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Le photographe Anders Petersen se dévoile à la BnF

Stéphanie Broisat 11 décembre 2013

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Aborder le travail d’Anders Petersen n’est pas chose aisée. Pour la première fois à Paris, une grande exposition est consacrée à ce photographe atypique à la Bibliothèque nationale de France (site Richelieu). Une rétrospective qui met en avant des clichés à la fois intuitifs et sensuels, où la vérité crue émane de son objectif.

Anders Petersen, Close Distance, 2002 © Courtesy Galerie VU’/BnF, Estampes et photographie.

Anders Petersen, 69 ans, fait partie de ces photographes chez lesquels l’instinct prime sur la technique. Une approche particulière, comme il se plait à le dire, rappelant la photographie de rue de Walker Evans ou Gary Winogrand, allant aux devants de la rencontre et de l’intime. Des images brutes et fortes, exposées à la BnF sans commentaire ni cadre.

Sans mise à distance, le visiteur est directement plongé dans le travail introspectif de Petersen. « Je ne cesse de me poser des questions, en particulier sur moi-même, affirme-t-il. Cela peut paraître égotiste et ça l’est probablement. Je me demande qui je suis et pourquoi. Alors je cherche d’autres êtres à qui je puisse m’identifier — femmes, hommes, chiens, chats… Je ne cherche pas ce qui sépare, je veux être proche ».

Né à Solna, en Suède, Anders Petersen est ce qu’on pourrait appeler communément un vieux loup de la photographie. Avec quarante ans de photo derrière lui, Petersen semble avoir tout vu, tout vécu. Des lieux qu’il a écumés, le Bar Café Lehmitz, à Hambourg, est sans aucun doute le plus emblématique de sa carrière. À tel point que les ouvriers, prostituées, souteneurs, travestis et autres personnalités en marge, symboles de la vie nocturne et de la contre-culture, constituent pour lui une seconde famille.

Une imagerie charnelle

Le Café Lehmitz est le décor principal de ses photographies pendant près de trois ans, à partir de 1969. De ces personnages, Petersen fait extrait une imagerie charnelle, flirtant entre le trash et la tendresse, et que l’on retrouvera tout au long de sa carrière, plus particulièrement dans sa série Close Distance. Il doit son succès à son retour à Stockholm, où il finalise son style si particulier auprès d’une autre grande figure de la photographie suédoise, Christer Strömholm.

Anders Petersen, Café Lehmitz, 1970 © Courtesy Galerie VU’/BnF, Estampes et photographie.

Anders Petersen n’a pas hésité à prendre à bras le corps des sujets plus difficiles. En témoignent les sessions exposées à la BnF, comme Mental Hospital, où Petersen s’est immergé dans le quotidien éprouvant des hôpitaux psychiatriques. Le photographe n’a eu de cesse de repousser toujours les frontières des espaces clos et cachés, comme ceux des prisons. Sans sombrer dans le pur document sociologique, son approche empathique, dénuée de tout jugement moral, donne à son travail un résultat subjectif, entre le documentaire et l’émotionnel, où il tente d’éviter les pièges du voyeurisme. 

Une manière de s’interroger vis-à-vis de la norme. « Je pense que la photographie documentaire est très importante, déclare-t-il. Et je dois dire que mes racines se trouvent dans la photographie documentaire, mais je me situe plutôt dans le documentaire intime. Je veux mettre en évidence que c’est ma vision personnelle, qu’une vérité totalement objective n’existe pas. Tout est subjectif, c’est ce que je veux signifier par l’expression documentaire intime ».

ANDERS PETERSEN

13/11/2013 > 02/02/2014

BnF - Bibliothèque nationale de France – site Richelieu

PARIS

A la Galerie Mansart

Les trois cent trente photographies d’Anders Petersen présentées dans l’exposition sont une magnifiq...

Exposition terminée
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