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Galeries à Paris : les expos à voir en janvier-février

Magali Lesauvage 23 janvier 2014

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L’hiver glacé semble enfin avoir fait son entrée à Paris, mais il n’y a rien là qui puisse effrayer les insatiables amateurs d’art contemporain, pour lesquels la visite des galeries est une hygiène tant physique que sensible. Comme d’habitude, l’actualité est riche, mais exponaute vous aide à faire le tri.

Sébastien Gouju, Domestique (rhubarbe), 2013, faïence émaillée. Courtesy galerie Semiose, Paris.

. Galerie Semiose : Sébastien Goujou, Domestique (jusqu’au 8 février)

Des limaces qui rongent des feuilles de rhubarbe, un chat qui se prend les pattes dans une étagère, des cartes à jouer/ajourées, les Fleurs du Mal brodées, une cheminée en pâte à modeler… : l’inspiration artistique de Sébastien Gouju, trente-six ans, semble directement issue d’un symbolisme teinté de naturalisme et d’un amour des arts décoratifs très « Art Nouveau ». L’artiste a fait ses études à l’Ecole des Beaux-Arts de Nancy, ceci explique peut-être cela.

. Galerie Marine Veilleux : Anne-Charlotte Yver, Fusion (jusqu’au 22 février)

Sélectionnée pour le prochain Salon de Montrouge avec 72 autres artistes, Anne-Charlotte Yver, née en 1987 et diplômée des Beaux-Arts de Paris, présente à la (toute jeune elle aussi) galerie Marine Veilleux, rue de Montmorency, une première expo personnelle sans concession, avec un travail de sculpture qui tente de saisir la « fluidité du béton » à partir de la forme des barrages. Le mouvement y est saisi par la matière, écho lointain aux figures pétrifiées dans la lave de Pompéi. Un travail fort et déjà très cohérent.

Galerie In situ/Fabienne Leclerc : Renaud Auguste-Dormeuil, Fin de représentation (jusqu’au 1er février)

Changement de rive pour la galerie de Fabienne Leclerc, qui quitte Saint-Germain-des-Prés pour ouvrir un nouvel espace dans le Marais, rue Michel-le-Comte, confirmant l’irrémédiable attraction du quartier. Parallèlement à l’exposition de la Fondation Ricard (jusqu’au samedi 25), la galerie y accueille une exposition monographique de Renaud Auguste-Dormeuil, où il est question de la fabrique des images, de ce qu’elles dissimulent et révèlent.

Paul Czerlitzki, vue d’exposition, Roots, 2014 © Grégory Copitet.

Galerie Laurent Godin : Paul Czerlitzki, Roots (jusqu’au 15 février)

Le jeune (27 ans) Paul Czerlitski fait son entrée sur la scène parisienne avec cette première exposition personnelle chez Laurent Godin. L’artiste d’origine polonaise travaille le support pictural dans ces infimes épaisseurs. Scannant et réimprimant la toile elle-même, superposant de la gaze au support, il provoque, quasi imperceptible, la rencontre entre le médium pluriséculaire et la technologie de l’image la plus innovante. Vertigineux.

. Galerie Polaris : Laure Tixier, Map with a view — Géométrie de l’enfermement (jusqu’au 8 février)

De grandes motifs d’étoiles (ou sont-ce des fleurs ?) se déploient en noir sur les murs blancs de la galerie, ou en patchwork brodés posés au sol. Bientôt on note que ces formes se répondent, on change de point de vue : ce sont des plans d’architecture pénitentiaire. Une sensation glaçante nous serre la gorge, on voit alors tout autre chose que la beauté abstraite ou au contraire la frénésie décorative.

Galerie Emmanuel Perrotin : Ivan Argote, Strengthlessness / Bernard Frize, Hello my name is Bernard Frize (jusqu’au 1er mars)

Deux artistes, deux générations, deux formes d’engagement sont exposés actuellement chez Emmanuel Perrotin. D’un côté le Colombien Ivan Argote, 31 ans, qui déforme les symboles du pouvoir — notamment l’obélisque de la Concorde, pliée en révérence — pour une révolution à venir ; de l’autre Bernard Frize, 66 ans, qui depuis plusieurs décennies expérimente le même geste linéaire avec un irréductible entêtement.

Galerie Chez Valentin : Patrick Saytour (jusqu’au 22 février)

Doyen de la galerie Chez Valentin, Patrick Saytour, 79 ans, pourrait bien être confondu avec l’un de ses plus jeunes artistes. Membre de Supports/Surfaces, il fait à peu près ce qu’il veut avec ce qu’il veut : reproduire un Picasso en tissu, exposer de la moquette comme de la peinture, faire d’une carte à jouer un tapis de jeu… Ludique.

Harun Farocki, Parallel II (Still), 2012-2014, video installation. Courtesy galerie Thaddaeus Ropac, Paris.

. Galerie Thaddaeus Ropac : Harun Farocki, Parallele (jusqu’au 15 février)

L’artiste Harun Farocki fête cette année ses 70 ans, pourtant son travail est l’un des plus actuels qui soient, explorant notamment le statut de l’image virtuelle et le rôle du jeu dans les comportements du spectateur. La galerie Ropac présente sa toute dernière installation vidéo déployée sur quatre écrans face-à-face, Parallele I-IV, où il interroge notamment « les limites du jeu et la nature des objets », ainsi que la déshumanisation de l’héroïsme.

. Galerie Marian Goodman : Tacita Dean, JG (jusqu’au 1er mars)

Si vous passez rue du Temple, prenez vingt-six minutes pour vous réfugier au sous-sol de la galerie Marian Goodman, où est diffusé le nouveau film de l’artiste britannique Tacita Dean, JG. L’œuvre en triptyque est filmée dans le paysage énigmatique de la Spiral Jetty de Robert Smithson, qui fait écho à une nouvelle de Ballard, Les Voix du temps. Tacita Dean y répond à un magnifique défi lancé par l’écrivain : « Traitez-la comme un mystère que votre film résoudra ».

. Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois : Virginie Yassef, Au milieu du crétacé (jusqu’au 1er mars)

Virginie Yassef crée des paysages de temps (de préférence lointains). Le tapis vert sur lequel elle déploie ses œuvres à la galerie Vallois sert, comme dans un film d’animation, de fond indifférencié sur lequel prennent vie les formes. Là L’Objet du doute, arbre en polystyrène vu à la Biennale de Belleville, ici des hauts-parleurs très naturels, au mur des photographies de Scénarios fantômes où l’objet ouvre le champ de la fiction, ailleurs une roue de paon vibrante. Virginie Yassef s’est attelée récemment à la mise en scène, car son élément est bien celui du théâtre : on espère l’y revoir.

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