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Disparition de deux géants de l’art : Anthony Caro et Arthur C. Danto

Magali Lesauvage 28 octobre 2013

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Hécatombe dans le milieu culturel. On annonçait hier, dimanche 27 octobre, la mort du musicien Lou Reed, grande figure de la culture pop. La semaine passée disparaissaient également deux personnalités ayant largement influencé, chacun à sa manière, l’art du XXe siècle : le sculpteur britannique Anthony Caro et le critique d’art et philosophe américain Arthur C. Danto, tous deux décédés à l’âge de 89 ans. Portraits croisés.

À gauche ; Arthur C. Danto, What Art Is, recueil de textes publié en 2013 ; à droite : Anthony Caro, Chœur de lumière, 2001-2008, église Saint-Jean-Baptiste de Bourbourg.

« Qu’est-ce que l’art ? » : c’est à cette question qui taraude le milieu de l’art depuis un siècle, et les premiers ready-made de Marcel Duchamp, qu’a tenté de répondre dans une trentaine d’essais Arthur C. Danto. Le critique d’art et philosophe américain, professeur à l’université Columbia, à New York (après un détour par Paris et l’enseignement de Maurice Merleau-Ponty au début des années 1950), osa pointer la possibilité d’une fin de l’art (ou plus exactement de l’histoire de l’art, aucun style ne se distinguant d’un autre, et aucun « progrès » n’étant concevable dans l’art contemporain), et lui envisager un après.

Danto est célèbre notamment pour son essai consacré aux Brillo Boxes d’Andy Warhol, qui, comme objets non-différentiables de ceux qu’ils imitent, ont littéralement bouleversé sa façon d’envisager l’art. De là découle sa définition de l’art, conditionné par son contexte de présentation et de réception par un regardeur « éduqué » (notion concentrée dans le terme d’« artworld ») : est art ce qu’un artiste, historien de l’art, critique, commissaire d’exposition ou galeriste désigne comme tel. Critique d’art pour le magazine The Nation de 1989 à 2004, Arthur C. Danto n’a cessé de s’intéresser à l’art de son temps, défini comme de la « philosophie incarnée », l’idée étant désormais supérieure à sa réalisation matérielle.

Né la même année, en 1924, le sculpteur britannique Anthony Caro a lui aussi eu une influence profonde sur l’art de son temps. Assistant de Henry Moore dans les années 1950, puis grand admirateur de David Smith, l’artiste, suite à un voyage aux Etats-Unis et au contact avec les peintres du color-field et le critique Clement Greenberg, abandonne rapidement la figuration pour l’abstraction. Réalisant des assemblages d’éléments et de matériaux disparates, souvent d’origine industrielle, Caro apporte la couleur dans la sculpture, supprime définitivement le socle pour ramener l’œuvre au niveau du spectateur, et déplace le plan de la sculpture de la verticalité à l’horizontalité.

La massivité de ses réalisations, constituées le plus souvent de grandes plaques d’acier soudé, de tubes ou de poutres métalliques, est contredite par la légèreté et la spontanéité de l’ensemble. On lui doit, en France, une commande publique majeure, à l’église Saint-Jean-Baptiste de Bourbourg (Nord). Anthony Caro était encore très récemment en activité — une exposition de ses sculptures récentes a lieu à la galerie Daniel Templon, à Bruxelles, à partir du 7 novembre.

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