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Jeune Création 2013 : on a aimé ça, ça et ça

Magali Lesauvage 8 novembre 2013

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Pas facile de faire son choix parmi cinquante et quelques artistes. Pas évident, comme dans une foire, de voir quelque chose parmi des dizaines d’œuvres. Compliqué, d’en choisir trois. On a visité, au CentQuatre, la 64e édition de Jeune Création, « exposition internationale d’art contemporain » regroupant jusqu’au 17 novembre 56 artistes choisis parmi 3000 candidatures. Sélection.

Aurélie Pétrel

C’est, comme on dit, notre coup de cœur. Dans un coin, deux individus déplacent des œuvres, grandes photographies imprimées sur des supports transparents. Le vernissage vient à peine de commencer, peut-être l’exposition n’est-elle pas prête. Et puis, petit à petit, si on prend le temps de rester un peu, on remarque que se joue là une chorégraphie qui n’a pas l’air d’en être une. À cela un indice : sur l’une des images (voir photo), deux personnages accomplissent le même geste que l’on voit faire dans le réel. Vertige. Un texte à proximité explicite cela en termes compliqués : intermédialité, objets transmédiaux, itérabilité. On passe vite sur ceux-là et on se réjouit d’avoir croisé là de l’art vivant.

Aurélie Pétrel a trente-trois ans, et est représentée en France par la galerie Houg, à Lyon. / www.aureliepetrel.eu

Jérémie Delhomme

On avait déjà remarqué, il y de cela quelques mois, les dessins d’empreinte à l’encre carbone de Jérémie Delhomme, exposés par la galerie Marie Cini. Ces Possibilités de la forme sont, nous dit-on, réalisées à partir de dessins automatiques — un peu comme ces tracés téléphoniques bruts (ou doodles) que l’on exécute sans y penser. Ni abstraites, ni réellement figuratives, les formes de Jérémie Delhomme s’imposent comme des évidences, dans leur plénitude bombée et leurs nuances de bleu stylo Bic. Un travail simple, plastique, beau — plaisir trop rare aujourd’hui pour qu’on se le refuse.

Jérémie Delhomme a trente-deux ans. Il est représenté en France par la galerie Marie Cini, à Paris.

Aurélien Grèzes

Aurélien Grèzes est un jeune artiste conceptuel. En 2013 ? oui, en 2013. L’œuvre qu’il présente au CentQuatre est d’une simplicité insolente. Sur une table, une dizaine de feuilles de papier manuscrites sont laissées à la portée du visiteur, qui, est-il précisé, peut les prendre en main pour les lire. Chacune est une lettre de suicide. Certaines sont réelles (mais réécrites de la main d’autres), certaines sont fictives. Impossible, évidemment, de démêler le vrai du faux, chacune est tout aussi déchirante. On songe alors à Édouard Levé, à la fois artiste et écrivain, auteur en 2007 du roman Suicide — et, quelques jours après sa rédaction, auteur de sa propre disparition. Avouons en toute subjectivité que le fait de nous rappeler le souvenir d’Édouard Levé suffit à nous faire aimer l’œuvre d’Aurélien Grèzes.

Aurélien Grèzes a trente ans. / www.aureliengrezes.fr

Divers prix, remis vendredi soir, ont par ailleurs récompensé les artistes : Sergio Verastegui a reçu le Prix Jeune Création-SYMEV ; Elizaveta Konovalova le Prix Boesner ; Louis Baguenault le Prix Résidence ; et Lucie & Simon le Prix Coup de cœur Art Osaka. En attendant le prix du public, remis à la fin du salon et pour lequel chacun peut voter.

JEUNE CRÉATION 2013

09/11/2013 > 17/11/2013

104 (Centquatre)

PARIS

Sélection 2013 : 57 artistes ont été sélectionnés parmi plus de 3000 dossiers de candidature.

Louis Baguenault / Yoan Belia...

Exposition terminée
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