshopé et symbolisme noir à la Eraserhead, c’est un autre grand manipulateur d’images, le Catalan Joan Fontcuberta, qui investit les autres niveaux de l’institution.

Les projets de Fontcuberta sont nommés Camouflages – terme dont l’étymologie nous dit qu’il renvoie au « camouflet », à l’origine une blague consistant à souffler de la fumée au visage de quelqu’un par un cornet, avant qu’il ne prenne, au détour de la guerre 14-18, une signification militaire. De sa jeunesse barcelonaise, Fontcuberta, né en 1955, a gardé le souvenir de la dictature franquiste, et de la censure. Les images, véritables écrans de fumée, y étaient alors des outils de propagande majeurs, au service de discours politiques légitimant les actes (ou non-actes) de la classe dirigeante.

Détournant le traumatisme passé pour en faire un processus de création et un mode de réflexion sur le présent, Joan Fontcuberta met à mal dans ses séries le mythe de la photographie documentaire comme témoignage tangible. Près de deux siècles après son invention, il rappelle que la photo n’est pas la vérité, qu’elle est toujours subjective, qu’elle est « juste une image », malgré l’aura d’authenticité qui la la précède. Ironique, l’artiste interroge la manière dont se modèle la réalité, et dont se fabrique l’Histoire, via les médias, les sciences, l’art, etc.

Le colonel Iván Istochnikov, pilote-cosmonaute du vaisseau Soyouz 2, a-t-il atteint la lune en 1968, un an avec l’alunissage des astronautes américains d’Apollo 11 ? Les terroristes d’Al-Qaïda ne sont-ils pas en réalité des comédiens employés par les médias pour faire vendre du papier ? Existe-t-il des témoignages probants de l’existence des sirènes, dites « hydropithèques » ? Et les serpents à pattes, les singes ailés, les oiseaux-tortues ?

Joan Fontcuberta apporte toutes les preuves de leur existence : montages photo plus vrais que nature, objets sous vitrines sacralisés par le dispositif muséal, œuvres «  à la manière de » (Picasso, Miró, Tàpies…) trop beaux pour être faux. Plus c’est gros, plus ça passe. L’artiste se moque autant de la sacro-sainte science que des méprisés médias comme instances autoritaires de validation du réel. Jouant lui-même le rôle de l’imposteur, il instille son image partout, comme marqueur de la supercherie que l’on a bien vite fait de découvrir, et dont on s’amuse avec lui.

Le spectateur redécouvre alors le plaisir de se faire berner, de se retrouver complice de cette douce trahison dont le secret mécanisme remonte à l’enfance, et qui nous pousse à croire aux fictions, aux mythes et à leurs chimères. Qu’il est bon d’être crédule.

Une rencontre avec Joan Fontcuberta est prévue le 12 février à 18h à l’auditorium de la MEP (entrée gratuite dans la limite des places disponibles).

JOAN FONTCUBERTA

15/01/2014 > 16/03/2014

Maison Européenne de la Photographie (MEP)

PARIS

Artiste contemporain catalan, Joan Fontcuberta a connu pendant sa jeunesse la dictature franquiste, et avec elle la censure et la falsificat...

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