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Philippe Parreno, la science des rêves

Magali Lesauvage 29 octobre 2013

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Cet automne, Paris met à l’honneur deux artistes français, proches de la cinquantaine et reconnus internationalement, qui, loin de livrer des expositions clés en mains, font place à la subjectivité du spectateur. Après Pierre Huyghe au Centre Pompidou, Philippe Parreno au Palais de Tokyo réussit la prouesse de donner vie à l’impressionnant édifice qu’il occupe (voire incarne) tout entier. Visite hantée.

Vue de l’exposition Anywhere, Anywhere Out of the World de Philippe Parreno au Palais de Tokyo, Paris, 2013.

C’est en fantôme que l’on visite l’exposition au titre baudelairien Anywhere, Anywhere Out of the World de Philippe Parreno au Palais de Tokyo, dont les quelques 20 000 m² lui sont offerts. D’abord éblouis par un flash d’entre-deux mondes qui découpe les corps en silhouettes méconnaissables, on y évolue à tâtons, attendant que la lumière soit ou que le noir se fasse, suivis par la mélodie lancinante d’un piano seul, juché sur une volée de marches digne d’un péplum futuriste, qui joue la partition de Petrouchka de Stravinsky. Ritournelle qui nous suit dans tout le bâtiment, et qui fait clignoter de concert les 56 luminaires que l’on relie comme les points d’un itinéraire invisible.

Plus loin, au cœur du Palais de Tokyo, les Marquees – ces auvents lumineux de boulevards du crépuscule – forment un ballet d’ampoules, et c’est l’architecture entière qui semble prendre vie. « No More Reality », scandent les enfants filmés en 1991 par Philippe Parreno, et dont l’image disparaît au fur et à mesure que l’on s’approche de l’écran : comme chez Pierre Huyghe, ceci n’est pas une exposition, c’est une bulle, un espace-temps autre, une uchronie – les fenêtres floutées accentuent cette sensation de rêve cotonneux, une pièce secrète est dissimulée dans l’expo…

Des fantômes en pleine lumière

Comme dans un demi-sommeil, une impression en chasse une autre. Ainsi l’artiste réactive-t-il l’exposition de la Margarete Roeder Gallery, à New York, en 2002 : dans un chassé-croisé amoureux et artistique, les dessins de John Cage sont remplacés un par un, jour après jour, par ceux de Merce Cunningham. Cette figure tutélaire de l’art du XXe siècle est évoquée par un vaste plateau circulaire qui suggère la présence des danseurs par le seul bruit de leurs pas, sublime appel à l’imagination du spectateur. Autres flashes de ressouvenirs, les projets inachevés de l’artiste sont exposés sur des affiches phosphorescentes, visibles seulement dans l’obscurité. Tout est là, rien n’est là.

Philippe Parreno, Douglas Gourdon, Zidane: A 21st Century Portrait, 2006, screenshot © ADAGP, Paris 2013.

Ainsi, si l’exposition de Philippe Parreno a pour première matière le rêve, quelques incarnations subreptices font d’elle une expérience tangible – comme chez Pierre Huyghe, encore une fois. Ce sont là aussi des fantômes : celui de Marilyn Monroe, tout d’abord, qui apparaît dans un film tourné dans la suite de l’hôtel Waldorf Astoria qu’elle occupa dans les années 1950. Plus loin, AnnLee, personnage de manga dont les droits furent achetés en 1999 par Philippe Parreno et Pierre Huyghe à un studio japonais, est l’héroïne de sa propre vacuité, mise en scène dans le film No Ghost Just a Shell. Miracle ! AnnLee prend ici vie, incarnée par diverses jeunes filles guidées par le performeur Tino Sehgal, communiquant leur mélancolie au spectateur médusé.

Dernier héros, enfin, à hanter le Palais de Tokyo : Zinedine Zidane (dont l’image décidément inspire les artistes contemporains) est représenté dix-sept fois sur les écrans du sous-sol. Le film Zidane: A 21st Century Portrait, réalisé en 2006 en collaboration avec Douglas Gordon, qui montre le footballeur filmé en simultané par dix-sept caméras, est ainsi éclaté dans l’espace, en autant d’images où il n’est ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre.

L’exposition serait, selon Philippe Parreno, « un cinéma sans caméra ». Une expérience de la durée où le rêve colle au réel et le spectateur éprouve l’incertitude de sa présence parmi celle d’autres fantômes. Là, dans les salles réenchantées du Palais de Toyko, l’expérience que l’on fait est bouleversante.

PHILIPPE PARRENO

23/10/2013 > 12/01/2014

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PARIS

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Exposition terminée
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