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Municipales 2014 : quelle culture pour Paris ?

Stéphanie Broisat 12 novembre 2013

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Souvent considérée comme le parent pauvre des programmes politiques, la culture semble une nouvelle fois être la laissée-pour-compte des élections municipales de 2014 à Paris. Tandis que les deux principales candidates, Anne Hidalgo et Nathalie Kosciusko-Morizet, s’écharpent par journaux interposés, leur projet culturel pour la ville a un goût de trop peu… quand il ne passe pas sous silence certaines questions fondamentales.

Vue de l’Hôtel de Ville de Paris © DR.

Nous y sommes. Les candidates ont annoncé leur programme culturel . Alors qu’Anne Hidalgo (PS) a choisi les envolées lyriques au Café de la Danse, scène branchée de la Bastille, pour présenter les grandes lignes de son projet, Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP), quant à elle, a préféré le quartier populaire de la porte de Clignancourt pour sortir l’artillerie lourde, contenue dans un pavé de trente pages, à l’intention de sa concurrente.

Malgré les joutes verbales de haute volée émanant des deux parties — NKM reproche à la municipalité en place de faire de l’entre-soi culturel labellisé « gauche caviar »,  tandis qu’Hidalgo tacle sa concurrente sur son image de « bobo de droite » (l’humour est partout) — , leur vision du Paris culturel et artistique est assez similaire. Ce qui confirme que de nos jours les priorités des politiques en matière de culture, qu’elles soient de droite ou de gauche, ne diffèrent pas vraiment et tendent malheureusement à confondre art et événementiel.

« Paris ne fascine plus »

Un seul credo semble donc animer les deux femmes : une « culture » de proximité  clairement axée sur la jeunesse, comme en témoignent par exemple les opérations de communication de NKM, qui s’est invitée récemment au Pitchfork Festival (série de concerts de musique indie) à la Villette. Anne Hidalgo promet des « fabriques » pour les jeunes créateurs afin de redonner à la capitale « son effervescence créative », Nathalie Kosciusko-Morizet riposte avec l’ouverture de stations de métro désaffectées qu’elle souhaite transformer en boîtes de nuit, à l’image des virées nocturnes berlinoises « avant-gardistes » dont elle vante les mérites. Et quand Hidalgo souhaite mieux diffuser la culture dans les quartiers populaires et valoriser les « événements fédérateurs » avec la création de « Francofolies d’hiver » ou donner de la voix aux artistes du street art, NKM entend mettre la main sur le périphérique afin d’y installer une « cité des métiers des arts » ou des ateliers d’artistes, porte de Vanves, afin de redonner son éclat à une ville dont les artistes s’échappent aujourd’hui pour des métropoles telles que Londres ou Berlin. Car la candidate UMP le dit clame haut et fort : « Paris ne fascine plus ».

Se joue alors un véritable bras de fer où chaque parti pinaille sur les idées de l’autre… sauf quand il s’agit de parler de l’essentiel. Car dans ce domaine, un accord tacite semble avoir émergé sur les deux fronts avec pour mot d’ordre : on ne parle pas des sujets qui fâchent. Exit donc les institutions qui relèvent de la municipalité, comme le Théâtre du Châtelet ou le Petit Palais, et l’on aborde du bout des lèvres la question de la restauration des églises parisiennes, pourtant essentielle à l’heure où le World Monument Watch pointe du doigt le danger d’un abandon du patrimoine local.

Nathalie Kosciusko-Morizet © DR / Anne Hidalgo © Julien-René Jacques.

Quel avenir pour Paris ?

Lançant un message peu optimiste Nathalie Kosciusko-Morizet souhaite réduire d’un milliard d’euros le budget de la ville (qui s’élève à huit milliards), et notamment celui de la culture, en jouant la carte du privé pour combler les manques, par le biais d’une fondation, Paris Lumière, destinée à sauver certains monuments en péril. Un pari risqué qui laisse augurer d’une réorganisation drastique des comptes, et une vision libérale de la culture qu’Anne Hidalgo ne manque pas de dénoncer, agitant sous le nez de sa concurrente son expérience : « Rien ne va être créé et beaucoup de choses devraient être supprimées », menaçait-elle lors de la présentation de son programme culturel.

Délestée de l’image de Paris « ville-musée » à laquelle s’attache NKM, la candidate socialiste entend poursuivre les grands travaux débutés sous l’ère Delanoë. À commencer par la construction de bibliothèques et d’artothèques dans les quartiers dits sensibles. Mais si l’organisation de concerts et la création de lieux dédiés à l’art est nécessaire, la préservation du patrimoine ne l’est pas moins. Alors que les uns reprochent à Anne Hidalgo et à la municipalité actuelle d’avoir préféré une culture de repli, souvent à l’intention d’une mince frange de la population, Nathalie Kosciusko-Morizet semble prendre le même chemin dans cet imbroglio populiste-branché. On espère encore que le débat s’élèvera d’ici le 23 mars 2014, jour du premier tour des municipales, et que les véritables enjeux culturels de Paris — accessibilité, dynamique des musées, réseaux d’enseignement artistique, valorisation du patrimoine… — seront bientôt abordés.

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