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Jean Cocteau, de l’autre côté du miroir

Stéphanie Broisat 6 décembre 2013

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À l’occasion du 50e anniversaire de la mort de Jean Cocteau (1889-1963), le Musée des lettres et manuscrits de Paris rend hommage à ce poète aux multiples facettes, à travers l’exposition Jean Cocteau le Magnifique, les miroirs d’un poète. Construite autour de nombreux documents et de photographies (pour la plupart inédites), elle dévoile son intimité.

Autoportrait de Jean Cocteau issu de la série Le Mystère de Jean l’Oiseleur, 1924 © collection privée/Musée des lettres et manuscrits, Paris.

Loin d’être une simple rétrospective de Jean Cocteau, l’exposition du Musée des lettres et manuscrits, tend à s’attacher à l’homme plutôt qu’à l’artiste. Une démarche des plus intéressantes, qui nous permet de mieux appréhender ce touche-à-tout sensible à son propre reflet, dont la vie a été marquée par la peur constante d’être quitté.

Grâce à des pièces inestimables, comme les manuscrits du script de La Belle et la Bête (1946), film classé trésor national, et du recueil du Mystère de Jean l’Oiseleur (autoportraits mêlant dessin et écriture, à la limite du calligramme à la Apollinaire), la vie de Cocteau se dessine ligne après ligne. Au détour d’anecdotes griffonnées à la hâte, témoins de ses années passées entouré d’artistes illustres comme Picasso, le quotidien de Cocteau, mais aussi ses pensées les plus profondes, transparaissent. De cette écriture nerveuse, presque angoissée, ressortent des morceaux d’une vie bouleversée par la perte d’êtres chers, et marquée par son addiction à l’opium.

Un homme blessé

Car Cocteau est avant tout un homme blessé, notamment par la perte de Raymond Radiguet, mort en 1923 à l’âge de vingt ans, pour lequel il fut un pygmalion. De cette relation fusionnelle sortiront Le Diable au corps (1923) et Le Bal du compte d’Orgel (1924), la patte de Cocteau se faisant sentir au travers des pages.

Ce mal-être se retrouve plus tard dans Le Mystère de Jean l’Oiseleur, composé de 31 autoportraits, des dessins entremêlés à ses pensées les plus intimes. De ces œuvres, on retient les traits anguleux, presque décharnés, marqués par le chagrin, mais aussi ce regard qu’il porte sur lui-même, sans concessions. L’artiste face à lui-même est une thématique qui suit l’artiste pendant toute sa carrière, d’abord comme dramaturge et poète, mais surtout comme cinéaste, le point culminant de sa carrière étant la réalisation du film autobiographique Orphée (1950), une relecture du mythe. « Les miroirs sont les portes par lesquelles entre la mort. Regardez-vous toute votre vie dans un miroir et vous verrez la mort travailler sur vous », est une réplique résumant à merveille l’œuvre de Cocteau.

Lettre autographe de Jean Cocteau signée « Jean », adressée à Jean Marais, avec un dessin représentant Edith Piaf © collection privée/Musée des lettres et manuscrits, Paris

Mais le moment fort de cette exposition reste la relation mythique qui unit Jean Cocteau à Jean Marais. Une rencontre marquante pour Cocteau, fasciné à l’instant même où Jean Marais auditionna pour sa pièce Œdipe-Roi, en 1937. « Mon Jeannot, comment te remercier de ce miracle. De cette étoile sous laquelle tu marches et qui est une vraie étoile à côté de mon étoile écrite », lui déclare-t-il dans l’une de ses premières lettres. Des correspondances intimes se dévoilent durant l’exposition, comme ces petits mots envoyés alors que Jean Marais est sur le front, dans la Somme, dès 1939, ou encore ces lettres autographes, contenant leurs pensées et leur conception du cinéma.

L’exposition se veut aussi un hommage à Edith Piaf, grande amie amie de Jean Cocteau, à travers différents écrits et photographies : lettre écrite le jour de la mort de Marcel Cerdan, manuscrit du monologue de Cocteau écrit à son attention, photographies prises lors des répétitions du Bel Indifférent de 1957… Apprenant la mort d’Edith Piaf, Jean Cocteau aurait déclaré : « C’est le bateau qui achève de couler. C’est ma dernière journée sur cette terre ». Jean Cocteau s’éteindra quelques heures après Edith Piaf, le 11 octobre 1963, laissant derrière lui un héritage littéraire et cinématographique fort dans le paysage français, mais aussi international.

JEAN COCTEAU LE MAGNIFIQUE

11/10/2013 > 09/03/2014

Musée des lettres et manuscrits

PARIS

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Exposition terminée
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