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L’exposition « Decorum » met l’art au tapis

Magali Lesauvage 10 janvier 2014

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Les tapis, ça n’est pas trop votre truc ? Nous non plus, à vrai dire. Et pourtant, l’exposition Decorum, tapis et tapisseries d’artistes au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris est à voir. Tissant des liens entre arts plastiques et arts décoratifs, la centaine de pièces présentées là bouleverse les catégories – et parfois les bases du « bon goût ». Rafraîchissant.

Michael Beutler, Weaving Workshop, 2009-2013. Courtesy de l’artiste et Franco Soffiantino Contemporary Art Productions, Turin, galerie Bärbel Grässlin, Francfort, et galerie Nagel-Draxler, Berlin.

Art à part entière depuis le Moyen Âge (dont la célèbre Dame à la licorne est l’une des œuvres phares), la tapisserie a vu des artistes aussi illustres que Raphaël ou Charles Le Brun s’y consacrer. On l’a ensuite cantonnée aux arts décoratifs, avant qu’il ne regagne en noblesse, via les Arts & Crafts, puis les avant-gardes du début du XXe siècle, qui y testèrent leurs expérimentations formelles. Depuis une quinzaine d’années, l’art textile connaît un regain d’intérêt chez les jeunes artistes, comme en témoigne, par exemple, la pratique des lauréats du prix Marcel Duchamp, Daniel Dewar & Grégory Gicquel.

Pourquoi s’intéresser aujourd’hui à un médium a priori contraint par une technique figée, et imposant une certaine esthétique ? Premier élément de réponse : le kitsch est à la mode. Et avec lui, un goût pour l’art populaire, le vernaculaire, le plus ou moins faussement « authentique », l’art dit « mineur », à rebours d’une accélération de la course aux technologies de pointe, à la mécanisation et au virtuel. Tapis et tapisseries, par leur matière naturelle et leur présence familière, rassurent. Autre facteur : c’est une œuvre collective, nécessitant la conjonction d’un concepteur, auteur du disegno, et d’un artisan, le licier qui fabriquera la pièce. Là encore on peut y voir une démarche qui va à rebours des pratiques en vigueur depuis plus d’un siècle, celles notamment qui veulent que l’artiste se retire dans l’antre de son atelier pour créer dans la solitude, concevant et réalisant lui-même ses œuvres. Enfin, l’intérêt nouveau pour l’art textile est sans doute à mettre aussi sur le compte de l’engouement renouvelé pour la peinture, et plus généralement les œuvres en deux dimensions (avec cette particularité que la tapisserie est aussi parfois sculpture), ou encore pour les pratiques dites féminines ou traditionnelles.

Tentation tactile

Vue de l’exposition Decorum, tapis et tapisseries d’artistes au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, 2013. Photographe : Raphaël Chipault.

Dans les faits, l’exposition Decorum est un vrai régal de matières et de couleurs, pour peu qu’on veuille bien se laisser absorber dans ce décor mis en scène par l’artiste Marc Camille Chaimowicz, et en musique « d’ameublement », à la Satie, par Jean-Philippe Antoine. « Le tapis, c’est l’âme de l’appartement », déclarait Edgar Allan Poe, suggérant que « c’est du tapis que doivent être déduites non seulement les couleurs, mais aussi les formes de tous les objets qui reposent dessus ». Le tapis, base d’un environnement total, voire de tout l’art du XXe siècle ? Ne nous emballons pas, mais force est de constater que l’expo du MAMVP montre des œuvres qui pour le moins surprennent, et renouvellent de manière réjouissante la vie des formes.

De l’abstraction (avec le tissage vertical d’Anna Albers, daté de 1946, ou les tapis évidés de Latifa Echakhch) au déploiement de formes baroques (masque Moustache-Eagle de Caroline Achaintre, pompon rouge et blanc de Rosemarie Trockel), tapis et tapisseries reconstituent une histoire formelle. Support d’expérimentations techniques (Anna Betbeze mêle laine et cendres, Vidya Gastaldon y tisse du papier mâché, Michael Beutler présente un monumental métier à tisser cannibale), le textile permet également de parler de sujets peu abordés, en particulier de communautés pratiquant encore cet art traditionnel, ou de réfléchir à la notion d’intérieur. Quand il n’est pas pure délectation de la matière et tentation tactile, comme le montrent le totémique Hibou-rock de Guidette Carbonell au ventre duveteux, ou les tissages de plumes de Sheila Hicks. Interdit de toucher, mais on est tenté de se perdre dans les fils de trame et de se rouler dans les formes ainsi offertes : l’art n’a jamais autant été à portée de main.

DECORUM

11/10/2013 > 09/02/2014

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris (MAM)

PARIS

Tapis et tapisseries du XXème et XXIème siècles, d'artistes et de designers, incluant des expérimentations des avant-gardes, du Bauhaus ...

Exposition terminée
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