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Ai Weiwei va exposer dans la prison d’Alcatraz

Stéphanie Broisat 5 décembre 2013

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L’artiste chinois Ai Weiwei, auquel il est toujours interdit de sortir de son pays, souhaite utiliser la célèbre prison d’Alcatraz, bâtie sur une île dans la baie de San Francico, comme lieu d’exposition pour une nouvelle série d’œuvres. Le projet devrait voir le jour en septembre 2014.

À l’intérieur de la prison d’Alcatraz © Wikimedia Commons.

Pour la première fois de son histoire, le centre pénitencier le plus célèbre des États-Unis ouvrira ses portes à un artiste contemporain. Ai Weiwei, artiste de renommée mondiale, a lui-même connu le monde carcéral. Détenu pendant 81 jours en 2011 suite à des accusations de fraude fiscale, il clame depuis que cet enfermement était avant tout un prétexte pour faire taire ses critiques virulentes envers le gouvernement chinois.

Selon le New York Times, l’artiste n’a jamais visité Alcatraz mais tient à explorer les conditions dans lesquelles les individus ont été dépouillés de leurs droits fondamentaux. « L’idée de la perte de liberté comme une punition soulève des questions philosophiques, affirme-t-il. J’ai beaucoup d’amis qui sont encore aujourd’hui en prison. Le fait que les gens qui se battent pour la liberté aient perdu leur liberté en étant incarcérés est bien plus qu’ironique. »

Pour ce projet, l’artiste collabore avec Cheryl Haines, propriétaire de la galerie du même nom à San Francisco et très intéressée par ce lieu chargé d’histoire. Alcatraz fut tour à tour une forteresse militaire (de 1850 à 1909) et une prison (de 1909 à 1963), et fut même occupée, de 1969 à 1971, par 78 Améridiens qui souhaitaient racheter le rocher.

Les œuvres, principalement des sculptures et des dispositifs sonores, seront installées dans le bâtiment qui a servi de prison de haute sécurité de 1934 à 1963. On devrait même y trouver certaines installations dans la buanderie où autrefois Al Capone travaillait. Avec une pointe de mauvaise foi, l’artiste tient à préciser que cette exposition ne devra pas être perçue comme ayant un quelconque lien avec sa propre détention.

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