Votre action a été enregistrée avec succès !


expo_cercle_2 RENÉ MAGRITTE

21/09/2016 > 23/01/2017

Centre Pompidou - PARIS
expo_cercle_4 PICASSO – GIACOMETTI

04/10/2016 > 05/02/2017

Musée Picasso - PARIS

LA NEWSLETTER

La bande dessinée raconte la guerre de 14-18

Gwenael Ameline de Cadeville 31 janvier 2014

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

La 41e édition du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême commémore à travers deux expositions le centenaire de la guerre de 14-18. L’occasion de découvrir comment Gus Bofa, Jacques Tardi, Nicolas Juncker ou encore Damien Cuvillier racontent avec brio ces événements traumatisants et la vie dans les tranchées. 

L’urgence de Bofa

Gustave Blanchot, La Débâcle, tiré de La Symphonie de la peur, 1937.

Le célèbre festival d’Angoulême propose cette année deux expositions sur le thème de la Grande Guerre, une sur Jacques Tardi et une autre sur Gus Bofa. Cette dernière rend hommage à Gustave Blanchot dit Gus Bofa, un artiste méconnu du grand public qui a pourtant signé une œuvre aussi originale que secrète. Affichiste, dessinateur de presse, illustrateur et romancier, il a traversé le XXe siècle et ses deux guerres mondiales. Mobilisé en 1914, à 31 ans, il n’hésite pas à partir en guerre, et en revient grièvement blessé et traumatisé. Plusieurs années plus tard et après une longue convalescence, Gus Bofa recommence à dessiner les petits malheurs et grandes misères des soldats, improvisés ou professionnels.

Ces dessins d’après-guerre, comme celui ci-dessus, sont marqués par l’atrocité de la Grande Guerre. Son tracé est devenu plus énervé, moins précis. Le dessinateur Charles Berberian, pour le magazine Télérama, commente cette planche : « On sent ici que l’urgence du propos dépasse l’esthétique. Rien de policé ici, l’artiste ne cherche pas à être particulièrement lisible. Il s’exprime sans vouloir séduire ni être drôle, laisse libre cours à sa violence. On le sent en état d’urgence, de révolte, comme un groupe de rock qui voudrait évacuer une pulsion ».

La vision réaliste de Tardi

Jacques Tardi, C’était la guerre des tranchées © Casterman.

A l’instar de Gustave Blanchot, Jacques Tardi a beaucoup travaillé sur le thème de la guerre. L’approche réaliste de Tardi se caractérise par une riche et solide documentation historique afin de produire l’effet du réel le plus puissant possible. Son intérêt pour 14-18 s’explique, en partie, par l’implication de son grand-père dans le conflit.

Les récits décrivant la vie quotidienne dans les tranchées que lui racontait sa grand-mère l’ont beaucoup marqué et c’est précisément dans C’était la guerre des tranchées, qu’il met en scène ces histoires véridiques. Selon lui, ce sont ces histoires individuelles qui contribuent à forger la grande Histoire. Dans la même veine, ces jours-ci sort l’intégrale des albums Putain de guerre !, réalisés en collaboration avec l’historien Jean-Pierre Verney, dont l’impressionnante collection a été léguée au musée de la Grande Guerre de Meaux, qu’exponaute a visité récemment.

Cicatrices de guerre(s)

Damien et Stéphane Cuvillier, Les Assis dans Cicatrices de guerre(s) © édition de la Gouttière.

Un ouvrage collectif, Cicatrices de guerre(s), rassemble de façon inédite plusieurs histoires courtes réalisées par 22 auteurs dont 19 natifs de Picardie. S’inscrivant naturellement dans le paysage historique picard, cette œuvre trouve également sa place dans une dimension plus large (à voir sur le site de la Mission Centenaire de la Première Guerre Mondiale).

Damien Cuvillier, dessinateur, explique qu’au moment où il a rejoint le projet, il ne voyait pas tellement ce qu’il pouvait apporter de nouveau sur ce sujet déjà présent dans beaucoup de BD. Cependant, frappé par le nombre impressionnant d’obus produits durant la guerre lors de sa visite de l’Historial de la Grande Guerre, à Péronne dans la Somme, il a eu l’idée, avec son frère scénariste, de mettre en avant le côté industriel et commercial de l’armement.

Le Front, graphique et contrasté, de Juncker

Nicolas Juncker, Le Front © édition Glénat BD, collection Treize étrange.

Nicolas Juncker a publié en 2003 Le Front. Cet album particulier, très graphique et contrasté, fait partie de la très courte liste des bandes dessinées muettes.

Réalisés en aplats noirs et blancs et traits minimalistes, ses dessins retranscrivent l’univers des poilus et la violence quotidienne : le bruit, l’assaut, les obus, l’hôpital… L’absence de voix off ou de dialogues permet au lecteur de se focaliser sur les dessins et de prendre pleinement conscience de l’atrocité de cette guerre.

 

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE