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5 Pointz : le temple du graffiti à New York disparaît

Stéphanie Broisat 21 novembre 2013

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Temple du graffiti à la réputation internationale, 5 Pointz, célèbre complexe de 20 000 m² situé dans le Queens, à New York, a été repeint en blanc par son propriétaire, confirmant par la même occasion la destruction programmée du lieu.

Vue de 5 Pointz partiellement repeint © Twitter/@DNAinfo.

Les graffitis qui avaient, depuis des années, envahi les murs de cette usine désaffectée du Queens viennent de disparaître à jamais. En effet, dans la nuit de mardi, des centaines d’œuvres ont été recouvertes à la hâte par de la peinture blanche. Une décision prise par le propriétaire du lieu, le promoteur Jerry Wolkoff, qui souhaite raser l’immeuble afin d’ériger à la place un luxueux projet résidentiel (deux tours de 47 étages chacune, avec vue imprenable sur Manatthan), qui n’a de cesse de provoquer la colère des riverains.

« C’est la plus grande perte de toute l’histoire du graffiti », se désole Marie Flageul, porte-parole de 5 Pointz. Créé il y a vingt ans comme épicentre de la culture hip-hop, le lieu permettait chaque année à des milliers d’artistes d’exposer leur travail en toute légalité. Qu’ils soient de simples ados passionnés de graf, souhaitant faire leurs premières armes dans ce milieu, ou des artistes mondialement reconnus comme Tracy 168 ou Tats Cru, chacun pouvait y apposer sa marque.

Depuis 2002, Jonathan Cohen, 38 ans, mieux connu sous le nom de Meres One, fait office de conservateur du site, donnant à 5 Pointz des allures de musée à ciel ouvert. Une action seulement possible grâce à l’accord passé avec le propriétaire, stipulant que les artistes peignant sur ses murs ne devaient « afficher aucun message pornographique ou politique ».

Mais en 2010, les choses changent. En effet, Jerry Wolkoff a de nouveaux projets immobiliers et annonce vouloir raser 5 Pointz. Un coup de massue pour l’équipe du lieu, qui se retrouve dès lors minoritaire lorsque le conseil municipal de New York statue en faveur du promoteur et de son complexe, estimé à 400 millions de dollars.

Un symbole fort du street art disparaît

La décision est très vite critiquée par les artistes et les fans du lieu qui s’engagent rapidement dans un combat contre le projet de Jerry Wolkoff. L’ampleur est telle que la star du street art, Banksy lui-même, à la fin de son mois de résidence à New York (tout juste achevé), a laissé ces quelques mots sur son site : « Save 5 Pointz ». Un collectif décide de faire jouer le Visual Artists Rights Act, loi qui protège les droits des artistes, afin d’obtenir une injonction interdisant au propriétaire de toucher aux œuvres, et lance en même temps une procédure afin faire classer le site comme monument historique. Sans résultat.

Vue de 5 Pointz avant l’effacement des graffitis © Wikimedia.

Très vite, l’équipe de 5 Pointz s’est réapproprié l’espace, en collant aux murs des panneaux blancs sur lesquels chacun peut s’exprimer. « Qui sont les vandales ? Vous avez fait exactement ce qu’un jeune de 15 ans ferait, défigurer le bâtiment la nuit », a écrit l’un d’eux.

Mais si la destruction de l’immeuble semble être une chose acquise, il resterait cependant un dernier recours légal pour les artistes de 5 Pointz, notamment grâce au Visual Artists Rights Act, qui permettrait l’obtention de dommages et intérêts. Malgré les sommes avancées (l’avocate du collectif table jusqu’à 150 000 dollars par œuvre détruite), cela semble une bien maigre consolation…

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