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Au Grand Palais, Depardon photographe de la normalité

Magali Lesauvage 12 novembre 2013

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Le Grand Palais consacre une rétrospective serrée au photographe et réalisateur Raymond Depardon, spécialement centrée sur son travail de la couleur. Une expo sans doute trop lisse pour ce portraitiste de la normalité.

Raymond Depardon, Plage de Wai Ki Ki, Honolulu, 2013, 170 x 170 cm © Raymond Depardon/Magnum Photos.

Rares ont été les photographes ayant eu les honneurs des lieux : on se souvient d’Helmut Newton l’an passé, on attend Robert Mapplethorpe l’an prochain. À soixante-et-onze ans, Raymond Depardon est LE photographe français par excellence – cette rétrospective au Grand Palais, bien que courte, signe sa consécration. Depuis le début des années 1960, et sa couverture de la guerre d’Algérie, jusqu’à sa série La France en 2010, le photographe de l’agence Magnum (qu’il rejoint en 1978 après avoir fondé Gamma), est un portraitiste de territoires – parmi lesquels le Tchad, le Chili, l’Amazonie –, en particulier celui de la France éternelle des terroirs et ses habitants, qu’il filme notamment pour la série documentaire Profils paysans.La question « Y a-t-il trop d’images ? » a déjà été maintes fois posée. Celle – « Doit-on s’en plaindre ? » – beaucoup moins. Car voir plus ne permet-il pas de mieux voir ? Et l’ère de l’auto-production et de l’auto-diffusion de la photo (via Internet et Instagram, Tumblr, les blogs, etc.) ne fait-elle pas de nous tous des photographes de talent – du moins ne donne-t-elle pas à chacun un « œil », que seule la pratique régulière de l’image autorise ? C’est à ces questions, actuelles et éternelles en même temps, que l’on réfléchit en visitant l’exposition Raymond Depardon, un moment si doux, au Grand Palais – tandis que de l’autre côté de la cimaise se prépare l’inauguration de la grande foire spécialisée Paris Photo, prévue de jeudi à dimanche.

Pour preuve, c’est lui qui réalise en 2012 le portrait officiel du président de la République, lequel provoqua la polémique – puisqu’il est vrai que le photographe osait, par le déséquilibre du modèle, y introduire la modernité, c’est-à-dire la notion de crise, au sens d’« instant critique » impliquant le changement. On comprend que cette image « sans qualité » du président revendiquant sa « normalité » en ait dérangé certains, que le regard bienveillant, et la marche franche de François Hollande ne rassurèrent pas.

Depardon fut l’auteur, là, d’une image que l’on ne voulait pas voir, celle d’un chef d’Etat capté dans son incertitude. Et c’est en se remémorant cette photographie incroyable (car rendant incrédule) que l’on déplore, dans l’exposition du Grand Palais, de ne voir, à quelques exceptions près, que ce que l’on veut voir. Certes, on perçoit ici à quel point Raymond Depardon est un grand photographe, lui qui a su capter la détresse sociale, comme à Glasgow en 1980, saisir des portraits éprouvants – celui de Piaf  à quarante-trois ans –, composer des plans audacieux où frise une ironie à la Martin Parr (ainsi de cette extraordinaire photo de la plage d’Honolulu, réalisée cette année), et, tel est le thème principal de l’exposition, jouer de la couleur comme personne. Une couleur, dit-il, qui représente la « joie ». Et non pas, comme c’est le cas chez d’autres photographes (William Eggleston, Antoine d’Agata, Nan Goldin) une couleur qui exacerbe le réel pour dire les passions, révéler les histoires sous-jacentes, et, littéralement, détonner.

Chez Depardon, tel qu’il est montré dans ce « moment si doux », rien (ou si peu) ne détonne, ni n’étonne. Paradoxalement, la couleur, souvent artificielle, ne fait que souligner une tendance à la normalité et nivelle les images, comme ces séries réalisées récemment au Chili, en Bolivie ou en Éthiopie, pour beaucoup trop sages, trop bien cadrées, trop attendues — on dirait presque trop pittoresques. Hélas, on n’y a pas vu ce que l’on ne voulait pas voir.

RAYMOND DEPARDON

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Galeries nationales du Grand Palais

PARIS

Le Grand Palais consacre une exposition à la photographie en couleur dans l’œuvre de Raymond Depardon, depuis ses débuts jusqu’à auj...

Exposition terminée
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